vendredi 29 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2106978 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | AARPI RICHER & ASSOCIÉS DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 août 2021 et 7 janvier 2022, la SAS " Au forum du bâtiment ", représentée par Me Boulay, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 juin 2021 du maire de Sartrouville portant réglementation générale de la circulation et du stationnement, en tant qu'il modifie les conditions de circulation aux droits de l'intersection entre la rue Bobillot et l'avenue Maurice Berteaux ;
2°) d'enjoindre au maire de Sartrouville de faire procéder au retrait des éléments de signalisation et de pré-signalisation, des potelets, blocs, séparateurs et de tous obstacles matériels ayant fermé l'avenue Maurice Berteaux vers et au débouché de la rue Bobillot, ce, dans un délai de 24 heures à compter du prononcé du jugement à intervenir, et sous astreinte de 1 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Sartrouville une somme de 3 600 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté du 21 juin 2021 a été pris sans concertation préalable ;
- les mesures prescrites par l'arrêté ne sont ni fondées, ni justifiées, ni proportionnées à l'objectif poursuivi, tendant à assurer la sécurité des usagers de la voie publique, son établissement se trouvant désormais entièrement enclavé.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 novembre 2021, la commune de Sartrouville, représentée par l'association d'avocats à responsabilité professionnelle individuelle Richer et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société requérante une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
L'instruction a été close au 16 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Milon,
- les conclusions de Mme Benoit, rapporteure publique,
- et les observations de Me Musso, représentant la société requérante.
Considérant ce qui suit :
1. La société " Au forum du bâtiment ", dont l'établissement est implanté sur une contre-allée de l'avenue Maurice Berteaux à Sartrouville, demande au tribunal de prononcer l'annulation de l'arrêté du 21 juin 2021 du maire de Sartrouville portant réglementation générale de la circulation et du stationnement, en tant que celui-ci modifie les conditions de circulation aux droits de l'intersection entre la rue Bobillot et l'avenue Maurice Berteaux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui règlemente la circulation et le stationnement sur le territoire communal, ne constitue pas une mesure individuelle. Il n'avait donc pas à être précédé d'une concertation préalable avec la société, quand bien même celle-ci exploite un établissement affecté par les restrictions de circulation prévues par l'arrêté attaqué. L'irrégularité alléguée manque donc en fait.
3. En second lieu, l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales autorise le maire à prendre une mesure d'interdiction d'accès et de circulation, si elle ne revêt pas un caractère général et absolu et si elle est strictement nécessaire pour atteindre les objectifs de sécurité et de salubrité poursuivis.
4. Il ressort des pièces du dossier qu'en raison d'une faible visibilité, de la configuration des lieux et d'un trafic routier important, l'intersection entre la rue Bobillot et l'avenue Maurice Berteaux présentait un risque élevé de collision, du fait de la possibilité ouverte aux véhicules, d'une part, de pénétrer dans la rue Bobillot depuis l'avenue Maurice Berteaux, quel que soit le sens de circulation, d'autre part, à l'inverse, pour les véhicules provenant de la rue Bobillot, de s'insérer sur l'avenue Maurice Berteaux, et, enfin, pour les véhicules provenant de la contre-allée longeant l'avenue Maurice Berteaux, de s'insérer sur cette avenue. Il ressort également des pièces du dossier que la règlementation de la circulation applicable avant l'édiction de l'arrêté attaqué générait une confusion auprès des automobilistes et que celle-ci créait un risque pour la sécurité des usagers de la voie, y compris les piétons, du fait, notamment des véhicules provenant de la contre-allée longeant l'avenue Maurice Berteaux.
5. Dans ces conditions, le classement, opéré par l'article V de l'arrêté attaqué, de la contre-allée longeant l'avenue Maurice Berteaux en " voie sans issue ", sur la portion située entre la rue de Tocqueville et la rue Bobillot, est de nature à répondre à l'objectif, poursuivi par l'arrêté, d'assurer une meilleure protection des usagers de la voie publique. Il en ressort, de même, que la mesure, prescrite par l'arrêté attaqué et matérialisée par l'aménagement d'un terre-plein central, interdisant aux véhicules en provenance de Maisons-Laffitte ou du sud de Sartrouville de pénétrer dans la rue Bobillot, depuis l'avenue Maurice Berteaux, en tournant à gauche, et en traversant ainsi le carrefour, répond à cet objectif de protection de la sécurité des usagers de la voie publique.
6. Par ailleurs, il ressort des termes de l'arrêté attaqué et des précisions apportées en défense que la contre-allée longeant l'avenue Maurice Berteaux, sur laquelle est implanté l'établissement de la société requérante reste accessible aux véhicules depuis la rue de Tocqueville et qu'il est également permis aux usagers de cette contre-allée de l'emprunter en sens inverse, pour faire demi-tour, l'accès depuis la contre-allée sur la rue Bobillot étant désormais impossible. Si la société fait valoir qu'un panneau de signalisation est installé à l'intersection entre la rue de Tocqueville et cette contre-allée, interdisant aux véhicules de tourner à droite et ainsi d'emprunter la contre-allée, l'installation d'un tel panneau de signalisation ne saurait découler des prescriptions de l'arrêté attaqué, qui classe cette portion de voie parmi les voies " sans issue " et non parmi les voies interdites à la circulation. Les effets attachés à la présence de ce panneau de signalisation, notamment en ce que celui-ci empêcherait l'accès au parking de l'établissement appartenant à la société requérante, ne peuvent, dès lors, être utilement invoqués au soutien du recours formé contre l'arrêté attaqué. Par ailleurs, si, du fait de l'impossibilité d'emprunter directement la contre-allée depuis l'avenue Maurice Berteaux, les clients doivent désormais anticiper leur trajet pour se rendre dans l'établissement exploité par la société requérante, il résulte de ce qui vient d'être dit que l'accès à cet établissement reste possible.
7. Il résulte de ce qui a été dit aux points 4 à 6 ci-dessus que les mesures prescrites par l'arrêté attaqué et critiquées par la société requérante sont nécessaires et proportionnées au regard de l'objectif poursuivi de préservation de la sécurité publique.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par la société " Au forum du bâtiment " doivent être rejetées, de même, par voie de conséquence, que celles aux fins d'injonction.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société " Au forum du bâtiment " la somme de 1 800 euros à verser à la commune de Sartrouville, laquelle, en revanche, ne peut être condamnée à verser à la société la somme que celle-ci demande au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société " Au forum du bâtiment " est rejetée.
Article 2 : La société " Au forum du bâtiment " versera à la commune de Sartrouville une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société " Au forum du bâtiment " et à la commune de Sartrouville.
Délibéré après l'audience du 18 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Boukheloua, présidente,
- M. Deharo, premier conseiller,
- Mme Milon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2023.
La rapporteure,
Signé
A. Milon
La présidente,
Signé
N. Boukheloua
La greffière,
Signé
A. Lloria
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Conseil d'État — N° 515333
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.
03/05/2026
Conseil d'État — N° 509298
Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.
09/04/2026