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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2413793

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2413793

lundi 17 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2413793
TypeDécision
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la demande de Mme A, ressortissante ivoirienne, qui sollicitait une injonction au préfet du Val-de-Marne pour traiter sa demande de renouvellement de titre de séjour et lui délivrer une autorisation provisoire de séjour. Le tribunal a constaté que le préfet avait déjà mis à disposition de la requérante une attestation de prolongation d’instruction valable jusqu’au 12 février 2025, rendant sans objet la demande de délivrance d’un récépissé. S’agissant de l’injonction de délivrer un titre de séjour, le juge a rappelé qu’il ne peut prononcer une telle mesure en référé en raison de son caractère provisoire. La requête a donc été rejetée, de même que la demande de frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 novembre 2024, Mme B A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article

L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de traiter sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de trois jours à compter de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors qu'elle est dépourvue de tout justificatif de la régularité de sa situation administrative depuis le 15 octobre 2024 alors que le renouvellement de sa carte de séjour est de plein droit, en sa qualité de mère d'un enfant français ;

- l'administration préfectorale est tenue de lui délivrer un récépissé, alors qu'elle a perdu son emploi et son assurance maladie ;

- la mesure demandée est utile, elle ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative et ne fait pas davantage l'objet d'une contestation sérieuse.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 décembre 2024, le préfet du

Val-de-Marne, représenté par Me Termeau, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'une attestation de prolongation d'instruction a été mise à la disposition de Mme A sur son compte personnel ANEF, valable du 13 novembre 2024 au 12 février 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

2. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, aux fins d'enjoindre à l'administration de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

3. Mme A, ressortissante ivoirienne née le 20 avril 1983 à Grand-Bassam

(Côte d'Ivoire), entrée en France en décembre 2022 sous couvert d'un visa court séjour, a bénéficié en dernier lieu de la délivrance d'une carte de séjour temporaire, le 16 octobre 2023. Le 26 août 2024, la requérante a présenté une demande de renouvellement de ce titre de séjour et a été rendue destinataire d'une attestation de dépôt. Mme A demande, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet du

Val-de-Marne de traiter sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction.

4. Toutefois, d'une part, si, en demandant qu'il soit enjoint au préfet du

Val-de-Marne de traiter sa demande de renouvellement de titre de séjour, Mme A doit être entendue comme sollicitant une injonction à la délivrance d'un tel titre, il n'appartient pas au juge des référés de prononcer une telle mesure, au regard du caractère provisoire des injonctions qu'il prononce. D'autre part, le préfet du Val-de-Marne fait valoir qu'une attestation de prolongation d'instruction, valable du 13 novembre 2024 au 12 février 2025, a été mise à la disposition de Mme A. La requérante ne fait pas état de difficultés dans l'accès effectif à ce justificatif de la régularité de son séjour. Dès lors, les conclusions de la requête tendant à la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour ont perdu leur objet.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées par Mme A sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Sur les frais de justice :

6. Mme A ne justifie pas des frais qu'elle aurait engagés dans la présente instance. Par conséquent, ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées par Mme A sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet du Val-de-Marne.

La juge des référés,

Signé : C. Letort

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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