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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2502167

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2502167

mardi 18 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2502167
TypeOrdonnance
PublicationD
Avocat requérantHERVET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 février 2025, M. A B, représenté par

Me Hervet, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative,

1°) d'ordonner au préfet du Val-de-Marne de traiter sa demande de titre de séjour dans un délai raisonnable ;

2°) d'ordonner au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé dans un délai de trois jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des frais irrépétibles.

Il soutient que, de nationalité marocaine, il est entré en France en 2016, qu'il travaille depuis 2017, qu'il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour en préfecture du

Val-de-Marne le 14 novembre 2022, qu'il n'a reçu aucune réponse, que la condition d'urgence est satisfaite car il est maintenu en situation précaire et l'absence de réponse de la préfecture porte atteinte à sa vie privée et familiale et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant marocain née le 29 mai 1996 à Oujda, a été autorisé par la préfète du Val-de-Marne à déposer, le 14 novembre 2022, une demande d'admission exceptionnelle au séjour par le travail. Il entendait faire valoir un emploi de coiffeur en dernier lieu au sein de la société " VIP Barbier " de Maisons-Alfort (Val-de-Marne). Il lui a été remis un document intitulé " Attestation de demande d'admission exceptionnelle au séjour ". Il n'a plus eu aucune nouvelle de la préfecture du Val-de-Marne depuis cette date. Par une requête enregistrée le 15 février 2025, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne de statuer sur sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. () ".

3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code :

" La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de

quatre mois. () ".

5. En l'espèce, le défaut de réponse du préfet du Val-de-Marne dans le délai de quatre mois cité au point précédent, comme l'absence de toute demande de pièces complémentaires susceptible de prolonger le délai d'instruction, a fait naître, à la date du

15 mars 2023 une décision implicite de rejet opposée à la demande présentée par M. B, nonobstant toutes autres mentions figurant sur le document intitulé " Attestation de demande d'admission exceptionnelle au séjour ", lequel ne saurait déroger aux dispositions réglementaires applicables en la matière.

6. Eu égard à l'intervention de cette décision implicite de rejet, la demande présentée par M. B sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt plus aucun caractère d'utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative.

7. Dans ces conditions, la requête de M. B ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, l'intéressé demeurant fondé, s'il l'estime utile, de contester la légalité de cette décision implicite par un recours en excès de pouvoir devant le présent tribunal, assorti le cas échéant d'une demande en référé-suspension.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet du

Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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