jeudi 20 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2503669 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 mars 2025 M. A C, représenté par Me Haik, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne, dans le délai de huit jours à compter de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, d'enregistrer sa demande d'admission au séjour et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail dans l'attente de l'examen de sa demande ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors que le système légal de régularisation est légal, pour autant qu'un rendez-vous lui soit donné dans un délai raisonnable, qu'il dispose d'éléments permettant l'examen de sa situation dès lors qu'il justifie d'une résidence de façon continue et ininterrompue sur le territoire français depuis plus de dix ans, qu'il a exercé un emploi déclaré, a une vie commune depuis plus de quatre ans avec une personne en situation régulière, qu'un de ses enfants au moins est scolarisé depuis plus de trois ans et qu'il justifie d'une intégration exemplaire au sein de la société française ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'elle lui permettra d'obtenir un rendez-vous ;
- la mesure ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ;
- il ne peut lui être opposé de contestation sérieuse.
La présidente du tribunal a désigné M. B, premier vice-président, pour statuer en qualité de juge des référés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner tout autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, le premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code précise que : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
2. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code justice administrative, aux fins d'enjoindre de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
3. En l'espèce, M. A C, ressortissant de République Démocratique du Congo né le 13 décembre 1979, qui vivrait en France depuis 2012, selon ses déclarations, a présenté le 17 novembre 2023 une demande de rendez-vous auprès des services de la préfecture du Val-de-Marne afin de déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour, puis avoir vainement relancé ces services, à de nombreuses reprises, sans jamais recevoir de réponse. M. C demande à ce qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un rendez-vous afin de lui permettre de déposer sa demande.
4. Toutefois, M. C, qui se maintient en situation irrégulière sur le territoire français depuis 2012, se borne à faire état de son droit à voir l'administration enregistrer sa demande dans un délai raisonnable et à décrire sa situation administrative et ne fait état d'aucune autre circonstance particulière et personnelle justifiant de la nécessité, pour lui, de déposer sa demande d'admission exceptionnelle au séjour plus rapidement. En particulier, il ne donne aucune indication quant à la situation financière du couple qu'il forme avec sa compagne, à la nécessité de disposer à brève échéance d'un emploi ou au risque de perdre des revenus. Dès lors, les circonstances invoquées ne sont pas de nature à justifier de l'urgence qui s'attacherait à la mesure demandée par M. C.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. C sur le fondement de l'article L. 521-3 doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C.
Fait à Melun, le 20 mars 2025.
Le juge des référés
Signé : O. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière