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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2503604

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2503604

mercredi 19 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2503604
TypeOrdonnance
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A, ressortissant égyptien, qui demandait qu’il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande d’admission exceptionnelle au séjour. Le juge estime que la condition d’urgence n’est pas remplie, car la précarité et l’anxiété liées à son séjour irrégulier depuis 2016 préexistent à la difficulté d’obtenir un rendez-vous, et qu’aucune circonstance particulière ne justifie une nécessité de traitement accéléré. La requête est donc rejetée sans qu’il soit besoin d’examiner les autres conditions de la mesure sollicitée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 mars 2025 M. B A, représenté par Me Radhoini, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, de lui délivrer un rendez-vous afin de lui permettre de déposer sa demande d'admission exceptionnelle au séjour ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors que sa situation de précarité est prolongée pendant une durée anormalement longue et qu'il est contraint de vivre avec l'anxiété permanente d'un contrôle de sa situation administrative ;

- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'elle lui permettra d'obtenir un rendez-vous ;

- la mesure ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ;

- il ne peut lui être opposé de contestation sérieuse.

La présidente du tribunal a désigné M. C, premier vice-président, pour statuer en qualité de juge des référés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner tout autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, le premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code précise que : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

2. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code justice administrative, aux fins d'enjoindre de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

3. En l'espèce, M. B A, ressortissant égyptien né le 15 janvier 1982, qui vivrait en France depuis 2016 selon ses déclarations, soutient avoir présenté le 4 octobre 2024 une demande de rendez-vous auprès des services de la préfecture du Val-de-Marne afin de déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjou, puis avoir vainement relancé ces services, à de nombreuses reprises, sans jamais recevoir de réponse. M. A demande à ce qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un rendez-vous afin de lui permettre de déposer sa demande.

4. Toutefois, dès lors que M. A se maintient en situation irrégulière sur le territoire français depuis 2016, le fait d'être placé dans cette situation de précarité et de vivre avec l'anxiété permanente d'un contrôle de sa situation administrative ne trouve pas son origine dans la difficulté rencontrée à obtenir un rendez-vous pour le dépôt d'une demande de titre mais préexistait celle-ci. De plus, le requérant, qui indique qu'il mène une activité professionnelle depuis deux ans et qui précise être pleinement soutenu par son employeur dans ses démarches de régularisation, ne fait état d'aucune circonstance particulière justifiant de la nécessité de présenter plus rapidement une telle demande. Dès lors, les circonstances invoquées ne sont pas de nature à justifier de l'urgence qui s'attacherait à la mesure demandée par M. A.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. A sur le fondement de l'article L. 521-3 doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Melun, le 19 mars 2025.

Le juge des référés

Signé : O. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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