LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2209369

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2209369

jeudi 27 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2209369
TypeDécision
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantJASLET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 septembre 2022, M. C B A, représenté par Me Jaslet, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision de cessation de ses conditions matérielles d'accueil prise par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) le 19 juillet 2022 ;

2°) d'enjoindre à l'OFII de le rétablir dans ses droits à l'allocation pour demandeur d'asile à compter de la date d'interruption du versement de son allocation pour demandeur d'asile, et cela dans un délai de sept jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

4°) de mettre à la charge de l'OFII le reversement à son conseil de la somme de

1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. B A soutient que la décision contestée :

- est entachée d'un vice de procédure tiré de la violation des articles L. 551-9 et suivants, D. 551-16 et R. 551-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à défaut pour l'OFII d'apporter la preuve qu'une offre de prise en charge lui a été proposée et que les modalités de refus, de cessation ou de réouverture des conditions matérielles d'accueil lui ont été précisées dans une langue qu'il comprend ;

- la décision querellée méconnait les articles L. 522-1 et suivants du même code à défaut pour l'OFII d'apporter la preuve qu'il a conduit un entretien personnel avec lui et qu'un examen de sa vulnérabilité a été réalisé par un agent bénéficiant d'une formation spécifique à cette fin ;

- elle méconnait les articles L. 551-16 et D. 551-18 de ce code à défaut pour l'OFII de démontrer que la procédure contradictoire a été respectée ;

- la décision contestée est entachée d'erreur de fait, d'insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen sérieux de sa situation de vulnérabilité ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation et méconnaît l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à défaut pour l'OFII d'apporter la preuve qu'une demande d'information lui a effectivement été communiquée et qu'il n'y aurait pas répondu.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mai 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête, à titre principal comme étant irrecevable, à titre subsidiaire comme étant infondée.

Il fait valoir que la requête est tardive et que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

M. B A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 octobre 2022 du bureau d'aide juridictionnelle.

Un mémoire, présenté pour M. B A, a été enregistré le 5 mars 2025, postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le règlement (CE) n° 1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003 portant modalités d'application du règlement (CE) n° 343/2003 du Conseil établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande d'asile présentée dans l'un des États membres par un ressortissant d'un pays tiers, modifié par le règlement d'exécution (UE) n° 118/2014 de la Commission du 30 janvier 2014 ;

- le règlement (UE) n°604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. Lalande, président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B A, ressortissant somalien né le 2 janvier 1999 à Kismayo, a présenté une demande d'asile auprès de la préfecture de Seine-et-Marne. L'Office français de l'immigration et de l'intégration indique que par une décision du 12 juillet 2021, les conditions matérielles d'accueil ont été refusées à M. B A. Par décision du 19 juillet 2022, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis fin totalement aux conditions matérielles d'accueil. Par la requête susvisée, ce dernier demande l'annulation de cette décision. Toutefois, à la suite d'une suspension des effets de cette décision par une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Melun, en date du

6 octobre 2022, l'OFII a réexaminé le dossier et a de nouveau refusé à M. B A les conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile par décision du 28 novembre 2022. Ainsi, la décision du 28 novembre 2022 doit être regardée comme ayant retiré, en cours d'instance, celle du 19 juillet 2022. Ce retrait étant définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision du 19 juillet 2022 qui ont perdu leur objet. En revanche, les moyens et conclusions de la requête doivent désormais être regardées comme étant dirigées contre la décision du 28 novembre 2022.

Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. M. B A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 19 octobre 2022. Dès lors, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions tendant à ce qu'il soit admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête

3. Le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration fait valoir que la requête est irrecevable, dès lors que par une décision du 12 juillet 2021, l'OFII a notifié à M. B A une décision de refus des conditions matérielles d'accueil, qui n'a pas été contestée, de sorte qu'elle est devenue définitive. Toutefois, il est constant qu'en dépit de la décision du 12 juillet 2021, M. B A a continué de bénéficier de l'allocation pour demandeur d'asile, qui lui a été versée pendant les 8 mois suivant celui de juillet 2021. Dans ces conditions, la décision du 12 juillet 2021 doit être regardée comme ayant été implicitement retirée, et la fin de non-recevoir opposée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration doit être écartée.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

4. Aux termes de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 : " 1. Les Etats membres peuvent limiter ou, dans des cas exceptionnels et dûment justifiés, retirer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lorsqu'un demandeur (). 5. Les décisions portant limitation ou retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil () sont prises au cas par cas, objectivement et impartialement et sont motivées. Elles sont fondées sur la situation particulière de la personne concernée, en particulier dans le cas des personnes visées à l'article 21, compte tenu du principe de proportionnalité. () ". Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors applicable : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ;() ".

5. La décision contestée du 28 novembre 2022 vise les articles L. 744-1 et suivants, devenus L. 551-16 et suivants, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et indique que le requérant n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités, de sorte que les conditions matérielles d'accueil ne peuvent être accordées. Toutefois, cette décision n'explicite pas pour quel motif le requérant a été regardé comme n'ayant pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile. Par suite, le moyen tiré de l'absence de motivation de la décision litigieuse doit être accueilli.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens, que la décision litigieuse du 28 novembre 2022 doit être annulée.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

7. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".

8. Eu égard au motif d'annulation retenu, et seul susceptible de l'être dès lors que le requérant n'apporte pas d'élément, notamment médical, permettant d'établir que l'altération de ses empreintes digitales ne serait pas de son fait, le présent jugement n'implique pas nécessairement d'enjoindre à l'OFII de le rétablir dans ses droits à l'allocation pour demandeur d'asile à compter de la date d'interruption du versement de son allocation pour demandeur d'asile. Par suite les conclusions aux fins d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais du litige :

9. M. B A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'OFII le versement à Me Jaslet de la somme totale de 800 euros, sous réserve que cette dernière renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire présentée par M. B A.

Article 2 : La décision du 28 novembre 2022 par laquelle la directrice territoriale de Créteil de l'office français de l'immigration et de l'intégration a refusé à M. B A le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, est annulée.

Article 3 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration versera à Me Jaslet la somme totale de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celle-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B A, à Me Jaslet et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 6 mars 2025, à laquelle siégeaient :

M. Lalande, président,

Mme Arassus, première conseillère,

M. Fanjaud, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2025.

Le président-rapporteur,

D. LALANDE L'assesseure la plus ancienne,

A-L. ARASSUS

La greffière,

C. KIFFER

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA34Plein contentieux

Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2502339

Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté les requêtes de la SA Montpellier Rugby Club visant à obtenir la décharge de la cotisation foncière des entreprises (CFE) pour les années 2022 à 2024. Le tribunal a jugé que le club disposait bien, pour les besoins de son activité professionnelle, du contrôle et de l'utilisation matérielle du stade Yves du Manoir, mis à sa disposition par la métropole via des conventions d'occupation. Cette décision s'appuie sur les dispositions des articles 1467 et 1467 A du code général des impôts définissant l'assiette de la CFE.

08/04/2026

TA34Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2506327

Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté la requête d'un ressortissant marocain demandant l'annulation d'un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF). Le tribunal a jugé que l'absence d'information sur le recours suspensif lors de la notification était sans effet sur la légalité de l'acte, et que l'exclusion du pays de renvoi à un État de l'espace Schengen ne constituait pas une atteinte disproportionnée aux droits du requérant, qui séjournait irrégulièrement. La décision s'appuie sur les articles L. 721-3 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

08/04/2026

TA14Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2301139

Le Tribunal Administratif de Caen a rejeté la requête d'un agent du département de la Manche contestant son placement en disponibilité d'office pour raisons de santé. Le tribunal a jugé que la procédure était régulière, notamment en écartant l'exception de non-lieu à statuer soulevée par l'administration malgré l'admission ultérieure de l'agent à la retraite pour invalidité. La décision s'appuie sur les dispositions du code général de la fonction publique relatives aux congés de maladie et à la disponibilité d'office (articles L. 822-1, L. 514-4 et L. 826-1).

08/04/2026

TA14Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2400190

Le Tribunal Administratif de Caen, statuant sur deux requêtes en excès de pouvoir, a rejeté la demande d'annulation de deux titres de perception émis contre une enseignante contractuelle pour recouvrer des indus de rémunération. Le tribunal a jugé que les titres étaient réguliers en la forme et que la créance n'était pas prescrite, notamment au regard des dispositions de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000. Il a également estimé que le versement d'un demi-traitement pendant l'instruction d'une demande de retraite pour invalidité ne constituait pas un droit acquis.

08/04/2026

← Retour aux décisions