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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2504221

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2504221

mardi 8 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2504221
TypeDécision
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par M. A, ressortissant bangladais reconnu réfugié, afin d'obtenir le déblocage de son compte ANEF ou sa convocation pour le renouvellement de son titre de séjour, ainsi que la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction. Le juge a constaté que M. A avait rencontré des difficultés administratives persistantes, notamment un dysfonctionnement de la plateforme ANEF et l'absence de renouvellement de son récépissé, entraînant la suspension de ses droits sociaux. La solution retenue n'est pas explicitée dans l'extrait fourni, mais la décision s'inscrit dans le cadre des articles L. 521-3 du code de justice administrative et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 mars 2025, M. B A, représenté par Me Michel, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, après l'avoir admis à l'aide juridictionnelle provisoire :

1°) d'ordonner au préfet du Val-de-Marne, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance, de débloquer la situation sur son compte ANEF ou de le convoquer en vue du renouvellement de son titre de séjour et de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction le temps de la durée d'instruction de sa demande conformément aux articles L 911-1, L 911-2 et L 911-3 du code de justice administrative ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2.500 euros à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou, à défaut d'aide juridictionnelle, à lui verser cette somme en application de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que, de nationalité bangladaise, il a été titulaire d'une carte de séjour en qualité de réfugié valable jusqu'au 6 août 2024, qu'il a sollicité un rendez-vous en préfecture du Val-de-Marne pour en demander le renouvellement, qu'il n'a pas été destinataire de la convocation du 18 juin 2024, qu'il a redemandé un rendez-vous en préfecture puis a fait une déclaration de perte de celui-ci et sollicité un duplicata, que sa demande a été clôturée le 19 septembre 2024 puis qu'il a été convoqué le 17 décembre 2024 pour une prise d'empreintes et a bénéficié d'un récépissé valable jusqu'au 16 mars 2025 mentionnant la demande de duplicata alors qu'il a demandé le renouvellement de son titre de séjour, et que son récépissé n'a pas été renouvelé, que la condition d'urgence est satisfaite car il a demandé le renouvellement de son titre de séjour comme réfugié et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative .

La requête a été communiquée le 28 mars 2025 au préfet du Val-de-Marne et au préfet de l'Essonne qui n'ont présenté aucun mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 modifié pris pour son application ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant bangladais né le 14 mai 1986 à Kharshur (District de Munshiganj), a été reconnu réfugié par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 22 avril 2014. Il a bénéficié d'une carte de résident en cette qualité valable jusqu'au 8 août 2024. Il a sollicité le 1er avril 2024 un rendez-vous en préfecture du Val-de-Marne en vue de déposer une demande de renouvellement de sa carte de résident, la procédure sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France ne lui étant pas accessible en raison d'un dysfonctionnement de celle-ci. Il a ensuite déclaré la perte de sa carte de résident et demandé, le 17 juillet 2024, la délivrance d'un duplicata. Le 4 octobre 2024, a été mis à sa disposition une attestation de décision favorable sur sa demande de duplicata lui indiquant qu'une nouvelle carte lui serait délivrée. Le 17 décembre 2024, il s'est vu remettre un récépissé de demande de carte de séjour, valable trois mois. Il a alors indiqué qu'il avait demandé le renouvellement de cette carte et qu'il n'avait aucune réponse. Son récépissé n'a pas été renouvelé et M. A s'est vu suspendre tous ses droits sociaux. Par une requête, enregistrée le 25 mars 2025, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de débloquer la situation sur son compte sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France ou de le convoquer en vue du renouvellement de son titre de séjour et de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction le temps de la durée d'instruction de sa demande.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre le requérant, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

5. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

6. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à

l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier d'une part que M. A dispose d'une attestation de décision favorable sur sa demande de duplicata de sa carte de résident, laquelle est toutefois arrivée à échéance depuis près de huit mois à la date de la présente ordonnance, et d'autre part qu'il est nécessaire que la date de remise de ce duplicata soit renseignée sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, pour qu'il puisse déposer sa demande de renouvellement de sa carte de résident de plein droit en qualité de réfugié, dans le délai de neuf mois après l'échéance de sa précédente carte de résident, soit avant le 8 mai 2025. La condition d'urgence et d'utilité qui s'attache à ce que l'intéressé soit en mesure de déposer cette demande dans les délais légaux est donc satisfaite, dès lors que le dépôt de cette demande n'est possible que la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France a enregistré la date de remise du duplicata.

8. Dans ces conditions, il y a lieu d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de convoquer M. A aux fins soit de lui remettre le duplicata en cours de fabrication, soit, pour le cas où ce document ne serait pas disponible, de lui permettre de solliciter le renouvellement de sa carte de résident et de se voir remettre immédiatement une attestation de prolongation d'instruction, et que cette convocation intervienne dans un délai de trois jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de ce délai de trois jours.

Sur les frais du litige :

9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

10. Aux termes de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, partielle ou totale, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'État, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. Si l'avocat du bénéficiaire de l'aide recouvre cette somme, il renonce à percevoir la part contributive de l'État. S'il n'en recouvre qu'une partie, la fraction recouvrée vient en déduction de la part contributive de l'État. Si, à l'issue du délai de douze mois à compter du jour où la décision est passée en force de chose jugée, l'avocat n'a pas demandé le versement de tout ou partie de la part contributive de l'État, il est réputé avoir renoncé à celle-ci () ".

11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfet du Val-de-Marne) une somme de 2 000 euros qui sera versée à Me Michel, conseil de

M. A, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celle-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée. Dans l'hypothèse où l'aide juridictionnelle ne serait pas attribuée à la requérante, cette somme lui sera versée directement sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il est enjoint au préfet du Val-de-Marne de convoquer M. A en préfecture dans un délai de trois jours suivant la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé ce délai de trois jours, aux fins soit de lui remettre le duplicata en cours de fabrication, soit, pour le cas où ce document ne serait pas disponible, de lui permettre de solliciter le renouvellement de sa carte de résident en qualité de réfugié et de se voir remettre immédiatement une attestation de prolongation d'instruction.

Article 3 : L'Etat (préfet du Val-de-Marne) versera une somme de 2 000 euros à Me Michel, conseil de M. A, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celle-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée. Dans l'hypothèse où l'aide juridictionnelle ne serait pas attribuée à la requérante, cette somme lui sera versée directement sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Michel et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Copie en sera communiquée au préfet du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,.

.

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