jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2303435 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DERAISON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 avril 2023, Mme B C, représentée par Me Deraison, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une nouvelle carte de séjour comportant sa nouvelle adresse dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État (préfète du Val-de-Marne) le versement de la somme de 600 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- titulaire d'un titre de séjour, elle a formulé une demande de changement d'adresse sur le site de l'Administration numérique pour les étrangers en France en décembre 2021 ;
- elle a été informé le 24 mai 2022 que son titre de séjour était en cours de fabrication et qu'elle sera convoquée par la préfecture afin de retirer sa nouvelle carte ;
- elle n'a cependant plus reçu aucune nouvelle de l'avancement de son dossier ;
- la condition d'urgence est satisfaite car elle a déménagé une seconde fois et ne peut faire une nouvelle demande sur le site de l'ANEF ;
- en outre la date d'échéance de son titre de séjour approche et elle ne peut le renouveler que dans la préfecture de son nouveau département de résidence ;
- la mesure sollicitée est utile ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à aucune décision administrative.
La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A, premier vice-président, pour statuer sur les référés visés au Livre V du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C, ressortissante tunisienne née le 20 janvier 1986 à Dahmani en Tunisie, est entrée en France. Elle s'est vu délivrer une carte de séjour pluriannuelle de 4 ans portant la mention " passeport talent " valable jusqu'au 11 février 2024. En décembre 2021, Mme C a présenté une demande de changement d'adresse sur le site de l'Administration numérique pour les étrangers en France (Anef). Le 24 mai 2022, elle a été informée par la préfecture qu'une carte de séjour portant sa nouvelle adresse était en cours de fabrication et qu'elle serait prochainement informée des démarches à effectuer pour pouvoir la retirer au guichet. Elle n'a jamais obtenu quelque convocation ni information que ce soit. Par la présente requête, Mme C demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de la convoquer afin de lui remettre son titre comportant sa nouvelle adresse.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code justice administrative, aux fins d'enjoindre de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
4. Ainsi qu'il a été dit au point 1 ci-dessus, les services préfectoraux ont informé Mme C, le 24 mai 2022, que sa carte de séjour comportant sa nouvelle adresse était en cours de fabrication et lui serait prochainement délivrée. Or, malgré les nombreuses relances effectuées par Mme C, elle n'a jamais été convoquée en préfecture pour retirer ce titre, alors qu'il résulte de l'instruction qu'il lui est nécessaire, d'une part, pour faire enregistrer son second changement d'adresse dans son nouveau département de résidence, et d'autre part, que la date d'échéance de son titre de séjour actuel approche et que l'intéressée ne pourra le renouveler que dans la préfecture de son département de résidence.
5. Il n'est pas contesté par la préfète du Val-de-Marne, qui est restée coite à l'instance, que Mme C est en attente depuis le 24 mai 2022 de la délivrance d'un nouveau titre de séjour portant les mentions de sa nouvelle adresse. La mesure demandée étant utile et pouvant être regardée comme urgente au vu du délai particulièrement déraisonnable pour ce type de formalité, il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de convoquer Mme C en préfecture, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, aux fins de lui remettre une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent " comportant sa nouvelle adresse. En revanche, il n'y a pas lieu de prononcer une astreinte.
Sur les frais du litige :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) le versement à Mme C de la somme demandée de 600 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne de convoquer Mme C dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, aux fins de lui remettre une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent " comportant la nouvelle adresse de l'intéressée.
Article 2 : L'État (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 600 euros à Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : B. A
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Conseil d'État — N° 515333
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.
03/05/2026
Conseil d'État — N° 509298
Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 507528
Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.
09/04/2026