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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2109688

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2109688

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2109688
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation7éme chambre
Avocat requérantAARPI GHEDIR FRANCOIS JACQUEMIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 novembre 2021, la société par actions simplifiée (SAS) CIS Bio International, représentée par Me Ghedir, demande au tribunal :

1°) de prononcer la réduction la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020 dans la commune de Saclay (Essonne) ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La SAS CIS Bio International soutient que :

- la décision rejetant sa réclamation est insuffisamment motivée ;

- les biens ne faisant pas corps avec la construction, qui sont déplaçables, démontables et non incorporés à la construction, qu'elle a immobilisés d'un montant de 2 668 651 euros, doivent être exclus de la base imposable en application de l'interprétation de la loi fiscale résultant de l'instruction publiée sous la référence BOI-IF-TFB-10-10-10 du 12 septembre 2012 qui prévoit que, pour être retenus dans la base d'imposition, les investissements doivent être fixés au sol à perpétuelle demeure et doivent présenter le caractère de véritables bâtiments ;

- les dépenses liées à des prestations de services réalisées par des prestataires extérieurs d'un montant de 459 900 euros qui portent soit sur des biens meubles, soit sur des immeubles mais dont la nature " ne répond pas aux critères pour être qualifiés de construction " doivent être exclus de la base d'imposition ;

- les actifs de démantèlement, qui correspondent à la valeur actualisée du coût de démantèlement spécifique futur de certaines de ses installations nucléaires et qui sont la contrepartie, au passif, de la provision passée pour couvrir les coûts futurs de démantèlement des installations radionucléaires et de permettre la réutilisation du site pour d'autres usages, sont inscrits à l'actif du bilan pour un montant de 6 366 603 euros mais ne constituent pas des constructions au sens de la taxe foncière et doivent ainsi être exclus de la base d'imposition ;

- les dispositions du 11° de l'article 1382 du code général des impôts exonérant de la taxe foncière sur les propriétés bâties les outillages et autres moyens matériels d'exploitation des établissements industriels, il doit en être de même pour ses biens d'équipements spécialisés, c'est-à-dire ses immobilisations qui sont intégrées directement et matériellement dans son processus de fabrication, de transformation ou de manutention et servent spécifiquement à l'exercice de son activité professionnelle ; s'agissant des installations électriques et de son réseau, ils sont à usage spécifiquement industriel ce qui implique que les immobilisations correspondant au réseau électrique d'un montant de 3 659 598 euros, soient exonérées de taxe foncière ; elle entend se prévaloir sur ce point de l'interprétation de la loi fiscale résultant du paragraphe n°170 de l'instruction publiée sous la référence BOI-TF-TFB-10-50-30 ; il en va de même, selon cette même doctrine, des immobilisations correspondant aux postes d'appels téléphoniques d'un montant de 72 581 euros, ainsi que des immobilisations correspondant aux installations incendie des locaux traitant des produits radioactifs d'un montant de 1 829 861 euros qui doivent être exonérées de taxe foncière en ce qu'elles diffèrent des simples portes coupe-feu et autres systèmes présents dans tous les établissements industriels, leur objet étant spécifiquement d'étouffer le feu dès son apparition et d'être hermétiques afin d'empêcher toute fuite radioactive ; les immobilisations correspondant aux installations de ventilation des locaux traitant des produits radioactifs d'un montant de 1 229 374 euros doivent également être exclus des bases de la taxe foncière dès lors que ces installations ne sont pas de simples équipements de ventilation présents dans tous les établissements industriels mais disposent de capteurs spéciaux pour permettre aux équipes de prévention des risques nucléaires d'être en mesure de connaitre en temps réel le taux de radioactivité dans chaque pièce, que ces systèmes doivent être hermétiques pour qu'en cas de fuite radioactive, la menace puisse être confinée et la radioactivité émise absorbée et qu'enfin ces systèmes visent à contrôler le niveau de radioactivité libéré à l'extérieur de l'enceinte afin d'alerter la population ; doivent enfin être exclues certaines autres installations spécifiques et notamment les cyclotrons qui permettent la production de produits radioactifs d'une valeur totale de 8 649 615 euros, ainsi que des éléments nécessaires soit à la protection radioactive des lieux, soit à la production des produits pharmaceutiques d'un montant total de 9 456 239 euros ;

- il convient d'exclure de la base imposable, d'une part, les immobilisations d'entretien et de renouvellement d'immobilisations déjà présentes d'un total de 2 946 213 euros sur le fondement de l'interprétation de la loi fiscale résultant des paragraphes n° 150 et 160 du BOI-IF-TFB-20-20-10-10 dès lors que celles-ci constituent des réparations courantes des constructions qui doivent être renouvelées fréquemment pour l'entretien de la propriété et qui ne sont pas assimilées par cette doctrine à des changements de caractéristiques physiques des immobilisations, d'autre part, les travaux de peinture immobilisés à hauteur de 447 477 euros qui n'apportent pas une valeur supplémentaire au local, mais servent uniquement à le maintenir en état ; l'ensemble des autres immobilisations d'entretien des locaux d'un montant de 2 238 145 euros dont l'intitulé ne mentionne pas expressément qu'il s'agit de réparation ou de renouvellement, mais dont le montant modique indique qu'il s'agit de simples travaux d'entretien ; enfin, un certain nombre d'immobilisations qui n'apportent aucune plus-value doivent être exclues pour un montant de 2 348 774 euros ;

- certains gros travaux retenus par l'administration fiscale pour le calcul de la valeur locative de ses biens doivent être retenus pour des montants inférieurs à ceux enregistrés en comptabilité, en application de l'interprétation de la loi fiscale résultant du paragraphe n° 230 de l'instruction publiée sous la référence BOI-IF-TFB-20-20-10-20 ; en particulier, la valeur retenue pour le local n° 553 dit " salle blanche " doit correspondre uniquement aux travaux réalisés depuis 2009 soit 1 681 943 euros et sans qu'il soit tenu compte de la valeur d'apport de cette immobilisation, ni des travaux successifs entrepris en 1985 puis en 1989 qui ne correspondent plus à la réalité du bâtiment ; pour la détermination de la valeur comptable des immobilisations relatives au laboratoire de préparation des produits pharmaceutiques, il ne peut être tenu compte ni des installations de sécurité réalisées en 2006, ni des lots de génie civil de 218 277 euros et 102 875 euros, qui sont rattachés à des biens d'équipements spécifiques.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 7 décembre 2021 et le 10 juillet 2023, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut :

1°) au non-lieu à statuer à concurrence de la somme de 6 481 euros au titre de l'année 2017 et de 6 796 euros au titre de l'année 2018 ;

2°) au rejet du surplus de la requête.

Le directeur soutient que :

- la requête est devenue sans objet à concurrence des dégrèvements prononcés le 10 juillet 2023 pour un montant de 87 674 euros au titre de l'année 2019 et de 87 357 euros au titre de l'année 2020.

- les moyens soulevés par SAS CIS Bio International ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier, notamment celle produite par le directeur départemental des finances publiques des Yvelines, enregistrée le 13 juillet 2024.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Le Vaillant, conseiller,

- et les conclusions de Mme Cerf, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La SAS CIS Bio International, qui a pour activité le développement et la fabrication de produits radionucléaires de diagnostic et de radiothérapie, est propriétaire d'un établissement industriel situé au 5998, route d'Orsay à Saclay (Essonne). La base imposable de cet établissement a été évaluée en 2015 par l'administration selon la méthode comptable prévue à l'article 1499 du code général des impôts sur la base des immobilisations inscrites à son actif jusqu'en 2013 inclus. Cette société a ensuite été assujettie à raison de cet établissement et sur ces mêmes bases, à la cotisation foncière des entreprises, au titre des années 2019 et 2020. Estimant que les bases d'impositions retenues par l'administration étaient excessives, la SAS CIS Bio International a présenté, le 21 décembre 2020, une réclamation par laquelle elle sollicitait la réduction de ces impositions. Cette réclamation ayant été rejetée par une décision de l'administration fiscale du 10 septembre 2021, la SAS CIS Bio International demande la réduction des cotisations foncières des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020.

Sur l'étendue du litige :

2. Par une décision du 10 juillet 2023, l'administration fiscale a accordé à la SAS CIS Bio International un dégrèvement de cotisation foncière des entreprises, d'un montant de 87 674 euros au titre de l'année 2019 et de 87 357 euros au titre de l'année 2020. Ce dégrèvement est la conséquence de la réduction de la base imposable de la société à la taxe foncière sur les propriétés bâties aux titres des périodes de référence en cause, à concurrence de la somme de 2 619 557 euros, qui correspond à la valeur nette comptable du cyclotron apporté à la société par le commissariat à l'énergie atomique en 1985, qui a été regardé comme un bien entrant dans le champ de l'exonération prévue par le 11° de l'article 1382 du code général des impôts. Par suite, les conclusions de la SAS CIS Bio International à fin de réduction des impositions en litige sont, à concurrence des montants dégrevés, devenues sans objet.

Sur le bien-fondé des impositions :

En ce qui concerne la charge de la preuve :

3. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ de l'assujettissement à l'impôt ou, le cas échéant, s'il remplit les conditions légales d'une exonération.

4. Le prix de revient des immobilisations industrielles passibles de la taxe foncière, évalué selon la méthode comptable, est celui qui est inscrit à l'actif du bilan. L'administration peut se fonder sur les énonciations comptables opposables à la société pour inclure dans la valeur locative des immobilisations le montant des travaux inscrits en tant qu'immobilisations, sauf pour la société à démontrer que ces travaux constitueraient en réalité des charges déductibles, ou qu'elle aurait inscrit en tant qu'immobilisations des biens exclus par nature des bases imposables à la taxe foncière pour les propriétés bâties ou exonérés de celles-ci.

En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :

5. En premier lieu, les irrégularités qui peuvent entacher la décision statuant sur la réclamation d'un contribuable sont sans influence sur la régularité ou le bien-fondé des impositions. Par suite, le moyen tiré par la SAS CIS Bio International de ce que la décision de rejet de sa réclamation ne serait pas suffisamment motivée, doit être écarté comme inopérant.

6. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code. " Selon l'article 1381 du même code : " Sont également soumis à la taxe foncière sur les propriétés bâties : 1° Les installations destinées à abriter des personnes ou des biens ou à stocker des produits ainsi que les ouvrages en maçonnerie présentant le caractère de véritables constructions tels que, notamment, les cheminées d'usine, les réfrigérants atmosphériques, les formes de radoub, les ouvrages servant de support aux moyens matériels d'exploitation ; / 2° Les ouvrages d'art et les voies de communication. () " Selon l'article 1382 du même code : " Sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties : / () / 11° Les outillages et autres installations et moyens matériels d'exploitation des établissements industriels à l'exclusion de ceux visés à l'article 1381 1° et 2° ". Aux termes du premier alinéa de l'article 1495 de ce code : " Chaque propriété ou fraction de propriété est appréciée d'après sa consistance, son affectation, sa situation et son état, à la date de l'évaluation. " Aux termes du II de l'article 324 B de l'annexe III au même code : " Pour l'appréciation de la consistance il est tenu compte de tous les travaux équipements ou éléments d'équipement existant au jour de l'évaluation. "

7. D'autre part, aux termes de l'article 1447 du code général des impôts : " I. - La cotisation foncière des entreprises est due chaque année par les personnes () morales () ". Aux termes de l'article 1467 du même code : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France, à l'exclusion des biens exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties en vertu des 11°, 12°, 13° et 15° de l'article 1382, dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence définie aux articles 1467 A et 1478 () ". Aux termes de l'article 1467 A de ce code : " Sous réserve des II, III IV et VI de l'article 1478, la période de référence retenue pour déterminer les bases de cotisation foncière des entreprises est l'avant-dernière année précédant celle de l'imposition () "

8. Pour apprécier, en application de l'article 1495 du code général des impôts et de l'article 324 B de son annexe III, la consistance des propriétés qui entrent, en vertu de ses articles 1380 et 1381, dans le champ de la taxe foncière sur les propriétés bâties, il est tenu compte, non seulement de tous les éléments d'assiette mentionnés par ces deux derniers articles mais également des biens faisant corps avec eux.

9. D'une part, s'agissant des immobilisations dont la société requérante estime qu'elles correspondraient à des biens ne faisant pas corps avec ses terrains et constructions, sans par ailleurs remettre en cause la circonstance que ces éléments ont été inscrits en comptabilité en tant qu'immobilisations, elle se borne à produire des tableaux listant divers types de travaux et leurs montants, sans produire aucun justificatif de ces travaux. Au surplus, ainsi qu'il a été dit au point 1, il est constant que les impositions litigieuses ont été établies sur la base des immobilisations inscrites à l'actif de la société requérante jusqu'en 2013 inclus ce qui implique que cette dernière ne peut demander l'exclusion de ses bases d'imposition des immobilisations acquises ultérieurement qui n'ont pas été intégrées par l'administration fiscales dans ses bases imposables.

10. Par suite, la société requérante n'est pas fondée, sur le terrain de la loi fiscale, à demander que ses bases imposables à la taxe foncière sur les propriétés bâties soient réduites, à raisons des biens susmentionnés, des sommes de 2 668 651 euros et de 459 900 euros.

11. D'autre part, si la SAS CIS Bio International conteste la prise en compte, dans ses bases imposables à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2015 et 2016, des actifs " de démantèlement " d'un montant de 6 366 603 euros qui seraient, selon elle, la contrepartie comptable de la provision passée pour couvrir les coûts futurs de démantèlement de certaines de ses installations radionucléaires, et ne constitueraient donc pas de véritables propriétés bâties au sens des dispositions précitées de l'article 1380 du code général des impôts, elle n'apporte, à l'exception d'un simple tableau établi par ses soins et dépourvu de toute pièce justificative, aucun élément permettant d'identifier les mouvements comptables dont elle fait état, pas plus que la nature exacte des opérations auxquelles ceux-ci se rapportent. Au surplus, comme il a été dit au point précédent, les impositions litigieuses ayant été établies sur la base des immobilisations inscrites à l'actif de la société requérante jusqu'en 2013 inclus, celle-ci n'est, en toute hypothèse, pas fondée à demander l'exclusion de ses bases d'immobilisations des " actifs de démantèlement " qu'elle aurait comptabilisés au titre des années 2014 et 2015. La SAS CIS Bio International ne peut, par suite, obtenir sur ce point la réduction de base dont elle se prévaut.

12. En troisième lieu, sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties, en application du 11° de l'article 1382 du code général des impôts, les outillages, autres installations et moyens matériels d'exploitation d'un établissement industriel, c'est-à-dire ceux de ces biens qui relèvent d'un établissement qualifié d'industriel au sens de l'article 1499, qui sont spécifiquement adaptés aux activités susceptibles d'être exercées dans un tel établissement et qui ne sont pas au nombre des éléments mentionnés aux 1° et 2° de l'article 1381.

13. D'une part, la société requérante ne conteste pas qu'un certain nombre d'immobilisations, portant sur des installations électriques, incendie, de ventilation, de sécurité ainsi qu'un certain nombre de dispositifs de protection liés à l'utilisation de l'énergie nucléaire, ont été regardés par l'administration fiscale comme étant spécifiquement adaptés aux activités susceptible d'être exercée dans un établissement industriel et ont été exclues de sa base imposable à la taxe foncière sur les propriétés bâties. La société ne conteste pas non plus que l'immobilisation d'une valeur comptable de 6 027 400 euros, correspondant à l'acquisition d'un cyclotron en 1998, n'a pas été prise en compte dans la détermination de cette base imposable.

14. D'autre part, s'agissant du surplus des immobilisations dont la société requérante demande l'exclusion de ses bases d'imposition, la seule circonstance que les matériaux et outillages nécessaires à l'exploitation de la SAS CIS bio international, fonctionnent à l'électricité, ne suffit pas à établir que les immobilisations correspondantes d'un montant de 3 659 598 euros, dont aucun justificatif ne permet d'identifier l'affectation ni la nature exacte, ne pourrait être utilisées en cas d'affectation des locaux à d'autres activités ni, par suite, que ces immobilisations pourraient bénéficier de l'exonération prévue par les dispositions de l'article 1382 du code général des impôts ou qu'elles n'entreraient pas dans les bases imposables de la société requérante sur le fondement des dispositions du 1° de l'article 1381 de ce code. De la même manière, et à défaut, là encore, pour la requérante de justifier de la nature exacte des opérations faisant l'objet des factures qu'elle produit, il ne résulte pas de l'instruction que le surplus des immobilisations de la requérante se rapportant à son réseau téléphonique d'un montant de 72 581 euros, aux systèmes de protection contre l'incendie des locaux traitant des produits radioactifs d'un montant de 1 829 861 euros ainsi qu'aux installations de ventilation des locaux traitant des produits radioactifs d'un montant de 1 229 374 euros dont elle n'établit pas la nature, serait spécifiquement adapté à ses activités industrielles et, plus particulièrement, à celles de ses activités mettant en œuvre des techniques radionucléaires. Enfin, la société requérante n'apporte aucun élément permettant d'établir que les travaux des deux lots de génie civil réalisés en 2006 dans son laboratoire de préparation des produits pharmaceutiques d'un montant de 218 277 euros et de 102 875 euros seraient spécifiquement adaptés aux activités susceptibles d'y être exercées. Au surplus, et comme il a déjà été dit aux points 9 et 10, la SAS CIS Bio International ne peut, en toute hypothèse, demander l'exclusion de ses bases imposition à la taxe foncière de celles de ces immobilisations qui concernent ses dépenses de protection contre l'incendie comptabilisées de 2014 à 2016 et ses dépenses de ventilation qui ont été comptabilisées de 2014 à 2017, qui n'ont pas été retenues par l'administration lors de l'évaluation de ses bases imposables.

15. En quatrième lieu, aux termes du I de l'article 1517 du code général des impôts : " I. 1. Il est procédé, annuellement, à la constatation des constructions nouvelles et des changements de consistance ou d'affectation des propriétés bâties et non bâties. Il en va de même pour les changements de caractéristiques physiques ou d'environnement quand ils entraînent une modification de plus d'un dixième de la valeur locative. () " La SAS CIS Bio International ne peut utilement soutenir que les impositions en litige en tant qu'elles concernent des travaux d'entretien d'un montant total de 2 946 213 euros, des travaux de peinture à hauteur de 447 477 euros et, enfin, des travaux de faibles importance d'un montant de 2 238 145 euros auraient été établies en méconnaissance de ces dispositions, dès lors qu'il est constant que la réévaluation de sa base imposable résulte, non de l'un des changements mentionnés à l'article 1517 du code général des impôts, mais de l'application de la méthode d'évaluation comptable prévue par l'article 1499 du même code.

16. En dernier lieu, aucune disposition législative ou réglementaire ne prévoit que le complément de valeur locative résultant de travaux de grosses réparations soit calculé sur une base inférieure à la valeur d'immobilisation ajoutée au bilan à l'issue de ces travaux lorsque ceux-ci ont pour objet de conforter une immobilisation ancienne sans créer une immobilisation nouvelle. Par suite et en tout état de cause, la seule circonstance que le local n°553 dit " salle blanche " a fait l'objet en 2009 et en 2013 de travaux d'un montant total de 1 681 943 euros, presque équivalent à sa précédente valeur comptable fixée, jusqu'en 2009, à 1 618 282 euros, ne suffit pas à établir que la valeur comptable de cette installation devrait être fixée à seulement 1 681 943 euros.

En ce qui concerne l'interprétation administrative de la loi fiscale :

17. En premier lieu, la SAS CIS Bio International, à laquelle il appartient d'apporter des précisions suffisantes relatives à l'existence, au contenu ainsi qu'à la référence de la doctrine administrative qu'elle invoque, n'est pas fondée à se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, de l'interprétation de la loi fiscale résultant de l'instruction publiée sous la référence BOI-IF-TFB-10-10-10 du 12 septembre 2012 dont elle n'indique pas le paragraphe auquel elle fait référence et qui ferait, selon elle, une interprétation de la loi fiscale différente de celle dont il a été fait application au point 9 en ce qui concerne les biens ne faisant pas corps avec la construction.

18. En deuxième lieu, la SAS CIS Bio International n'est pas non plus fondée à se prévaloir au même titre de l'interprétation de la loi fiscale résultant du paragraphe n°170 de l'instruction publiée sous la référence BOI-IF-TFB-10-50-30 du 12 septembre 2012 qui ne donne pas de la loi fiscale une interprétation différente de celle dont il est fait application aux points 11 à 13 en ce qui concerne les biens d'équipements spécialisés.

19. En troisième lieu, la SAS CIS Bio International dont la réévaluation de l'assiette imposable résulte, comme il a été dit au point 14, non de l'un des changements mentionnés à l'article 1517 du code général des impôts, mais de l'application de la méthode d'évaluation comptable, n'est pas davantage fondée à se prévaloir, au même titre, de l'interprétation de la loi fiscale résultant des paragraphes n°150 et n°160 de l'instruction publiée sous la référence BOI-IF-TFB-20-20-10-10-20, qui ne concerne que l'interprétation des dispositions de l'article 1517 du code général des impôts.

20. En quatrième et dernier lieu, la SAS CIS Bio International, qui n'établit pas, ni d'ailleurs n'allègue, que les travaux de grosses réparations effectués en 2009 et en 2013 sur sa " salle blanche " ou que les travaux de génie civil de 218 277 euros et 102 875 euros réalisés en 2006 sur le bâtiment abritant son laboratoire de préparation des produits pharmaceutiques, n'auraient apporté aucune amélioration à ces deux installations, n'est pas fondée à se prévaloir de l'interprétation de la loi fiscale résultant du paragraphe n° 230 de l'instruction publiée sous la référence BOI-IF-TFB-20-20-10-20 du 22 juillet 2014 qui, si elle admet que le complément de valeur locative résultant de grosses réparations ne soit pas calculé sur la base de la valeur d'immobilisation ajoutée au bilan à l'issue des travaux mais sur une base inférieure, précise néanmoins qu'il ne peut en aller ainsi que lorsque les travaux de réparation considérés n'apportent aucune amélioration à l'établissement.

21. Il résulte de tout ce qui précède que SAS CIS bio international n'est pas fondée à demander la réduction des cotisations de cotisation foncière des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020 dans la commune de Saclay (Essonne).

Sur les frais liés au litige :

22. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme sollicitée par la SAS CIS bio international en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête à concurrence de la somme de 87 674 euros au titre de l'année 2019 et de 87 357 euros au titre de l'année 2020.

Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée CIS Bio International et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.

Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Mauny, président,

M. Lutz, premier conseiller,

M. Le Vaillant, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.

Le rapporteur,

Signé

A. Le Vaillant

Le président,

Signé

O. MaunyLa greffière,

Signé

C. Benoit-Lamaitrie

La République mande et ordonne au ministre de l'Economie et des Finances en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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