lundi 7 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2504571 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ADDEN AVOCATS PARIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 avril 2025, la société Monpermiscpf.com demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la Caisse des dépôts et consignations de procéder, dans un délai de trente-six heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte, si nécessaire, de 500 euros par jour de retard, à l'enregistrement de son IBAN afin de permettre le déblocage des fonds nécessaires au règlement de ses " fournisseurs critiques " et à la préservation de ses " accès essentiels " ;
2°) de mettre à la charge de la Caisse des dépôts et consignations la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 avril 2025, la Caisse des dépôts et consignations, représentée par la SERL Adden Avocats, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la société Monpermiscpf.com de la somme de 3 000 euros titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.
Les parties ont été régulièrement informées de la date et de l'heure de l'audience publique.
Au cours de cette audience, tenue le 4 avril 2025 à 14h00, ont été entendus :
-le rapport de M. Zanella,
-et les observations de Me Guëna, représentant la Caisse des dépôts et consignations, qui a conclu aux mêmes fins que le mémoire en défense, par les mêmes motifs.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. "
2. L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale dans les quarante-huit heures ou, à tout le moins, à très bref délai.
3. Pour satisfaire à l'obligation qui lui incombe, en vertu du premier alinéa de l'article R. 522-1 du code de justice administrative, de justifier de l'urgence qu'il y aurait à prescrire la mesure d'injonction qu'elle sollicite sur le fondement des dispositions citées au point 1, la société Monpermiscpf.com fait valoir qu'elle se trouve placée dans un état de péril extrême menaçant sa survie à très court terme, dès lors que, d'une part, elle est privée depuis novembre 2024, en l'absence d'enregistrement de son nouvel IBAN par la Caisse des dépôt et consignations (CDC), du paiement des formations qu'elle dispense en totalité au titre du compte personnel de formation (CPF), ce qui l'a mise dans l'incapacité d'honorer des engagements pris à l'égard de partenaires, de formateurs et de fournisseurs, a entraîné une accumulation de dettes compromettant irrémédiablement sa situation financière et l'expose à un risque de cessation des paiements au 30 avril 2025, d'autre part, qu'elle va perdre son accès à son adresse de messagerie électronique principale et ne pourra ainsi plus fonctionner le 3 avril 2025. Toutefois, d'abord, il résulte de l'instruction, qui s'est poursuivie lors de l'audience, que la société requérante a, en réalité, présenté successivement deux demandes d'enregistrement d'un nouvel IBAN et que, si la seconde, formulée le 17 février 2025, est toujours en cours de traitement par la CDC à la date de la présente ordonnance, la première a été traitée le 5 février 2025 et a d'ailleurs été suivie d'une soixantaine de versements qui ont cependant tous été rejetés par l'établissement bancaire intéressé. Ensuite, à supposer que la société requérante réalise, comme elle le prétend, la totalité de son chiffre d'affaires dans le cadre du CPF alors qu'elle exerce pourtant son activité d'enseignement de la conduite depuis 2021 et qu'en vertu des dispositions de l'article 3 de la loi n° 2023-479 du 21 juin 2023 visant à faciliter le passage et l'obtention de l'examen du permis de conduire, la préparation aux épreuves théoriques et pratiques de toutes les catégories de permis de conduire d'un véhicule terrestre à moteur n'est éligible au CPF que depuis le 1er janvier 2024, elle n'apporte, en se bornant à cet égard à produire une copie d'écran faisant état du blocage d'un compte bancaire en raison d'une balance insuffisante et des demandes de paiement qui lui ont été adressées par des créanciers les 4 et 9 mars 2025 pour des montants de 5 205 euros et 21 324 euros, aucun élément de nature à établir que son équilibre financier serait effectivement menacé à brève échéance. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction que la perte alléguée de l'accès de la société requérante à son adresse de messagerie électronique principale serait imputable à l'absence d'enregistrement d'un nouvel IBAN par la CDC. Dans ces conditions, l'urgence particulière requise pour la mise en œuvre des pouvoirs que le juge des référés tient de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ne peut être regardée comme caractérisée en l'état de l'instruction.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de la société Monpermiscpf.com doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la requérante la somme que la CDC demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er :La requête de société Monpermiscpf.com est rejetée.
Article 2 :Les conclusions présentées par la Caisse des dépôts et consignations au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à la société Monpermiscpf.com et à la Caisse des dépôts et consignations.
Le juge des référés,
Signé
P. ZANELLA
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,