LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2504397

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2504397

mardi 1 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2504397
TypeOrdonnance
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. C. Ce dernier demandait qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour, sous astreinte. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, M. C étant seul responsable de la situation qu'il invoquait, et qu'aucune atteinte grave et manifestement illégale à ses libertés n'était caractérisée. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment les articles L. 421-3 et L. 421-13.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 mars 2025, M. A C, représenté par Me B, demande à la juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour, l'autorisant à travailler, dans un délai de quarante-huit heures suivant la décision à intervenir, sous astreinte de cent-cinquante euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence, au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, est remplie dès lors qu'il risque de perdre immédiatement son emploi et se retrouver sans ressources ; il travaille sous couvert d'un contrat à durée indéterminée au sein de la Sas Ikatan en qualité d'ingénieur d'exploitation informatique depuis le mois de novembre 2024 ; le 28 mars 2025, son employeur l'a informé de la suspension de son contrat de travail et l'a mis en demeure de justifier de la régularité de son séjour sous huit jours, sous peine d'être licencié ; les services de la préfecture du Val-de-Marne ont été informés de cette situation sans qu'aucune réponse satisfaisante n'ait été apportée ; les dispositions de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile font obligation au préfet de délivrer une attestation de prolongation d'instruction au-delà de la validité du titre de séjour en cas de poursuite d'instruction ; cette attestation ne préjuge en rien des suites données à sa demande ;

- cette mesure porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir, à son droit au travail et à son droit au respect de sa vie privée et familiale ; d'une part, d'agissant de sa liberté d'aller et venir, il ne pourra plus circuler librement sans risquer de faire l'objet d'un contrôle de police et d'une mesure d'éloignement, voire d'être placé en centre de rétention administrative ; d'autre part, s'agissant de son droit au travail, son contrat de travail est suspendu ; il risque d'y être mis fin définitivement s'il ne justifie pas de la régularité de son séjour sous huit jours ; enfin, s'agissant de son droit au respect de sa vie privée et familiale, il a été autorisé à s'installer en France pour y exercer une activité professionnelle, son épouse y réside également et leur fils y est né ;

- sa demande étant toujours à l'instruction, il est urgent que la juge des référés prononce les mesures sollicitées en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 31 mars 2025, le préfet du Val-de-Marne, représenté par la Selarl Actis Avocats, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la condition d'urgence au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative n'est pas remplie dès lors que M. C ne remplit pas les conditions de l'article L. 421-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'il est seul responsable de la situation dont il se prévaut ;

- la condition tirée de l'atteinte grave et manifestement illégale au droit au travail de M. C et à son droit au respect de sa vie privée et familiale n'est pas davantage remplie dès lors qu'il ne remplit pas les conditions des articles L. 421-13 et L. 411-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'il ne peut changer de statut.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Bonneau-Mathelot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 31 mars 2025 à 14 heures :

- le rapport de Mme Bonneau-Mathelot, juge des référés ;

- les observations de Mme B, représentant M. C, n'étant pas présent, qui conclut aux mêmes fins que la requête et soutient que l'intéressé a sollicité le renouvellement de son titre de séjour dans les délais et que les services de la préfecture lui ont adressé deux demandes de complément auxquelles il a répondu. Me B ajoute que si rien n'interdit de changer de statut, M. C, qui a justifié occuper un emploi, est conscient qu'il est difficile de bénéficier d'un tel changement. Me B précise que, le préfet du Val-de-Marne n'ayant pris aucune décision explicite ou implicite sur sa demande, il est tenu de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction dans les conditions fixées par les dispositions de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- et les observations de Me Kao, représentant le préfet du Val-de-Marne, n'étant pas présent, qui conclut aux mêmes fins que le mémoire en défense et précise que les conditions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ne sont pas remplies dès lors que M. C ne remplit pas les conditions pour se voir délivrer le titre de séjour qu'il sollicite ainsi que cela ressort du mémoire en défense qu'il a produit. Me Kao indique qu'il ne peut donc être fait droit à la demande de M. C de se voir délivrer une attestation de prolongation d'instruction.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 14 heures 26.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant tunisien, titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent - salarié en mission ", valable du 31 mars 2022 au 30 mars 2025, a sollicité le renouvellement de son titre de séjour ainsi qu'un changement de statut, en application des dispositions de l'article L. 421-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont le dépôt via le téléservice " administration numérique des étrangers en France " a été confirmé le 8 décembre 2024. M. C a répondu aux demandes complémentaires des 18 février et 20 mars 2025 en vue de l'instruction de son dossier. Le 28 mars 2025, son employeur, la Sas Ikatan, l'a informé de la suspension de son contrat à durée indéterminée conclu le 11 novembre 2024, avec effet au 12 novembre suivant, et qu'à défaut de présenter, dans un délai de huit jours, un document attestant de la régularité de son séjour en France, il serait contraint d'envisager la rupture de son contrat de travail. Par la présente requête, M. C demande à la juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour, l'autorisant à travailler, dans un délai de quarante-huit heures suivant la décision à intervenir, sous astreinte de cent-cinquante euros par jour de retard.

Sur l'application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. / () ".

3. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

4. En premier lieu, il résulte de l'instruction que M. C, qui a été mis en possession, sur le fondement des dispositions de l'article L. 421-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent - salarié en mission ", valable du 31 mars 2022 au 30 mars 2025, en a sollicité le renouvellement ainsi qu'un changement de statut en application des dispositions de l'article L. 421-11 du même code. Les dispositions de l'article L. 421-13 ayant été abrogées par les dispositions de l'article 30 de la loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration, la demande de renouvellement de ce titre de séjour relève désormais des dispositions de l'article L. 421-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives à la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " talent - salarié qualifié ".

5. D'une part, si le préfet du Val-de-Marne fait valoir que M. C ne remplit pas les conditions du renouvellement de son titre de séjour, il n'a entendu, compte tenu de la teneur de ses écritures, invoquer cette circonstance qu'à l'appui de son argumentation tirée de ce que la condition d'urgence, au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, n'est pas remplie et ne peut être regardé comme ayant, à la date de son mémoire en défense, pris une décision rejetant expressément la demande de renouvellement du titre de séjour de M. C, à l'encontre de laquelle le délai de quatre mois prévu par les dispositions du premier alinéa de l'article R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas expiré, et ce, alors même qu'il pourrait être regardé comme ayant implicitement rejeté la demande de changement de statut en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

6. D'autre part, il résulte de l'instruction que la Sas Ikatan, employeur de M. C, l'a informé, par une lettre du 28 mars 2025, que son contrat de travail était suspendu et qu'à défaut de présenter un document susceptible de justifier de la régularité de son séjour en France sous huit jours, il serait mis fin à son contrat. Dans ces circonstances, M. C justifie d'une situation d'urgence impliquant l'intervention de la juge des référés dans des délais particulièrement brefs.

7. En second lieu, compte tenu des démarches entreprises par M. C auprès des services de la préfecture du Val-de-Marne et de la situation de précarité dans laquelle il est placé depuis l'expiration de sa carte de séjour pluriannuelle, le préfet du Val-de-Marne a porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de travailler et la liberté d'aller et venir de l'intéressé.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les deux conditions de l'article L. 521-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile étant réunies, il y a lieu d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de délivrer à M. C une attestation de prolongation d'instruction en application des dispositions de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du dernier alinéa de l'article R. 435-15-2 du même code dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint au préfet du Val-de-Marne de délivrer à M. C une attestation de prolongation d'instruction au titre de sa demande de renouvellement de son titre de séjour dans les conditions précisées au point 8.

Article 2 : L'État versera à M. C une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au ministre d'État, ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet du Val-de-Marne.

Fait à Melun, le 1er avril 2025.

La juge des référés,

S. BONNEAU-MATHELOT La greffière,

V. GUILLEMARD

La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

← Retour aux décisions