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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2411788

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411788

mardi 7 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2411788
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation11ème chambre, JU
Avocat requérantSELARL SAMSON & WEIL

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Melun a rejeté la requête de M. A... visant à annuler un retrait de points pour une infraction routière du 3 octobre 2023. Le requérant s'étant désisté pour les quatre autres infractions, le tribunal a jugé irrecevable le recours concernant l'infraction restante, car il a été formé hors délai après la notification de la décision contestée. La juridiction a appliqué les dispositions du code de justice administrative relatives aux délais de recours (articles R. 421-1 et R. 421-5).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 septembre 2024 sous le n° 2411788, M. B... A..., représenté par Me Samson, demande au tribunal d’annuler les 5 décisions de retrait de points consécutives aux infractions routières relevées les 15 février 2022, 4 mars 2022, 4 février 2023, 3 octobre 2023 et 10 février 2024 totalisant une perte de 14 points.

M. A... soutient que :
- il n’a jamais reçu notification des retraits de points litigieux ;
- il conteste avoir reçu les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route lors de la rédaction des procès-verbaux relatifs aux infractions susvisées.


Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mai 2025, le ministre de l’Intérieur conclut au rejet de la requête en faisant valoir que :
- les conclusions à fin d’annulation des décisions de retraits de points consécutifs aux infractions des 4 mars 2022 et 3 octobre 2023 sont irrecevables car tardives ;
- les conclusions à fin d’annulation du retrait de point consécutif à l’infraction du 4 février 2023 sont irrecevables car le point a été restitué à M. A... antérieurement à l’enregistrement de sa requête ;
- les différents moyens soulevés sont infondés.


Par un mémoire en réplique, enregistré le 28 mai 2025, M. A... se désiste de ses conclusions à fin d’annulation des retraits de points consécutifs aux 4 infractions des 15 février 2022, 4 mars 2022, 4 février 2023 et 10 février 2024 et maintient le surplus de ses conclusions par les mêmes moyens.

Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.


Mme Salenne-Bellet, rapporteure publique, a été, sur sa proposition, dispensée de conclure dans cette affaire en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.


A été entendu au cours de l’audience publique du 24 mars 2026, en présence de Mme Rouillard, greffière d’audience, le rapport de M. Freydefont.


Ni M. A..., requérant, ni le ministre de l’Intérieur, défendeur, ne sont présents ou représentés.


DatesInfractionsCNT/TPPointsR2IRestitutionRemarques15/02/2022Ligne continuePVE-3AMAvec interpellation et signature
DESISTEMENT04/03/2022CeinturePVE-3AMLettre 48N du 02/09/2022 notifiée le 16/09/2022 : irrecevable
DESISTEMENT04/02/2023V < 20 km/hPV-1AMOUI le 07/02/2024Irrecevable
DESISTEMENT03/10/2023TéléphonePVE-3AMLettre 48N du 20/06/2024 notifiée le 15/07/2024 : irrecevable10/02/2024Feu rougePVE-4AMAvec interpellation et signature
DESISTEMENTTOTAL5 infractions-14+1


Considérant ce qui suit :

1. Il résulte de l’instruction que M. B... A..., né le 8 janvier 2000, s’est vu successivement retirer 3, 3, 1, 3 et 4 points (soit 14 points en tout) à la suite de 5 infractions routières commises respectivement les 15 février 2022, 4 mars 2022, 4 février 2023, 3 octobre 2023 et 10 février 2024. Par la requête susvisée, M. A... demande l’annulation des retraits de points consécutifs aux 5 infractions susmentionnées.



Sur le désistement partiel :

2. Par un mémoire enregistré le 28 mai 2025, M. A... se désiste de ses conclusions à fin d’annulation des retraits de points consécutifs aux 4 infractions des 15 février 2022, 4 mars 2022, 4 février 2023 et 10 février 2024 ; ce désistement est pur et simple et rien ne s’oppose à ce qu’il en soit donné acte.

3. M. A... ne conteste donc plus que la décision de retrait de 3 points suite à l’infraction du 3 octobre 2023.


Sur le surplus des conclusions à fin d’annulation :

4. Aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. » ; aux termes de l’article R. 421-5 du même code : « Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. » Aux termes de l’article L. 410-1 du code des relations entre le public et l’administration : « Pour l'application du présent titre, on entend par : (…) / 2° Recours gracieux : le recours administratif adressé à l'administration qui a pris la décision contestée (…) » ; aux termes de l’article L. 411-2 du même code : « Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai. / Lorsque dans le délai initial du recours contentieux ouvert à l'encontre de la décision, sont exercés contre cette décision un recours gracieux et un recours hiérarchique, le délai du recours contentieux, prorogé par l'exercice de ces recours administratifs, ne recommence à courir à l'égard de la décision initiale que lorsqu'ils ont été l'un et l'autre rejetés. » ; enfin aux termes de l’article L. 231-4 de ce code, une décision implicite de rejet naît du silence gardé pendant plus de deux mois par l’administration.

5. Il résulte de l’instruction que, s’agissant de l’infraction du 3 octobre 2023, le requérant s’est vu adresser une lettre référencée « 48 N » datée du 20 juin 2024 l’informant de ce qu’il avait commis une infraction le 3 octobre 2023 sanctionnée d’un retrait de 3 points. Cette lettre « 48 N » a été adressée à M. A... à son adresse du 14 rue Henri Luisette à Villejuif (94800) par courrier recommandé LP 2C 185 203 9303 8 notifié à l’intéressé le 16 septembre 2022 ainsi qu’il ressort de l’avis de réception mentionnant une date de présentation du pli au 15/07/2024. Cet avis supporte également la mention « pli avisé non réclamé » ; par suite, il est réputé avoir été notifié à la date de présentation, soit au 15 juillet 2024. Il s’ensuit que M. A... avait, en application des dispositions combinées des articles R. 421-1 et R. 421-5 du code de justice administrative, deux mois à compter de la notification de la décision litigieuse, soit jusqu’au 15 septembre 2024 pour présenter soit une requête contentieuse au tribunal compétent, soit un recours gracieux à l’auteur de la décision. Or, la présente requête n’a été enregistrée que le 23 septembre 2024 et n’a été précédée d’aucun recours gracieux. Il s’ensuit que les conclusions à fin d’annulation du retrait de 3 points consécutif à l’infraction du 3 octobre 2023 ont été formulés au-delà de l’expiration du délai du recours contentieux. Par suite, c’est à bon droit que le ministre de l’Intérieur soulève en défense une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de ces conclusions.


6. Il résulte de ce qui précède que le surplus des conclusions à fin d’annulation contenu dans la requête de M. A... doit être rejeté.



D E C I D E :



Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.


Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au ministre de l’Intérieur.


Délibéré après l'audience du 24 mars 2026.


Rendu public après mise à disposition au greffe le 7 avril 2026.


Le président,





C. FreydefontLa greffière,





C. Rouillard



La République mande et ordonne au ministre de l’Intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
La greffière,


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