Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2404595
lundi 18 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2404595 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 avril 2024, Mme B A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance, de lui délivrer une convocation dans les 7 jours afin qu'elle puisse déposer sa demande de titre de séjour, ou à titre subsidiaire de lui remettre un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) la somme de 500 euros par application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que, de nationalité bangladaise, elle est l'épouse d'un compatriote qui a été reconnu réfugié par la Cour nationale du droit d'asile le 19 novembre 2018, qu'elle a donc tenté de déposer une demande de carte de résident sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France mais que cette procédure n'est accessible qu'aux personnes disposant déjà d'un " numéro étranger ", qu'elle a donc sollicité la préfète du Val-de-Marne sans jamais obtenir de réponse, que la condition d'urgence est satisfaite car elle est l'épouse d'un réfugié et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 avril 2024, la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses) conclut au non-lieu à statuer, l'intéressée étant convoquée le 23 mai 2024 pour déposer sa demande de titre de séjour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante bangladaise née le 5 mars 2000 à Sunamganj (Division de Sylhet), est l'épouse, depuis le 9 juillet 2022, d'un compatriote qui a été reconnu réfugié par une décision de la Cour nationale du droit d'asile le 19 novembre 2018. Le couple a un enfant né en novembre 2022 au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne). Il ne lui a pas été possible de déposer une demande de carte de résident sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, n'ayant pas de " numéro étranger ". Elle a donc saisi la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses) d'une demande de rendez-vous en vue de déposer sa demande de carte de résident. Elle n'a reçu aucune réponse. Par sa requête enregistrée le 11 avril 2024, elle a demandé au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de la convoquer afin qu'elle puisse déposer sa demande de titre de séjour et recevoir un récépissé. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses) a convoqué l'intéressé pour le 23 mai 2024 à cette fin.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses) a convoqué Mme A le 23 mai 2024 à 9 heures en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour. L'intéressée ne soutenant pas, plus de cinq mois plus tard, que ce rendez-vous n'a pas été honoré ni qu'un récépissé de demande de titre de séjour ne lui a pas été délivré à cette occasion, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Sur les frais du litige :
4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme à verser à Mme A, qui a formé sa requête sans l'assistance d'un avocat, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Article 2 : Les conclusions de la requête de Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,