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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2500661

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2500661

jeudi 3 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2500661
TypeOrdonnance
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête en référé de Mme C, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne de lui fixer un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de titre de séjour. Le juge a estimé que la demande de rendez-vous était dépourvue d'utilité, la requérante ayant déjà présenté sa demande de renouvellement de titre de séjour. Il a également considéré que la demande de délivrance d'un récépissé, implicitement formulée, ferait obstacle à l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence de l'administration, en application des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 janvier 2025, Mme B C épouse A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui donner un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de titre de séjour, dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme C soutient que :

- son titre de séjour a expiré le 25 octobre 2024 ; elle en a demandé le renouvellement dans les délais impartis et n'a pas reçu de réponse, en dépit de ses relances ; son mari est au chômage et elle risque d'être suspendue par son employeur ; elle ne perçoit plus les aides qui lui étaient accordées et se retrouve en difficulté pour subvenir aux besoins de sa famille ;

- la condition d'urgence est remplie compte tenu de l'impossibilité d'obtenir un

rendez-vous en préfecture pour récupérer son titre de séjour, alors même qu'elle remplit les conditions pour être admise au séjour ;

- la mesure sollicitée est utile compte tenu des dysfonctionnements auxquels elle est confrontée ;

- elle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Il ressort des écritures et des pièces jointes à la requête que Mme C a pu effectivement présenter sa demande de renouvellement de son titre de séjour. Dans ces conditions, la demande de rendez-vous en préfecture pour le dépôt de cette demande de titre de séjour ne revêt le caractère d'aucune utilité. En admettant que Mme C ait entendu demander la délivrance d'un récépissé dans l'attente de la décision préfectorale, il résulte de ses déclarations qu'elle a sollicité " dans les délais " le renouvellement de son titre de séjour, qui expirait selon ses dires le 25 octobre 2024. Elle est ainsi présumée avoir présenté sa demande de renouvellement de titre de séjour avant cette dernière date. Or en vertu des dispositions combinées des articles R. 431-12,

R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à défaut de décision explicite prise dans ce délai, une demande de titre de séjour doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée par l'autorité préfectorale au plus tard quatre mois après sa présentation. Dans ces conditions, la demande de renouvellement de titre de séjour de

Mme C doit être regardée comme ayant été rejetée au plus tard le 24 février 2025. Par suite, la demande de délivrance d'un récépissé que la requérante aurait entendu formuler est de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite de rejet. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par Mme C doivent en conséquence être rejetées.

3. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que Mme C présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C épouse A.

Fait à Melun, le 3 avril 2025.

La juge des référés,

Signé : C. Ledamoisel

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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