LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2109669

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2109669

mardi 7 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2109669
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation8ème chambre
Avocat requérantCOMMERÇON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 novembre et 22 décembre 2021, Mme A C, représentée par Me Commerçon, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet des Yvelines sur la demande indemnitaire préalable qu'elle lui a adressée le 18 août 2021, reçue le 23 août suivant ;

2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 600 euros par mois à compter du 7 mars 2019 au titre des préjudices qu'elle a subis et ce jusqu'à son relogement effectif, le 1er juin 2021 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la commission de médiation des Yvelines l'a reconnue prioritaire au titre du droit au logement opposable par une décision du 7 septembre 2018, sans qu'aucun logement ne lui soit proposé ;

- cette carence fautive est de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;

- elle est fondée à être indemnisée des troubles dans les conditions d'existence qu'elle a subis.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 15 novembre 2021 et 29 décembre 2022, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requérante est relogée depuis le 1er juin 2021 sur le territoire de la commune de Meudon ;

- elle a refusé une proposition de logement de type T4 à Meudon, le 30 octobre 2020, qui était adaptée à ses besoins et capacités et respectait la liste des communes dans lesquelles elle souhaitait être relogée ;

- l'Etat, qui s'est efforcé de rechercher les meilleures solutions, doit être regardé comme ayant entièrement exécuté la décision de la commission de médiation des Yvelines ;

- le préjudice de la requérante n'est pas établi.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 7 septembre 2018, la commission de médiation des Yvelines a reconnu Mme C comme prioritaire et devant se voir proposer un logement répondant à ses besoins et capacités. En l'absence de relogement, Mme C a adressé au préfet des Yvelines, le 18 août 2021, une demande indemnitaire préalable tendant à l'indemnisation des troubles dans les conditions d'existence qu'elle estime avoir subis en raison de la carence de l'Etat à lui proposer une offre de logement adapté à ses besoins et capacités. Le silence gardé par le préfet des Yvelines sur cette demande qu'il a reçue le 23 août 2021 a fait naître une décision implicite de rejet, le 23 octobre 2021. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que Mme C a été relogée sur le territoire de la commune de Meudon à compter du 1er juin 2021. Mme C demande au tribunal l'annulation de la décision implicite de rejet du 23 octobre 2021 ainsi que l'indemnisation des troubles dans les conditions d'existence qu'elle estime avoir subis entre le 7 mars 2019 et le 1er juin 2021.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Mme C, en demandant la réparation des préjudices subis, a donné à l'ensemble de sa requête le caractère d'un recours de plein-contentieux. La décision implicite de rejet née du silence du préfet des Yvelines sur la demande indemnitaire préalable que lui a adressée Mme C, le 18 août 2021 a pour seul effet de lier le contentieux, sans que son annulation puisse être utilement demandée.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne le principe de responsabilité de l'Etat :

3. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et comme devant être logée ou relogée d'urgence par une commission de médiation, en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'Etat à exécuter ces décisions dans le délai imparti engage sa responsabilité à l'égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l'intéressé ait ou non fait usage du recours en injonction contre l'Etat prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'Etat, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'Etat, qui court à l'expiration du délai de trois ou six mois à compter de la décision de la commission de médiation que l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation impartit au préfet pour provoquer une offre de logement.

4. D'une part, il résulte de l'instruction que la demande de logement social présentée par Mme C a été reconnue prioritaire par une décision du 7 septembre 2018 de la commission de médiation des Yvelines au titre de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. Le préfet des Yvelines disposait alors d'un délai de six mois jusqu'au 7 mars 2019 pour lui proposer une offre de logement adapté à ses besoins et à ses capacités.

5. D'autre part, il résulte de l'instruction que Mme C est relogée depuis le 1er juin 2021 sur le territoire de la commune de Meudon, sans qu'il ne soit contesté que le logement de type F4 dont elle dispose depuis cette date correspond à ses besoins et capacités. Il résulte également de l'instruction et notamment des pièces produites en défense par le préfet des Yvelines que quatre propositions de logement lui avaient été adressées depuis le mois de mars 2019, avant celle qu'elle a acceptée. Alors que les trois premières propositions n'ont pu aboutir en raison de l'insuffisance de ses revenus, il résulte de l'instruction que Mme C a refusé, le 30 octobre 2020, une proposition de logement de type T4 sur le territoire de la commune de Meudon. Elle ne conteste pas que ce logement était adapté à ses besoins et à ses capacités. Par suite, la responsabilité de l'Etat ne saurait être engagée au-delà du 30 octobre 2020.

6. Il résulte de ce qui précède que la responsabilité de l'Etat en raison de sa carence à exécuter la décision de la commission de médiation des Yvelines du 7 septembre 2018 est de nature à être engagée pour la période du 7 mars 2019 au 30 octobre 2020.

En ce qui concerne l'indemnité :

7. Il résulte de l'instruction que Mme C, aide-soignante, occupait, jusqu'à son relogement, un logement de type F3 avec ses quatre enfants, dont le dernier est né le 11 juillet 2020. Alors que l'aînée, née en 2004, disposait d'une chambre pour pouvoir travailler, les trois autres enfants partageaient la chambre de la requérante, le logement étant sur-occupé. Il résulte également de l'instruction et notamment d'un courrier du 22 février 2018 du bailleur social, que le logement présentait des problèmes d'humidité, en particulier dans l'une des chambres, alors que trois des enfants de la requérante souffrent de problèmes respiratoires nécessitant un suivi médical.

8. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, eu égard aux conditions de logement de Mme C et de ses trois enfants jusqu'au 11 juillet 2020, puis de ses quatre enfants à partir de cette date et à la carence fautive de l'Etat entre les 7 mars 2019 et 30 octobre 2020, soit pendant 19 mois et 23 jours, il sera fait une juste appréciation des troubles dans les conditions d'existence subis par Mme C en condamnant l'Etat à verser la somme de 400 euros par an à la requérante et de 250 euros par an à chacun de ses enfants, soit 750 euros par an pour ses trois enfants jusqu'au 11 juillet 2020 puis 1 000 euros pour ses 4 enfants du 11 juillet au 30 octobre 2020. L'Etat est, en conséquence, condamné à verser à Mme C la somme de 1 970 euros tous intérêts compris pour la période de responsabilité de l'Etat en réparation des troubles dans ses conditions d'existence.

Sur les frais liés au litige :

9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 600 euros à Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'Etat est condamné à verser à Mme C une indemnité de 1 970 euros tous intérêts compris en réparation des préjudices qu'elle a subis.

Article 2 : L'Etat versera à Mme C la somme de 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au préfet des Yvelines.

Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Grenier, présidente,

- Mme Caron, première conseillère,

- M. Connin, conseiller.

Rendu public par mise à disposition du greffe, le 07 février 2023.

La présidente-rapporteure,

signé

C. BL'assesseure la plus ancienne

dans le grade,

signé

V. Caron

La greffière,

signé

G. Le Pré

La République mande et ordonne au ministre au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2431026

Le Tribunal administratif de Paris a été saisi d’un recours en plein contentieux par M. B... contre une décision du directeur du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) refusant de lui délivrer un agrément dirigeant. Par un mémoire enregistré le 6 mai 2026, M. B... s’est désisté de sa requête. Le tribunal, constatant que rien ne s’opposait à ce désistement, en a donné acte par ordonnance, sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

TA67Plein contentieux

Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2604862

Le Tribunal Administratif de Strasbourg, statuant par ordonnance, a été saisi par Mme D... d’un recours contestant le refus de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées du Bas-Rhin de lui accorder l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) et la prestation de compensation du handicap (PCH) pour son fils. En application des articles L. 241-6 et L. 241-9 du code de l’action sociale et des familles, le tribunal a constaté que ces décisions relèvent de la compétence de la juridiction judiciaire. Par conséquent, il a ordonné la transmission de la requête au tribunal judiciaire de Mulhouse, compétent pour en connaître.

01/06/2026

TA67Plein contentieux

Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2604824

Le Tribunal Administratif de Strasbourg, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. C... qui demandait l’annulation d’un refus d’admission à l’aide médicale d’État et la suspension d’un titre exécutoire de 11 404 euros. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, faute pour le requérant d’avoir produit le titre exécutoire contesté et d’avoir démontré une situation justifiant une intervention dans un délai de 48 heures. La décision s’appuie sur les articles L. 521-2 et L. 522-3 du code de justice administrative, ainsi que sur l’article L. 252-3 du code de l’action sociale et des familles.

← Retour aux décisions

01/06/2026

TA67Plein contentieux

Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2604772

Le Tribunal administratif de Strasbourg, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A... qui demandait la suspension de la décision de France Travail réduisant son allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) par application de la dégressivité. Le juge a estimé que le litige, portant sur une prestation du régime d'assurance chômage, ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative mais du juge judiciaire, en application des articles L. 5312-1 et L. 5312-12 du code du travail. Par conséquent, la requête a été rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent, sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026