LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2303708

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2303708

lundi 24 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2303708
TypeOrdonnance
Avocat requérantCLERY-MELIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 avril 2023, complétée le 18 avril 2023,

M. C A, représenté par Me Cléry-Melin, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative d'enjoindre à la directrice territoriale de Créteil de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui rétablir l'ensemble des conditions matérielles d'accueil de manière rétroactive depuis le 17 février 2023 dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la présente ordonnance.

Il indique que, de nationalité afghane, il a introduit une demande d'asile le 28 juin 2022 et a été placé en procédure " Dublin ", qu'il a été transféré en Autriche le 6 novembre 2022, qu'il est revenu en France le 26 décembre 2022, qu'il lui a été notifié le même jour une décision d'intention de refus des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile, qu'il a été à nouveau convoqué en vue d'un transfert et que, le 23 février 2023, sa demande d'asile a été placée en procédure normale, que le 17 février 2023 les conditions matérielles d'accueil lui ont été toutefois suspendues et qu'il a formé un recours administratif préalable le 16 mars 2023.

Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car il ne dispose d'aucun revenu et d'aucun hébergement, et que la décision contestée porte atteinte à son droit à la dignité et à son droit d'asile, dont le bénéfice des conditions matérielles d'accueil est un corollaire et qu'aucune faute ne peut lui être imputable.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 avril 2023, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la condition d'urgence n'est pas satisfaite car l'intéressé s'est placé

lui-même dans la situation qu'il déplore en revenant en France à la suite de son transfert en Autriche.

Vu

- la décision contestée,

- les autres pièces du dossier.

Vu

- la directive 2003/9/UE du Conseil du 27 janvier 2003 relative à des normes minimales pour l'accueil des demandeurs d'asile dans les Etats membres ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du

26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride ;

- la décision de la Cour de justice de l'Union européenne du 27 septembre 2012 CIMADE et GISTI, C-179/11 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Après avoir, au cours de l'audience du 18 avril 2023, tenue en présence de

Madame Do Novo, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu les observations de

Me Cléry-Melin, représentant M. A, requérant, présent, qui rappelle que la décision en cause viole une liberté fondamentale, qu'il a quitté l'Afghanistan en novembre 2021, qu'il a demandé l'asile en France en juin 2022, qu'il a été transféré en Autriche mais n'a reçu aucune aide et qu'il a craint être renvoyé en Afghanistan, qu'il est revenu le 26 décembre 2022, qu'il a à nouveau été placé en procédure " Dublin ", qu'il a répondu à toutes les convocations de l'administration, mais que par la décision du 17 février 2023 le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lui a été refusé, qui indique qu'il est en situation précaire et qu'il est malade, que si l'Office français de l'immigration et de l'intégration précise que son hébergement à la Croix-Rouge c'est de manière temporaire, que le motif retenu par l'Office est illégal, qu'il a toujours coopéré avec les autorités de l'asile et qu'il craignait d'être renvoyé en Afghanistan et qu'il n'a pas été prévenu de cette possibilité que les conditions matérielles d'accueil pouvaient lui être refusées.

Le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dûment convoqué, n'était ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A, se disant ressortissant afghan né en 2001 à Kaboul, s'est présenté le 28 juin 2022 au guichet unique de la préfecture du Val-de-Marne pour y demander l'asile. Il a bénéficié des conditions matérielles d'accueil et a été transféré en Autriche le

9 novembre 2022 mais est revenu en France le 26 décembre 2022. Sa demande a été dans un premier temps placée en procédure " Dublin ", puis, le 23 février 2023, en procédure normale. Le 26 décembre 2022, la directrice territoriale de Créteil de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a notifié son intention de cesser de lui faire bénéficier des conditions matérielles d'accueil. Il a fait valoir ses observations le 5 janvier 2023. Par une décision du 17 février 2023, ces conditions matérielles lui ont été supprimées. M. A a demandé le rétablissement de ces conditions matérielles d'accueil le 16 mars 2023. Par une requête enregistrée le 17 avril 2023, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à directrice territoriale de Créteil de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir ses droits aux conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. () ".

3. Si la privation du bénéfice des mesures prévues par la loi afin de garantir aux demandeurs d'asile des conditions matérielles d'accueil décentes, jusqu'à ce qu'il ait été statué sur leur demande, est susceptible de constituer une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le droit d'asile, le caractère grave et manifestement illégal d'une telle atteinte s'apprécie en tenant compte des moyens dont dispose l'autorité administrative compétente et de la situation du demandeur. Ainsi, le juge des référés ne peut faire usage des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 521-2 du code de justice administrative en adressant une injonction à l'administration que dans le cas où, d'une part, le comportement de celle-ci fait apparaître une méconnaissance manifeste des exigences qui découlent du droit d'asile et où, d'autre part, il résulte de ce comportement des conséquences graves pour le demandeur d'asile, compte tenu notamment de son âge, de son état de santé ou de sa situation de famille. Il incombe au juge des référés d'apprécier, dans chaque situation, les diligences accomplies par l'administration en tenant compte des moyens dont elle dispose ainsi que de l'âge, de l'état de santé et de la situation de famille de la personne intéressée.

4. La décision contestée ayant pour conséquence de priver d'hébergement et de ressources M. A, la condition d'urgence doit être considérée comme satisfaite,

5. Aux termes de l'article L. 551-16 du même code : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : ( ) 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.". Aux termes de l'article R. 551-18 du même code : " La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-16 est écrite, motivée et prise après que le demandeur a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans un délai de quinze jours. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Cette décision prend effet à compter de sa signature. () ". Aux termes de l'article D. 553-26 du même code : " Le versement de l'allocation prend fin dans les cas suivants : () 3° A compter de la date à laquelle l'attestation de demande d'asile a été retirée par l'autorité administrative ou n'a pas été renouvelée en application de l'article R. 573-2. ".

6. Il résulte de ces dispositions, ainsi que de celles de la directive du Conseil du

27 janvier 2003 susvisée qu'elles visent à transposer et qui ont notamment été interprétées par la décision de la Cour de justice de l'Union européenne du 27 septembre 2012 susvisée, que lorsqu'un demandeur d'asile a été transféré vers l'Etat responsable de l'examen de sa demande, c'est à ce dernier de lui assurer les conditions matérielles d'accueil. En cas de retour de l'intéressé en France sans que la demande n'ait été examinée et de présentation d'une nouvelle demande, l'Office français de l'immigration et de l'intégration peut refuser le bénéfice de ces droits, sauf si les autorités en charge de cette nouvelle demande décident de l'examiner ou si, compte tenu du refus de l'Etat responsable d'examiner la demande précédente, il leur revient de le faire.

7. En l'espèce, s'il ressort des pièces du dossier que M. A a été transféré en Autriche, pays responsable de l'examen de sa demande d'asile, le 6 novembre 2022, et qu'il est revenu en France le 26 décembre 2022 pour y redéposer une demande d'asile, cette dernière a été classée en procédure normale par les autorités françaises le 23 février 2023 et une attestation de demande d'asile lui a été remise ce même jour.

8. Par suite, en refusant de rétablir M. A au bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile postérieurement au 23 février 2023, date à laquelle sa demande d'asile a été placée en procédure normale et à laquelle il a été autorisé à saisir l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, la directrice territoriale de Créteil de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a porté à son droit d'asile une atteinte grave et manifestement illégale, quand bien même sa place au centre d'hébergement à Fresnes (Val-de-Marne) lui aurait été maintenue, au demeurant à son insu, après le 17 février 2023.

9. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir M. A dans son droit aux conditions matérielles d'accueil à compter du 23 février 2023 dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente décision.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir M. A dans son droit aux conditions matérielles d'accueil à compter du 23 février 2023 dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente décision.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Le juge des référés,

Signé : M. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2303708

← Retour aux décisions