mardi 18 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2304755 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 mai 2023, M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 mars 2023 par lequel la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé une interdiction de retour d'une durée de deux ans ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
Par une décision du 18 octobre 2023, la demande d'aide juridictionnelle de M. B a été déclarée caduque.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () / 7 Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. "
Sur l'étendue du litige :
2. Par arrêté du 31 mars 2023, la préfète du Val-de-Marne a refusé la délivrance du titre de séjour demandé par M. B le 29 mars 2022 sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a édicté à son encontre une obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et non une obligation de quitter le territoire sans délai comme mentionné dans la requête. Le requérant qui ne conteste pas le refus de séjour, demande l'annulation de la mesure d'éloignement ainsi que de la décision fixant le pays de destination et de la décision portant interdiction de retour sur le territoire.
3. Toutefois, l'arrêté attaqué ne comporte aucune interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision d'interdiction de retour sur le territoire prise par l'arrêté du 31 mars 2023, qui n'existe pas, ne peuvent qu'être rejetées, comme irrecevables.
Sur le surplus des conclusions :
4. En premier lieu, par un arrêté n° 2023/00432 du 3 février 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Val-de-Marne du même jour, et disponible sur le site internet de la préfecture, M. Ludovic Guillaume, secrétaire général de la préfecture du Val-de-Marne et signataire de l'arrêté attaqué, a reçu délégation de la préfète du Val-de-Marne pour signer " tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances, requêtes juridictionnelles, () et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département du Val-de-Marne " à l'exclusion de certains actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions contestées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours doit être écarté.
5. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué qui vise les textes appliqués et rappelle notamment que M. B déclare être entré en France le 16 mars 2017 avec un visas C, selon ses dires, sans toutefois justifier des conditions de son arrivée sur le territoire national, qu'il a sollicité sa régularisation le 29 mars 2022 sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mais que son intégration professionnelle est récente et que la présence de sa sœur en France en situation régulière est insuffisante alors que son épouse et sa fille née en 2008 demeurent en Turquie où se trouvent également ses parents et le reste de sa fratrie comporte les éléments de fait et de droit sur lesquels il se fonde. Par suite, ce moyen de légalité externe est aussi manifestement infondé et doit être écarté.
6. En troisième et dernier lieu, les moyens invoqués par le requérant à l'appui de ses conclusions en annulation de l'obligation de quitter le territoire tirés de l'existence d'une erreur de droit, d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation ne sont manifestement pas assortis de précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé et doivent par suite être écartés. Il en est de même du moyen, invoqué au soutien des conclusions en annulation de la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement tirés de la méconnaissance des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. Le délai de recours étant expiré, et en l'absence de mémoire complémentaire annoncé, il y a lieu, par application des dispositions de l'article R. 222-1 4° et 7° du code de justice administrative de rejeter les conclusions en annulation du requérant ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions fondées sur l'article 34 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet du Val-de-Marne.
Fait à Melun, le 18 mars 2025.
La présidente de la 7ème chambre
I. Gougot
La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,