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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2503020

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2503020

vendredi 4 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2503020
TypeOrdonnance
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A qui demandait d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de statuer sur sa demande de titre de séjour en qualité de conjoint de Français. Le juge a estimé que la demande était dépourvue d'utilité, car une décision implicite de rejet était née du silence de l'administration, et que la délivrance d'un récépissé ferait obstacle à l'exécution de cette décision. La requête a donc été rejetée, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 mars 2025, M. B A, représenté par Me Hervet, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de statuer définitivement sur sa demande de titre de séjour dans un délai de dix jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer un récépissé dans un délai de trois jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous les mêmes conditions d'astreinte ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- il est marié depuis le 17 décembre 2022 à une ressortissante française ; de cette union est née une fille le 16 décembre 2024 ; le 3 septembre 2024, il a sollicité la délivrance

d'un premier titre de séjour en qualité de conjoint d'une française et a reçu un récépissé l'autorisant à séjourner et à travailler valable du 3 septembre 2025 au 2 mars 2025 ; son titre de séjour n'est toujours pas établi, en dépit des relances effectuées auprès de la préfecture, restées sans réponse ;

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il est désormais privé de tout document de séjour régulier en dépit des démarches accomplies il y a six mois pour régulariser sa situation administrative ; à défaut d'un tel document, il risque de perdre son emploi ;

- la mesure sollicitée est utile, compte tenu du délai de traitement excessif de sa demande de titre de séjour, alors qu'il remplit les conditions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de la situation de précarité dans laquelle il se retrouve, de l'atteinte portée à sa liberté d'aller et venir et à sa vie privée et familiale ;

- elle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Il ressort des écritures et des pièces jointes à la requête que M. A a pu effectivement présenter sa demande d'admission au séjour le 3 septembre 2024 ainsi qu'il résulte du récépissé versé au dossier. En vertu des dispositions combinées des articles R. 431-12,

R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à défaut de décision explicite prise dans ce délai, cette demande doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée par le préfet du Val-de-Marne à l'issue d'un délai de quatre mois suivant cette présentation. Par suite, la demande tendant à ce que le préfet du Val-de-Marne statue sur la demande de titre de séjour du requérant est dépourvue d'utilité et la demande de délivrance d'un récépissé est de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite de rejet. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. A doivent en conséquence être rejetées.

3. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que M. A présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Melun, le 4 avril 2025.

La juge des référés,

Signé : C. Ledamoisel

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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