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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2500638

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2500638

jeudi 3 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2500638
TypeOrdonnance
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de Mme B qui demandait d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour "salarié" ou un récépissé. Le juge rappelle qu'il ne peut ordonner la délivrance d'un titre de séjour, mesure non provisoire. Il estime en outre que la demande de récépissé ferait obstacle à l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence de l'administration sur la demande de titre, en application des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 janvier 2025, Mme A B, représentée par Me Pérono, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer sans délai son nouveau titre de séjour portant la mention " salarié " ou à défaut un nouveau récépissé de demande de titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme B soutient que :

- elle est entrée en France le 22 juin 2023 munie d'un visa de long séjour valant titre de séjour valable du 19 juin 2023 au 18 juin 2024 ; le 21 avril 2024, elle a déposé une demande de titre de séjour et s'est vu délivrer un récépissé valable du 7 mai 2024 au 18 décembre 2024 ;

en octobre et en novembre 2024, elle a déposé une demande de renouvellement de son récépissé et a contacté la préfecture pour connaître l'état d'avancement de l'instruction de sa demande de titre de séjour ; en l'absence de réponse et compte tenu des relances de son employeur pour la présentation d'un titre de séjour en cours de validité, elle a déposé à nouveau une demande de renouvellement de titre de séjour qui a été immédiatement classée sans suite au motif qu'une précédente demande était toujours en instruction ; en dépit de ses multiples relances, et de celles de son employeur, elle n'a toujours pas de titre de séjour et son récépissé n'a pas été renouvelé ;

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle risque de perdre son emploi, alors même qu'elle remplit toutes les conditions pour que son titre de séjour soit renouvelé ;

- la mesure sollicitée est utile eu égard aux dysfonctionnements auxquels elle est confrontée ;

- elle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. En vertu des articles L. 511-1 et L. 521-3 du code de justice administrative, dont il résulte qu'il ne peut ordonner que des mesures provisoires, le juge des référés ne saurait enjoindre à l'autorité préfectorale de délivrer un titre de séjour à un ressortissant étranger. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées à ce titre ne peuvent en conséquence qu'être rejetées.

3. Il ressort des écritures et des pièces jointes à la requête que Mme B a pu effectivement présenter sa demande de renouvellement de son titre de séjour le 7 mai 2024 ainsi qu'il résulte du récépissé qui lui a été délivré à la même date. En vertu des dispositions combinées des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à défaut de décision explicite prise dans ce délai, cette demande doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée par le préfet du Val-de-Marne à l'issue d'un délai de quatre mois suivant cette présentation. Par suite, la demande de délivrance d'un récépissé est de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite de rejet. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées à ce titre par Mme B doivent en conséquence être rejetées.

4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que Mme B présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Melun, le 3 avril 2025.

La juge des référés,

Signé : C. Ledamoisel

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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