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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2404784

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2404784

mardi 10 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2404784
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Melun, statuant par ordonnance, rejette la requête de M. B... visant à annuler le refus préfectoral de créditer des points suite à un stage de sensibilisation. Le tribunal estime que la demande est irrecevable, car le permis de conduire du requérant avait déjà été déclaré invalide et la perte du droit de conduire notifiée avant la fin de son stage, ce qui empêche légalement la récupération de points. La décision s'appuie sur les dispositions du code de la route (articles L. 223-6 et R. 223-8) relatives aux conditions de la reconstitution du solde de points.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 avril 2024 sous le n° 2404784, et deux mémoires en réplique enregistrés les 5 juillet et 6 septembre 2024, M. A... B... demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision préfectorale du 11 avril 2024 par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a refusé de créditer à son permis de conduire les points afférents à un stage volontaire de récupération de points réalisés 20 et 21 mars 2024 ;

2°) d’enjoindre au préfet de procéder au réexamen de son dossier ;

3°) à défaut, de lui octroyer un aménagement de permis de conduire.


M. B... soutient que :

- l’infraction du 13 février 2023 a été inscrite tardivement sur son relevé d’information intégral ;
- il aurait dû bénéficier d’un ajout de 4 points après avoir effectué un stage de sensibilisation les 20 et 21 mars 2024.


Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juin 2024, le ministre de l’Intérieur conclut :
- à titre principal, à l’irrecevabilité des conclusions dirigées contre la décision du préfet de Seine-et-Marne en date du 11 avril 2024 ;
- à titre subsidiaire, au rejet de la requête et le cas échéant, l’enjoindre à réexaminer la situation du requérant.

Le ministre de l’Intérieur fait valoir que :
- la défense de cette affaire incombe au préfet du département dans lequel s’est déroulé le stage ;
- la requête présentée par M. B... ne répond pas aux exigences de l’article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- les différents moyens soulevés sont infondés.


Vu :
- la décision préfectorale attaquée ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la route ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.



Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, les présidents de formation de jugement des tribunaux peuvent, par ordonnance : « (…) / 4°Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».


Sur les conclusions à fin d’annulation et d’injonction :

2. Il résulte de l’instruction que M. A... B..., né le 19 mai 2000, s’est vu successivement retirer 6 et 8 points (soit 14 points en tout) à la suite de 2 infractions routières commises respectivement les 30 décembre 2019 et 8 juillet 2020. Constatant que son solde de points était nul, le ministre de l’Intérieur a, par une décision modèle « 48 SI » du 21 février 2024 notifiée le 8 mars 2024, acté que son permis était devenu invalide et qu’il avait perdu le droit de conduire et lui a enjoint de restituer son titre de conduite. Le requérant a effectué un stage volontaire de récupération de points les 20 et 21 mars 2024. Cependant, par une décision préfectorale du 11 avril 2024, le préfet de Seine-et-Marne a refusé de créditer à son permis de conduire les points afférents à ce stage de récupération volontaire. Par la requête susvisée, M. B... demande l’annulation cette décision du 11 avril 2024.

3. Aux termes du quatrième alinéa de l’article L. 223-6 du code de la route : « (…) Le titulaire du permis de conduire qui a commis une infraction ayant donné lieu à retrait de points peut obtenir une récupération de points s'il suit un stage de sensibilisation à la sécurité routière qui peut être effectué dans la limite d'une fois par an. Lorsque le titulaire du permis de conduire a commis une infraction ayant donné lieu à un retrait de points égal ou supérieur au quart du nombre maximal de points et qu'il se trouve dans la période du délai probatoire défini à l'article L. 223-1, il doit se soumettre à cette formation spécifique qui se substitue à l'amende sanctionnant l'infraction. » ; aux termes du III de l’article R. 223-8 du même code : « Le préfet mentionné au I ci-dessus procède à la reconstitution du nombre de points dans un délai d'un mois à compter de la réception de l'attestation et notifie cette reconstitution à l'intéressé par lettre simple. La reconstitution prend effet le lendemain de la dernière journée de stage. »

4. Il résulte de ces dispositions qu’un conducteur est autorisé à se prévaloir du droit à la récupération de points à la suite de l’accomplissement du stage de sensibilisation à la sécurité routière lorsque, à la date à laquelle cette reconstitution prend effet, soit le lendemain de la dernière journée de stage, aucune décision prononçant la perte de validité de son permis de conduire n’a été portée à sa connaissance par l’autorité administrative.

5. De plus, aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. » ; aux termes de l’article R. 421-5 du même code : « Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. » Aux termes de l’article L. 410-1 du code des relations entre le public et l’administration : « Pour l'application du présent titre, on entend par : (…) / 2° Recours gracieux : le recours administratif adressé à l'administration qui a pris la décision contestée (…) » ; aux termes de l’article L. 411-2 du même code : « Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai. / Lorsque dans le délai initial du recours contentieux ouvert à l'encontre de la décision, sont exercés contre cette décision un recours gracieux et un recours hiérarchique, le délai du recours contentieux, prorogé par l'exercice de ces recours administratifs, ne recommence à courir à l'égard de la décision initiale que lorsqu'ils ont été l'un et l'autre rejetés. »

6. Il résulte de l’instruction que la décision « 48 SI » du 21 février 2024 d’invalidation du permis de conduire de M. B... pour solde de points nul lui a été notifiée par envoi d’un courrier recommandé n° LP 2C 185 085 1756 2 adressé à son domicile du 7 rue Roger Simon à Reil-en-Brie (77260), et que ce courrier a été présenté le 8 mars 2024 avant d’être retourné à l’expéditeur avec la mention « pli avisé non réclamé ». Il s’ensuit que cette décision « 48 SI » est réputée avoir été notifiée à M. B... à la date de présentation du pli, soit le 8 mars 2024. Par suite, en application de ce qui est développé au point précédent, la participation du requérant à un stage de sensibilisation à la sécurité routière effectué les 20 et 21 mars 2024, soit postérieurement à la notification de l’invalidation de son permis de conduire, ne lui donne pas droit à récupération de 4 points.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation et d’injonction contenues dans la requête de M. B... sont irrecevables et peuvent être rejetées en application du 4° de l’article R. 222-1 précité du code de justice administrative.


Sur les conclusions relatives à l’aménagement du permis de conduire :

8. Les conclusions de M. B... tendant à ce que soit aménagé son permis de conduire ne relèvent pas de la compétence du juge administratif ; ces conclusions doivent donc être rejetées en application du 4° de l’article R. 222-1 précité du code de justice administrative.


9. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée en toutes ses conclusions.



O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.


Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’Intérieur.



Fait à Melun le 10 mars 2026.



Le président





C. Freydefont


La République mande et ordonne au ministre de l’Intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
La greffière,

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