mardi 1 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2504313 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 mars 2025, Mme B A, représentée par Me Adrien, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, après l'avoir admise à l'aide juridictionnelle provisoire :
1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne d'instruire sa demande de titre de séjour mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise " et de la convoquer au sein des services de la préfecture dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance aux fins de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ou tout autre document de séjour lui permettant de travailler et de voyager hors de l'espace Schengen sur le fondement des dispositions des articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat (préfet du Val-de-Marne) la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 et 75 de la loi du
10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et, en cas de non-admission à l'aide juridictionnelle, la condamner à verser cette somme directement entre ses mains.
Elle indique que, de nationalité marocaine, elle est entrée en France le 28 août 2023 avec un visa d'étudiant et a obtenu un diplôme de master, qu'elle a eu ensuite une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'au 24 janvier 2025, qu'elle a déposé ensuite une demande de titre de titre de séjour portant la mention " recherche d'emploi-création d'entreprise " le
28 novembre 2024 sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, qu'elle a été convoquée le 9 janvier 2025 pour une prise d'empreintes et n'a plus eu de nouvelles par la suite, qu'elle a trouvé un poste au Maroc qu'elle doit pouvoir rejoindre.
Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite car elle se retrouve sans document lui permettant de justifier de la régularité de son séjour, et qu'elle ne peut travailler, et que la décision en cause porte gravement atteinte au respect de sa vie privée et familiale et à son droit au travail.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante marocaine née le 16 mars 1996 à Anfa, entrée en France le 28 août 2023 munie d'un visa d'étudiant délivré par les autorités consulaires françaises à Casablanca et valable jusqu'au 24 août 2024, a validé son visa le 29 août 2023. Le préfet de la Haute-Garonne lui a délivré un titre de séjour en qualité d'étudiante valable jusqu'au
24 janvier 2025. Elle a déposé ensuite en sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne) une demande de titre de séjour portant la mention " recherche d'emploi-création d'entreprise " et a été convoquée pour une prise d'empreintes le 9 janvier 2025. Elle n'au plus eu de nouvelles depuis cette date des services de la préfecture du Val-de-Marne, y compris après la fin de validité de son titre de séjour. Par une requête enregistrée le 27 mars 2025, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne d'instruire sa demande de titre de séjour mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise " et de la convoquer aux fins de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ou tout autre document de séjour lui permettant de travailler et de voyager.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'admettre la requérante, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. / Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
5. Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article. Ne constitue pas une telle circonstance particulière le seul fait que l'étranger se soit vu opposer un refus de délivrance d'un titre de séjour, alors même qu'une présomption d'urgence serait en principe constatée, notamment en cas de demande de renouvellement d'un titre de séjour, si le juge des référés était saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du même code.
6. Aux termes de l'article R. 422-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision du préfet sur la demande de carte de séjour portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise " prévue aux articles L. 422-10 ou L. 422-14
est notifiée par écrit à l'étranger dans les meilleurs délais et au plus tard dans les
quatre-vingt-dix jours à compter de la date d'introduction de la demande complète. Par dérogation à l'article R. 432-2, le silence gardé par l'autorité administrative sur la demande fait naître une décision implicite de rejet au terme d'un délai de quatre-vingt-dix jours. ".
7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme A a déposé sa demande de titre de séjour portant la mention " recherche d'emploi-création d'entreprise " le
29 novembre 2024. Le défaut de réponse du préfet du Val-de-Marne (sous-préfecture de
l'Haÿ-les-Roses), comme de délivrance de toute attestation de prolongation d'instruction après l'échéance du précédent titre de séjour de l'intéressée, le 24 janvier 2025, dans le délai de
quatre-vingt-six jours mois n'a pu que faire naître une décision implicite de rejet à la date du
1er mars 2025.
8. Par suite, comme il l'a été précisé au point 3, une décision de refus de délivrance d'un titre de séjour ne portant pas, par elle-même, et quand bien même il serait soutenu que cette délivrance serait de plein droit, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la requête de Madame A, qui a au surplus saisi le présent tribunal plus de deux mois après l'échéance de son précédent titre de séjour, ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative..
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A n'est pas admise à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de Mme A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au préfet du
Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,