jeudi 27 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2410835 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BENIFLA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 août 2024, M. B A demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 5 août 2024 par lequel la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de sursoir à l'exécution de sa décision dans l'attente de l'issue de la procédure de réexamen.
Il soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français lui a été notifiée sans qu'aucun moyen n'ait été mis en œuvre par le préfet pour lui permettre d'avoir une compréhension claire dans la langue qu'il maîtrise de la décision qui était prise à son encontre ;
- la même décision ne tient pas compte du fait qu'il a déposé une demande de réexamen auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ;
- la décision est entachée d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation personnelle ;
- la décision contestée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, compte tenu de la situation en Turquie, et de la présence en France de plusieurs membres de sa famille.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 janvier 2025, le préfet du Val-de-Marne, représenté par Me Termeau, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Un mémoire, présenté pour M. A, par Me Benifla, a été enregistré le 5 février 2025, postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du
18 décembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lalande,
- les observations de Me Capuano, représentant le préfet du Val-de-Marne.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant de nationalité turque né le 25 juin 2006, a présenté le 29 juillet 2024 une demande de réexamen de sa demande d'asile. Par un arrêté en date du
5 août 2024, la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination. Il demande l'annulation de cette décision.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 décembre 2024 du bureau d'aide juridictionnelle. Il n'y plus lieu, par suite, de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français ". Selon l'article L. 542-1 du même code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la signature de celle-ci. Dans le cas où il est statué par ordonnance, l'autorité administrative ne peut engager l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français du demandeur d'asile dont le droit au maintien a pris fin qu'à compter de la date de notification de l'ordonnance ". Et aux termes de l'article L. 542-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : /1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : /a) une décision d'irrecevabilité prise en application des 1° ou 2° de l'article L. 531-32 ; /b) une décision d'irrecevabilité en application du 3° de l'article L. 531-32, en dehors du cas prévu au b du 2° du présent article () ; 2° Lorsque le demandeur : () / b) a introduit une première demande de réexamen, qui a fait l'objet d'une décision d'irrecevabilité par l'office en application du 3° de l'article L. 531-32, uniquement en vue de faire échec à une décision d'éloignement ; /c) présente une nouvelle demande de réexamen après le rejet définitif d'une première demande de réexamen () ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'une première demande de réexamen ouvre droit au maintien sur le territoire français dans les conditions prévues aux articles L. 542 1 et L. 542 2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le droit au maintien sur le territoire est conditionné par l'introduction de la demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, mais l'intéressé peut y prétendre dès qu'il a manifesté à l'autorité administrative son intention de solliciter un réexamen, l'attestation mentionnée à l'article L. 521 7 du même code ne lui étant délivrée qu'en conséquence de cette demande.
5. Pour prendre la mesure litigieuse, le préfet du Val-de-Marne fait valoir en défense que le requérant a commencé les démarches en vue de déposer une demande d'asile le 22 juillet 2024, mais que n'ayant jamais complété son dossier, sa demande d'asile n'a par conséquent pas été instruite. Toutefois, ainsi qu'il a été dit précédemment, il résulte des dispositions précitées qu'une première demande de réexamen ouvre droit au maintien sur le territoire français jusqu'à ce que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue sur cette demande. Or, dans le cas présent, il ressort des pièces du dossier que M. A a présenté, selon l'extrait du logiciel " Telemofpra " qui est produit en défense, une première demande de réexamen qui a été enregistrée le 29 juillet 2024. Dans ces conditions, M. A ne pouvait faire l'objet, à la date de l'arrêté contesté et alors que le préfet ne justifie pas qu'une décision de l'OFPRA était intervenue à cette date, d'une décision portant obligation de quitter le territoire. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Val-de-Marne a commis une erreur de droit doit être accueilli.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 5 août 2024 par lequel la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Le présent jugement, qui annule l'arrêté du 5 août 2024 par lequel la préfète du Val-de-Marne a obligé M. A à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination, a pour effet de faire disparaitre rétroactivement la décision contestée. Par suite, il n'y a pas lieu d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de surseoir à l'exécution de cette décision, qui a disparu de l'ordonnancement juridique, dans l'attente de l'issue de la procédure de réexamen.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'arrêté du 5 août 2024 par lequel la préfète du Val-de-Marne a obligé M. A à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination, est annulé.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 6 février 2025, à laquelle siégeaient :
M. Lalande, président,
Mme Arassus, première conseillère,
M. Fanjaud, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2025.
Le président-rapporteur,
D. LALANDE L'assesseure la plus ancienne,
A-L. ARASSUS
La greffière,
C. KIFFER
La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2502339
Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté les requêtes de la SA Montpellier Rugby Club visant à obtenir la décharge de la cotisation foncière des entreprises (CFE) pour les années 2022 à 2024. Le tribunal a jugé que le club disposait bien, pour les besoins de son activité professionnelle, du contrôle et de l'utilisation matérielle du stade Yves du Manoir, mis à sa disposition par la métropole via des conventions d'occupation. Cette décision s'appuie sur les dispositions des articles 1467 et 1467 A du code général des impôts définissant l'assiette de la CFE.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2506327
Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté la requête d'un ressortissant marocain demandant l'annulation d'un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF). Le tribunal a jugé que l'absence d'information sur le recours suspensif lors de la notification était sans effet sur la légalité de l'acte, et que l'exclusion du pays de renvoi à un État de l'espace Schengen ne constituait pas une atteinte disproportionnée aux droits du requérant, qui séjournait irrégulièrement. La décision s'appuie sur les articles L. 721-3 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2301139
Le Tribunal Administratif de Caen a rejeté la requête d'un agent du département de la Manche contestant son placement en disponibilité d'office pour raisons de santé. Le tribunal a jugé que la procédure était régulière, notamment en écartant l'exception de non-lieu à statuer soulevée par l'administration malgré l'admission ultérieure de l'agent à la retraite pour invalidité. La décision s'appuie sur les dispositions du code général de la fonction publique relatives aux congés de maladie et à la disponibilité d'office (articles L. 822-1, L. 514-4 et L. 826-1).
08/04/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2400190
Le Tribunal Administratif de Caen, statuant sur deux requêtes en excès de pouvoir, a rejeté la demande d'annulation de deux titres de perception émis contre une enseignante contractuelle pour recouvrer des indus de rémunération. Le tribunal a jugé que les titres étaient réguliers en la forme et que la créance n'était pas prescrite, notamment au regard des dispositions de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000. Il a également estimé que le versement d'un demi-traitement pendant l'instruction d'une demande de retraite pour invalidité ne constituait pas un droit acquis.
08/04/2026