mardi 1 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2503328 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Avocat requérant | MONSEF |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 mars 2025, M. A B, représenté par Me Monsef, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'ordonnance à intervenir, de le convoquer dans un délai de quinze jours afin de lui délivrer une carte de résident ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il y a urgence dès lors qu'il se trouve, du fait de sa situation, privé d'activité professionnelle et risque de voir son contrat de travail rompu et privé du droit de se maintenir sur le territoire national dans des conditions propices, et exposé à un risque d'éloignement, alors qu'il réside en France depuis plus de 35 ans ;
- la mesure est utile dès lors qu'aucune décision expresse ou implicite n'a été apportée à sa demande ;
- il n'est fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
La requête a été communiquée au préfet du Val-de-Marne, qui n'a pas produit de mémoire en défense mais a communiqué la preuve qu'un nouveau récépissé avait été délivré à l'intéressé, valable jusqu'au 14 juin 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Di Candia, premier-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
2. M. B, ressortissant tunisien né le 27 janvier 1971, arrivé sur le territoire français en 1989, a bénéficié de plusieurs titres de séjour successifs, le dernier en date expirant le
8 juillet 2023. Il en a sollicité le renouvellement et s'est vu délivrer, le 27 septembre 2023, un récépissé de demande de titre de séjour, lequel a ensuite été régulièrement renouvelé jusqu'au 18 mars 2025. Par une requête enregistrée le 10 mars 2025, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer une convocation afin de lui délivrer une carte de résident.
3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner tout autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
4. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
5. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code :
" La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ". La circonstance qu'un étranger se soit vu délivrer un récépissé valant autorisation provisoire de séjour pour une durée supérieure à quatre mois ne fait pas obstacle à ce qu'une décision implicite de refus naisse du silence gardé par l'administration pendant quatre mois à compter de la demande de titre de séjour de l'intéressé.
6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B a effectivement pu déposer, le 27 septembre 2023, une demande de titre de séjour et que l'administration lui a délivré plusieurs récépissés de demande de renouvellement de sa carte de séjour. Alors même que l'administration lui a délivré des récépissés d'une durée totale supérieure au délai de naissance de la décision implicite de rejet, l'absence de réponse de l'administration sur sa demande ne peut que révéler l'existence, à la date du 27 janvier 2024, d'une décision implicite de rejet opposée par le préfet du Val-de-Marne à la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par le requérant.
7. Eu égard à l'intervention de cette décision implicite de rejet, et alors au demeurant que le préfet du Val-de-Marne justifie de ce que M. B a pu se voir délivrer un nouveau récépissé valable jusqu'au 14 juin 2025, ce que ce dernier ne conteste pas, la demande présentée par M. B sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt plus aucun caractère d'utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative.
8. Dans ces conditions, la requête de M. B ne pourra qu'être rejetée en toutes ses conclusions, l'intéressé pouvant, s'il s'y croit fondé, contester la légalité de cette décision implicite par un recours en excès de pouvoir devant le présent tribunal, assorti le cas échéant d'une demande en référé-suspension.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Monsef et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : O. Di Candia
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N° 2405284