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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2415800

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2415800

vendredi 4 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2415800
TypeOrdonnance
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a annulé la décision du préfet du Val-de-Marne du 11 octobre 2024 classant sans suite la demande de naturalisation de Mme A. Le tribunal a jugé que le courriel du 19 juillet 2024, qui demandait des pièces complémentaires sans fixer de délai, ne constituait pas une mise en demeure valable au sens de l'article 40 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993. En conséquence, le préfet a méconnu ces dispositions en classant la demande sans suite. Il est enjoint au préfet de reprendre immédiatement l'instruction de la demande de naturalisation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 décembre 2024, Mme B A demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 11 octobre 2024 par laquelle le préfet du Val-de-Marne a classé sans suite sa demande de naturalisation.

2°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de reprendre l'instruction de sa demande de naturalisation.

Mme A soutient, notamment, qu'elle s'est vu notifier un refus de naturalisation au motif de ne pas avoir " produit les éléments sollicités dans le délai imparti ", alors que, si elle a bien reçu le 19 juillet 2024 un courriel l'invitant à produire divers documents pour poursuivre l'instruction de son dossier, " ce courriel indiquait de répondre en retour du mail sans préciser de délai ".

La requête a été communiquée au préfet du Val-de-Marne par sa mise à disposition dans l'application " Télérecours " le 20 décembre 2024, assortie d'un délai de trente jours pour présenter des observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;

- le jugement n° 2411483 du 15 janvier 2025 du tribunal ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / / 6° Statuer sur les requêtes relevant d'une série, qui, sans appeler de nouvelle appréciation ou qualification de faits, présentent à juger en droit, pour la juridiction saisie, des questions identiques à celles qu'elle a déjà tranchées ensemble par une même décision devenue irrévocable () ". Ces dispositions permettent au juge de statuer par ordonnance sur les requêtes relevant d'une série, dès lors que ces contestations ne présentent à juger que des questions de droit qu'il a déjà tranchées par une décision passée en force de chose jugée et qu'il se borne à constater matériellement des faits, susceptibles de varier d'une affaire à l'autre, sans avoir toutefois à les apprécier ou à les qualifier.

2. La requête présentée par Mme A, sans appeler de nouvelle appréciation ou qualification de faits, présente à juger en droit des questions identiques à celles déjà tranchées ensemble par le jugement n° 2411483 du 15 janvier 2025 du tribunal administratif de Melun, devenu irrévocable. Par suite, il y a lieu de statuer sur la requête de Mme A par voie d'ordonnance, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

3. Aux termes de l'article 40 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 : " L'autorité qui a reçu la demande () peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation (), mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement ".

4. Il résulte des termes mêmes de l'article 40 du décret du 30 décembre 1993 précité que ce n'est que si le demandeur ne défère pas à la mise en demeure " dans le délai qu'elle fixe " que sa demande peut être classée sans suite. Un classement sans suite ne saurait donc être prononcé en application de ces dispositions sans qu'aucun délai n'ait été imparti par la demande de pièces complémentaires.

5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et n'est au demeurant pas contesté que la demande de pièce complémentaire adressée à Mme A a été formulée par un courrier électronique du 19 juillet 2024 en ces termes : " Votre dossier est en cours d'instruction. / Je vous invite à le compléter par les documents suivants : (). / Merci de transmettre ces éléments par retour de mail ".

6. A défaut de fixer un délai, une telle demande ne peut être regardée comme répondant aux conditions de la mise en demeure prévue à l'article 40 du décret du 30 décembre 1993. Mme A est dès lors fondée à soutenir qu'en classant sans suite sa demande de naturalisation pour défaut de réponse à cette demande, le préfet du Val-de-Marne a méconnu les dispositions de l'article 40 du décret du 30 décembre 1993. La décision classant sans suite sa demande de naturalisation doit par suite être annulée sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.

7. La présente annulation implique que le préfet du Val-de-Marne reprenne immédiatement l'instruction de la demande de naturalisation de Mme A au point où elle s'était interrompue.

O R D O N N E :

Article 1er : La décision du 11 octobre 2024 par laquelle le préfet du Val-de-Marne a classé sans suite la demande de naturalisation de Mme A est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au préfet du Val-de-Marne de reprendre immédiatement l'instruction de la demande de naturalisation de Mme A.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet du Val-de-Marne.

Fait à Melun, le 04 avril 2025 .

Le président de la 8ème chambre,

X. POTTIER

La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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