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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2110364

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2110364

lundi 11 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2110364
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation9ème chambre
Avocat requérantDEBOOSERE LEPIDI

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 28 novembre 2021, 2 juin 2022 et 6 juin 2022, sous le n° 2110364, la SARL EPTP, représentée par Me Deboosere-Lepidi, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 12 octobre 2021 par lequel le préfet des Yvelines a prononcé des prescriptions de mesure de mise en sécurité et des mesures d'urgence prises à titre conservatoire.

Elle soutient que :

- la décision querellée ne reproduit, ni ne contient l'arrêté de délégation de pouvoirs ni de signature publiée au recueil des actes administratifs, ni la copie de l'ampliation de l'arrêté ;

- elle a demandé en vain un délai supplémentaire à l'inspecteur de l'environnement pour répondre au mieux aux sollicitations des services préfectoraux ; les services de la préfecture n'ont pas attendu l'expiration de ce délai pour statuer ;

- le rapport des installations classées ne contient ni le rapport d'intervention des gendarmes, ni le rapport de l'OCLAESP, ni la signature des autorités ;

- le rapport sur lequel repose l'arrêté querellé n'est pas motivé ;

- l'arrêté vise les dispositions relatives à l'ISDI alors que cette législation n'est pas applicable car seules sont applicables les dispositions relatives aux déclarations préalables ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation car elle a employé la technique de " valorisation de déchets inertes " et car le risque environnemental est écarté ;

- s'agissant de la violation de l'article R. 512-46-1 du code de l'environnement, elle a déposé un dossier en cours de régularisation à la suite de la déclaration préalable initiale déposée le 4 novembre 2020 au terme de laquelle elle s'est vu notifié un arrêté de non opposition le 25 juin 2021 ; s'agissant de l'origine des déchets et matériaux stockés sur les parcelles AR 12 et ZC 53, elle justifie de documents de traçabilité et de bons de suivi, l'arrêté querellé mentionnant à cet égard que l'origine des déchets n'est pas connue ; s'agissant de la pollution du sol et du sous-sol par les déchets et matériaux, le motif est putatif car l'origine n'est pas connue ; il n'y a aucune urgence ;

- le préfet a commis une faute lourde ;

- l'arrêté l'a placée dans une situation vulnérable.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 11 février 2022 et 22 juin 2022, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête de la SARL EPTP.

Il soutient que :

- par arrêté du 5 février 2021, M. Etienne Desplanques, secrétaire général de la préfecture des Yvelines a reçu une délégation de signature, publié au recueil des administratifs n° 78-2021-030 ;

- il n'était pas nécessaire d'annexer l'arrêté préfectoral de délégation de signature à la décision contestée ;

- ne s'agissant pas d'une opération de valorisation, l'exploitation des déchets ne peut être réalisée dans le cadre d'une déclaration préalable propre à l'aménagement des parcelles AR 12 et ZC 53 ; il s'agit d'une opération de stockage de déchets inertes qui doit être régularisée ;

- il a été prescrit à l'exploitant de caractériser les déchets présents sur le site, soit d'assurer leur traçabilité ; le rapport HETRE fourni par celui-ci porte uniquement sur les trois prélèvements réalisés au droit du site et les résultats d'analyse ; il n'est pas fait mention de traçabilité ; l'article 5 de l'arrêté a prescrit des études complémentaires en l'absence des éléments justificatifs mentionnés à l'article 4 ;

- il revient à l'exploitant de démontrer la nature des déchets utilisés et de l'opération de valorisation dont ces derniers doivent faire l'objet ; si les bons de suivi démontrent la provenance des déchets, ils ne renseignent pas sur leur composition, leur traitement futur ;

- c'est l'incertitude liée à la caractérisation des matériaux et des déchets stockés qui exige des mesures conservatoires ; il ne suffit pas de démontrer l'absence de pollution pour justifier l'absence de recours à la procédure d'enregistrement.

II. Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 3 janvier 2022 et 2 juin 2022, sous le n° 2200015, la SARL EPTP, représentée par Me Deboosere-Lepidi, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 28 octobre 2021 du préfet des Yvelines en ce qu'il comportait une mise en demeure de régulariser la situation administrative et de procéder à une remise en état, de condamner l'Etat à lui verser la somme de 140 000 euros au titre de son préjudice en réparation des troubles causés par l'administration dans sa situation économique avec intérêts au taux légal et la somme de 60 000 euros au titre de l'atteinte portée à sa réputation enfin, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 12 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, au soutien des mêmes moyens que ceux développés dans la requête n° 2110364.

Elle soutient en outre que :

- elle a régularisé le 4 décembre 2020, puis le 4 et le 29 avril 2021, une déclaration préalable qui a donné lieu à un arrêté de non opposition à déclaration préalable du maire de Saint-Rémy l'Honoré le 25 juin 2021 ; l'administration n'a pas établi l'existence d'une atteinte aux intérêts protégés par l'article L. 511-1 du code de l'environnement ;

- le préfet lui a imposé des prescriptions qui apparaissent illégales en ce qu'elles reposent sur une erreur manifeste d'appréciation qui induit une indemnisation forfaitaire qui ne saurait être inférieure à 100 000 euros ; elle a en outre subi une atteinte à l'honneur et à la réputation ;

- l'arrêté l'a placée dans une situation vulnérable.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 11 février 2022 et 22 juin 2022, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête de la SARL EPTP.

Il soutient que :

- la constatation des faits par l'inspection des installations classées justifiait la mise en demeure ainsi que des mesures de mise en sécurité et d'urgence ;

- la société requérante ne démontre pas l'existence d'une opération de valorisation ; il a été constaté par l'inspection une exploitation de déchets inertes non enregistrée ; cette exclusion de la qualification d'opération de valorisation a été confirmée par la direction départementale des territoires dans un avis défavorable d'août 2021 ; la qualification de stockage de déchets inertes doit prévaloir ; le rapport de la société HETRE ne modifie pas l'appréciation de l'illégalité de l'exploitation d'une installation de stockage de déchets inertes ;

- aucune faute n'a été commise par l'administration.

Les parties ont été informées, par une lettre en date du 3 juin 2022, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires présentées dans la requête n° 2110364 après l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois.

Vu :

- les autres pièces des dossiers ;

- l'ordonnance n° 2200927 du 8 février 2022 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Versailles a rejeté la demande de suspension des arrêtés des 12 et 28 octobre 2021.

Vu :

- la directive 2008/98/CE du 19 novembre 2008 ;

- le code d'environnement ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Fraisseix, premier conseiller ;

- les conclusions de Mme Mathou, rapporteure publique ;

- et les observations de Mme A, mandatée par le préfet des Yvelines pour le représenter.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes présentées par la SARL EPTP et enregistrées respectivement sous les nos 2110364 et 2200015, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. La SARL EPTP demande au tribunal d'une part, d'annuler les arrêtés du 12 octobre 2021 du préfet des Yvelines prononçant des prescriptions de mesure de mise en sécurité et des mesures d'urgence prises à titre conservatoire et du 28 octobre 2021 portant mise en demeure de régulariser sa situation administrative ainsi que de procéder à une remise en état d'autre part, de l'indemniser des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison de ces arrêtés.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Il appartient au juge du plein contentieux des installations classées pour la protection de l'environnement d'apprécier le respect des règles de procédure régissant la demande d'autorisation au regard des circonstances de fait et de droit en vigueur à la date de délivrance de l'autorisation et celui des règles de fond régissant l'installation au regard des circonstances de fait et de droit en vigueur à la date à laquelle il se prononce. Les obligations relatives à la composition du dossier de demande d'autorisation d'une installation classée relèvent des règles de procédure. Les inexactitudes, omissions ou insuffisances affectant ce dossier ne sont susceptibles de vicier la procédure et ainsi d'entacher d'irrégularité l'autorisation que si elles ont eu pour effet de nuire à l'information complète de la population ou si elles ont été de nature à exercer une influence sur la décision de l'autorité administrative. En outre, eu égard à son office, le juge du plein contentieux des installations classées peut prendre en compte la circonstance, appréciée à la date à laquelle il statue, que de telles irrégularités ont été régularisées, sous réserve qu'elles n'aient pas eu pour effet de nuire à l'information complète de la population.

4. En premier lieu, par arrêté du 5 février 2021, M. B D, sous-préfet, secrétaire général de la préfecture des Yvelines, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 78-2021-030 du 8 février 2021, a reçu délégation de signature " à l'effet de signer tous actes, arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département des Yvelines, à l'exception des mesures de réquisitions prises en application de la loi du 11 juillet 1938, déclinatoires de compétence, arrêtés de conflit ". En outre, cette délégation de signature présentant un caractère réglementaire, aucune disposition législative ou réglementaire n'imposait qu'elle fût jointe à l'arrêté querellé. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté contesté du 12 octobre 2021 manque en fait et doit être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 171-6 du code de l'environnement : " Lorsqu'un agent chargé du contrôle établit à l'adresse de l'autorité administrative compétente un rapport faisant état de faits contraires aux prescriptions applicables, en vertu du présent code, à une installation, un ouvrage, des travaux, un aménagement, une opération, un objet, un dispositif ou une activité, il en remet une copie à l'intéressé qui peut faire part de ses observations à l'autorité administrative ". Aux termes de l'article L. 514-5 du même code : " L'exploitant est informé par l'inspecteur des installations classées des suites du contrôle. L'inspecteur des installations classées transmet son rapport de contrôle au préfet et en fait copie simultanément à l'exploitant. Celui-ci peut faire part au préfet de ses observations ".

6. Il résulte de l'instruction que le préfet des Yvelines a prescrit, le 12 octobre 2021, des mesures de mise en sécurité et d'urgence à titre conservatoire, puis a adressé le 13 octobre 2021 à la société requérante, par courrier recommandé avec accusé de réception, une proposition de mise en demeure, reçu le 14 octobre 2021 enfin, a, le 28 octobre 2021, en l'absence de réception d'observations de la part de l'exploitant, mis en demeure celui-ci de régulariser sa situation administrative. S'il est constant que le délai de quinze jours imparti par l'administration, qui n'y était pas tenue par les dispositions législatives et réglementaires applicables, à la SARL EPTP afin de présenter d'éventuelles observations n'a pas été strictement respecté, d'une part, la société requérante n'a sollicité le bénéfice d'un délai supplémentaire que le 29 octobre 2021, soit le jour de l'expiration du délai imparti, alors même qu'elle disposait depuis le 25 octobre 2021 du rapport définitif d'analyses chimiques commandé par elle auprès de la société HETRE sur la nature des sols des parcelles AR 12 et ZC 53, d'autre part, et à supposer même qu'elle aurait été en mesure de présenter des observations avant le 29 octobre 2021, la société requérante ne précise ni le contenu ni la nature des observations qu'elle aurait entendu faire valoir auprès du préfet des Yvelines. Dans ces circonstances très particulières, la SARL EPTP ne saurait être regardée comme ayant été privée d'une garantie substantielle. Enfin, il ne résulte d'aucune disposition législative ou réglementaire que le rapport des installations classées aurait dû contenir le rapport d'intervention des gendarmes du poste à cheval de Saint-Nom-la-Bretèche ainsi que le rapport de l'office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique, pas davantage être revêtu de la signature de ces autorités. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire doit être écarté.

7. En dernier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 171-7 du code de l'environnement : " I. -Indépendamment des poursuites pénales qui peuvent être exercées, lorsque des installations ou ouvrages sont exploités, des objets et dispositifs sont utilisés ou des travaux, opérations, activités ou aménagements sont réalisés sans avoir fait l'objet de l'autorisation, de l'enregistrement, de l'agrément, de l'homologation, de la certification ou de la déclaration requis en application du présent code, ou sans avoir tenu compte d'une opposition à déclaration, l'autorité administrative compétente met l'intéressé en demeure de régulariser sa situation dans un délai qu'elle détermine, et qui ne peut excéder une durée d'un an. Elle peut, par le même acte ou par un acte distinct, suspendre le fonctionnement des installations ou ouvrages, l'utilisation des objets et dispositifs ou la poursuite des travaux, opérations, activités ou aménagements jusqu'à ce qu'il ait été statué sur la déclaration ou sur la demande d'autorisation, d'enregistrement, d'agrément, d'homologation ou de certification, à moins que des motifs d'intérêt général et en particulier la préservation des intérêts protégés par le présent code ne s'y opposent. -L'autorité administrative peut, en toute hypothèse, édicter des mesures conservatoires aux frais de la personne mise en demeure. L'autorité administrative peut, à tout moment, afin de garantir la complète exécution des mesures prises en application des deuxième et troisième alinéas du présent I : 1° Ordonner le paiement d'une astreinte journalière au plus égale à 1 500 € applicable à partir de la notification de la décision la fixant et jusqu'à satisfaction de ces mesures. L'astreinte est proportionnée à la gravité des manquements constatés et tient compte notamment de l'importance du trouble causé à l'environnement. Les deuxième et dernier alinéas du 1° du II de l'article L. 171-8 s'appliquent à l'astreinte ; 2° Faire procéder d'office, en lieu et place de la personne mise en demeure et à ses frais, à l'exécution des mesures prescrites. II. - S'il n'a pas été déféré à la mise en demeure à l'expiration du délai imparti, ou si la demande d'autorisation, d'enregistrement, d'agrément, d'homologation ou de certification est rejetée, ou s'il est fait opposition à la déclaration, l'autorité administrative ordonne la fermeture ou la suppression des installations ou ouvrages, la cessation de l'utilisation ou la destruction des objets ou dispositifs, la cessation définitive des travaux, opérations, activités ou aménagements et la remise des lieux dans un état ne portant pas préjudice aux intérêts protégés par le présent code. Elle peut faire application du II de l'article L. 171-8 aux fins d'obtenir l'exécution de cette décision. III. - Sauf en cas d'urgence, et à l'exception de la décision prévue au premier alinéa du I du présent article, les mesures mentionnées au présent article sont prises après avoir communiqué à l'intéressé les éléments susceptibles de fonder les mesures et l'avoir informé de la possibilité de présenter ses observations dans un délai déterminé ". L'article L. 171-11 dispose de ce code que : " Les décisions prises en application des articles L. 171-7, L. 171-8 et L. 171-10 sont soumises à un contentieux de pleine juridiction ". Il résulte des dispositions de l'article L. 171-11 du code de l'environnement que les décisions prises en application des articles L. 171-7, L. 171-8 et L. 171-10 de ce code, au titre des contrôles administratifs et mesures de police administrative en matière environnementale, sont soumises à un contentieux de pleine juridiction. Il appartient au juge de ce contentieux de pleine juridiction de se prononcer sur l'étendue des obligations mises à la charge des exploitants par l'autorité compétente au regard des circonstances de fait et de droit existant à la date à laquelle il statue.

8. D'autre part, aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'environnement : " Sont soumis aux dispositions du présent titre les usines, ateliers, dépôts, chantiers et, d'une manière générale, les installations exploitées ou détenues par toute personne physique ou morale, publique ou privée, qui peuvent présenter des dangers ou des inconvénients soit pour la commodité du voisinage, soit pour la santé, la sécurité, la salubrité publiques, soit pour l'agriculture, soit pour la protection de la nature, de l'environnement et des paysages, soit pour l'utilisation rationnelle de l'énergie, soit pour la conservation des sites et des monuments ainsi que des éléments du patrimoine archéologique ". Aux termes de l'article L. 511-2 du même code : " Les installations visées à l'article L. 511-1 sont définies dans la nomenclature des installations classées établie par décret en Conseil d'Etat, pris sur le rapport du ministre chargé des installations classées, après avis du Conseil supérieur de la prévention des risques technologiques. Ce décret soumet les installations à autorisation, à enregistrement ou à déclaration suivant la gravité des dangers ou des inconvénients que peut présenter leur exploitation ". L'article L. 512-7 du même code dispose que : " I. - Sont soumises à autorisation simplifiée, sous la dénomination d'enregistrement, les installations qui présentent des dangers ou inconvénients graves pour les intérêts mentionnés à l'article L. 511-1, lorsque ces dangers et inconvénients peuvent, en principe, eu égard aux caractéristiques des installations et de leur impact potentiel, être prévenus par le respect de prescriptions générales édictées par le ministre chargé des installations classées. / Les activités pouvant, à ce titre, relever du régime d'enregistrement concernent les secteurs ou technologies dont les enjeux environnementaux et les risques sont bien connus, lorsque les installations ne sont soumises ni à la directive 2010/75/ UE du Parlement européen et du Conseil du 24 novembre 2010 relative aux émissions industrielles au titre de son annexe I, ni à une obligation d'évaluation environnementale systématique au titre de l'annexe I de la directive 85/337/ CEE du 27 juin 1985 concernant l'évaluation des incidences de certains projets publics et privés sur l'environnement () ". L'article R. 511-9 de ce code dispose que : " La colonne "A" de l'annexe au présent article constitue la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement ". Selon cette annexe, la rubrique 2760-3 relative aux installations de stockage de déchets inertes est soumise à un enregistrement. Aux termes de l'article R. 512-46-1 : " Toute personne qui se propose de mettre en service une installation soumise à enregistrement adresse, dans les conditions de la présente sous-section, une demande au préfet du département dans lequel cette installation doit être implantée. () ".

9. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 541-1-1 du même code, dans sa rédaction résultant de l'ordonnance du 17 décembre 2010 portant diverses dispositions d'adaptation au droit de l'Union européenne dans le domaine des déchets, qui a procédé à la transposition dans l'ordre interne de la directive 2008/98/CE du 19 novembre 2008 relative aux déchets : " Au sens du présent chapitre, on entend par : Déchet : toute substance ou tout objet, ou plus généralement tout bien meuble, dont le détenteur se défait ou dont il a l'intention ou l'obligation de se défaire ; () / Traitement : toute opération de valorisation ou d'élimination, y compris la préparation qui précède la valorisation ou l'élimination ; () / Valorisation : toute opération dont le résultat principal est que des déchets servent à des fins utiles en substitution à d'autres substances, matières ou produits qui auraient été utilisés à une fin particulière, ou que des déchets soient préparés pour être utilisés à cette fin, y compris par le producteur de déchets ; / () ". Aux termes de l'article L. 541-2 : " Tout producteur ou détenteur de déchets est tenu d'en assurer ou d'en faire assurer la gestion, conformément aux dispositions du présent chapitre. / Tout producteur ou détenteur de déchets est responsable de la gestion de ces déchets jusqu'à leur élimination ou valorisation finale, même lorsque le déchet est transféré à des fins de traitement à un tiers. / Tout producteur ou détenteur de déchets s'assure que la personne à qui il les remet est autorisée à les prendre en charge ". Aux termes de l'article L. 541-4 : " Les dispositions du présent chapitre s'appliquent sans préjudice des dispositions spéciales concernant notamment les installations classées pour la protection de l'environnement () ". Aux termes de l'article L. 541-4-2 : " Une substance ou un objet issu d'un processus de production dont le but premier n'est pas la production de cette substance ou cet objet ne peut être considéré comme un sous-produit et non comme un déchet au sens de l'article L. 541-1-1 que si l'ensemble des conditions suivantes est rempli : - l'utilisation ultérieure de la substance ou de l'objet est certaine ; / - la substance ou l'objet peut être utilisé directement sans traitement supplémentaire autre que les pratiques industrielles courantes ; / - la substance ou l'objet est produit en faisant partie intégrante d'un processus de production ; / - la substance ou l'objet répond à toutes les prescriptions relatives aux produits, à l'environnement et à la protection de la santé prévues pour l'utilisation ultérieure ; / - la substance ou l'objet n'aura pas d'incidences globales nocives pour l'environnement ou la santé humaine. / Les opérations de traitement de déchets ne constituent pas un processus de production au sens du présent article ". Et aux termes de l'article R. 541-8 du code de l'environnement : " () On entend par : / () / Déchet inerte : tout déchet qui ne subit aucune modification physique, chimique ou biologique importante, qui ne se décompose pas, ne brûle pas, ne produit aucune réaction physique ou chimique, n'est pas biodégradable et ne détériore pas les matières avec lesquelles il entre en contact d'une manière susceptible d'entraîner des atteintes à l'environnement ou à la santé humaine / () ".

10. En outre, aux termes de l'article L. 541-7-1 du code de l'environnement : " Tout producteur ou, à défaut, tout détenteur de déchets est tenu de caractériser ses déchets et en particulier de déterminer s'il s'agit de déchets dangereux ou de déchets qui contiennent des substances figurant sur la liste de l'annexe IV du règlement (UE) 2019/1021 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 concernant les polluants organiques persistants, ou qui sont contaminés par certaines d'entre elles () ". Aux termes de l'article L. 541-31 de ce code : " Des décrets en Conseil d'Etat peuvent réglementer les modes d'utilisation de certains matériaux, éléments ou formes d'énergie afin de faciliter leur valorisation ou celle des matériaux ou éléments qui leur sont associés dans certaines fabrications. / La réglementation peut porter notamment sur l'interdiction de certains traitements, mélanges ou associations avec d'autres matériaux ou sur l'obligation de se conformer à certains modes de fabrication ". Aux termes de l'article L. 541-32 du même code : " Toute personne valorisant des déchets pour la réalisation de travaux d'aménagement, de réhabilitation ou de construction doit être en mesure de justifier auprès des autorités compétentes de la nature des déchets utilisés et de l'utilisation de ces déchets dans un but de valorisation et non pas d'élimination. / Dans le cadre de ces travaux, l'enfouissement et le dépôt de déchets sont interdits sur les terres agricoles, à l'exception de la valorisation de déchets à des fins de travaux d'aménagement ou de la valorisation de déchets autorisés à être utilisés comme matières fertilisantes ou supports de culture ". L'article L. 541-32-1 dispose que : " Toute personne recevant sur un terrain lui appartenant des déchets à des fins de réalisation de travaux d'aménagement, de réhabilitation ou de construction ne peut recevoir de contrepartie financière pour l'utilisation de ces déchets. Ces dispositions ne s'appliquent ni aux utilisations des déchets dans des ouvrages supportant un trafic routier, ni aux carrières en activité ". Pour l'application de la législation relative aux installations classées, doit être regardée comme déchet toute substance qui n'a pas été recherchée comme telle dans le processus de production dont elle est issue, à moins que son utilisation ultérieure, sans transformation préalable, soit certaine.

11. Enfin, la décision 2000/532/CE du 3 mai 2000 du Conseil, dans son introduction, présente une liste de déchets comme harmonisée et périodiquement révisable et précise que l'inscription sur la liste ne signifie pas que la matière ou l'objet en question soit un déchet dans tous les cas, mais seulement si la matière ou l'objet répondent à la définition du terme " déchet " figurant à l'article 1er, point a), de la directive 75/442/CEE.2, qui a été repris depuis à l'article 3, point 1) de la directive 2008/98/CE. Selon ce dernier article, " On entend par " déchets " : toute substance ou tout objet dont le détenteur se défait ou dont il a l'intention ou l'obligation de se défaire ". Les dispositions de l'article L. 541-1-1 du code de l'environnement reprennent cette définition dans le droit national. L'article 7 de la directive 2008/98/CE, relatif à la liste de déchets, prévoit lui-même que la présence d'une substance ou d'un objet dans la liste ne signifie pas forcément qu'il soit un déchet dans tous les cas, sauf s'il répond à la définition visée à l'article 3, point 1. Selon la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne, il découle du libellé de l'article 3, point 1 de cette directive que le champ d'application de la notion de déchet dépend de la signification du terme " se défaire " et il ressort des dispositions de la directive que ce terme englobe notamment l'élimination et la valorisation d'une substance ou d'un objet. Selon cette jurisprudence, certaines circonstances peuvent constituer des indices de l'existence d'une action, d'une intention ou d'une obligation de s'en défaire, notamment lorsque la substance utilisée est un résidu de production ou de consommation, c'est-à-dire un produit qui n'a pas été recherché comme tel (Arrêt de la Cour du 15 juin 2000 ARCO Chemie Nederland Ltd (C-418/97)). Outre le critère tiré de sa nature de résidu, la jurisprudence a précisé que la matière ne pouvait être considérée comme un sous-produit dont le détenteur ne souhaite pas se défaire, que si sa réutilisation, y compris pour les besoins d'opérateurs économiques autres que celui qui l'a produit, est non simplement éventuelle, mais certaine, ne nécessite pas de transformation préalable et intervient dans la continuité du processus de production ou d'utilisation (Arrêt de la Cour du 18 avril 2002 Palin Granit Oy et Vehmassalon kansanterveystyön kuntayhtymän hallitus (C-9/00) et Arrêt de la Cour du 18 décembre 2007 Commission des Communautés européennes contre République italienne (C-263/05)).

12. Aux termes de l'article 5 de la directive 2008/98/CE modifiée : " 1. Une substance ou un objet issu d'un processus de production dont le but premier n'est pas la production dudit bien ne peut être considéré comme un sous-produit et non comme un déchet au sens de l'article 3, point 1, que si les conditions suivantes sont remplies:/ a) l'utilisation ultérieure de la substance ou de l'objet est certaine ; / b) la substance ou l'objet peut être utilisé directement sans traitement supplémentaire autre que les pratiques industrielles courantes ; / c) la substance ou l'objet est produit en faisant partie intégrante d'un processus de production; et / d) l'utilisation ultérieure est légale, c'est-à-dire que la substance ou l'objet répond à toutes les prescriptions pertinentes relatives au produit, à l'environnement et à la protection de la santé prévues pour l'utilisation spécifique et n'aura pas d'incidences globales nocives pour l'environnement ou la santé humaine ". Aux termes de l'article L. 541-4-2 du code de l'environnement pris pour la transposition des dispositions précitées de la directive 2008/98/CE : " Une substance ou un objet issu d'un processus de production dont le but premier n'est pas la production de cette substance ou cet objet ne peut être considéré comme un sous-produit et non comme un déchet au sens de l'article L. 541-1-1 que si l'ensemble des conditions suivantes est rempli : / - l'utilisation ultérieure de la substance ou de l'objet est certaine ; / - la substance ou l'objet peut être utilisé directement sans traitement supplémentaire autre que les pratiques industrielles courantes ; /- la substance ou l'objet est produit en faisant partie intégrante d'un processus de production ; / - la substance ou l'objet répond à toutes les prescriptions relatives aux produits, à l'environnement et à la protection de la santé prévues pour l'utilisation ultérieure ; / - la substance ou l'objet n'aura pas d'incidences globales nocives pour l'environnement ou la santé humaine ".

13. En l'espèce, le 4 décembre 2020, M. C, propriétaire des parcelles cadastrées n° AR 12, sur le territoire de la commune de Saint-Rémy-l'Honoré, et n° ZC 53, sur le territoire de la commune de Tremblay-sur-Maulde, a déposé un dossier de déclaration préalable auprès de la commune de Saint-Rémy-l'Honoré aux fins d'aménager les parcelles précitées pour y implanter une plateforme maraîchère pour plantation de poiriers. À la suite des arrêtés de non-opposition délivrés les 25 juin 2021 et 25 juillet 2021 par les maires de Saint-Rémy-l'Honoré et de Tremblay-sur-Mauldre, la SARL EPTP a été sollicitée pour procéder aux opérations de terrassement. Le 6 octobre 2021, un inspecteur de l'inspection des installées classées s'est rendu sur les sites des parcelles nos AR 12 et ZC 53 et a constaté l'exploitation d'une installation de stockage de déchets inertes non enregistrée en méconnaissance de la rubrique 2760-3 de la nomenclature des installations classées, l'absence de dossier de demande d'enregistrement conformément aux dispositions de l'article R. 512-46-1 du code de l'environnement, la nature, l'origine, la quantité et la qualité des déchets et matériaux stockés mis en place par la société EPTP n'étant pas connues et qu'un risque de pollution du sols et du sous-sol ne devait pas, dans ces conditions, être écarté. Par les arrêtés querellés, le préfet des Yvelines a prescrit des mesures de mise en sécurité et d'urgence à titre conservatoire, mis en demeure la SARL EPTP de régulariser sa situation administrative et de procéder à une remise en état.

14. La SARL EPTP soutient qu'elle a déposé un dossier en cours de régularisation à la suite d'une déclaration préalable initiale déposée le 4 décembre 2020, complétée les 6 avril 2021 et 19 avril 2021, au terme de laquelle elle s'est vu délivrer un arrêté de non-opposition à ses demandes du 25 juin 2021 et qu'elle justifie de " documents de traçabilité " et de " bons de suivi " ainsi que de rapports de sol, selon les normes CERFA BSD ou/et BST démontrant l'absence totale de pollution des sols et du sous-sol, le préfet des Yvelines reconnaissant lui-même que l'origine des déchets n'est pas connue.

15. Toutefois, il résulte de l'instruction d'une part, qu'a été constatée par l'inspection des installations classées une exploitation de déchets inertes non enregistrée, des déchets de chantier étant placés en fond de structure et recouverts de terres limoneuses issues du site, la nature des déchets stockés étant en outre apparentée à des déchets de démolition composés de béton concassé, de briques et de terre de déblais issus de terrassements urbains. En outre, a également été constatée la mise en place de merlons de terre végétale et de terre limoneuse sur le pourtour du site, la société requérante ayant reconnu que ces merlons étaient constitués avec les matériaux du site après les opérations préparatoires de décapage et de terrassement. Si l'enfouissement et le dépôt de déchets, en principe interdits sur les terres agricoles, sont autorisés dans le cadre d'opérations de valorisation de déchets à des fins de travaux d'aménagement ou à des fins d'utilisation comme matières fertilisantes ou supports de culture, en se bornant à faire état de la régularité de sa candidature à des marchés publics de travaux, la SARL EPTP ne démontre pas l'utilité de l'opération comme motif principal de sa réalisation, cette opération ne pouvant en conséquence être regardée comme une opération de valorisation, ainsi que l'a au demeurant signifié la direction départementale des territoires des Yvelines dans son courrier du 11 août 2021 en raison " des impacts prévisibles du projet sur l'environnement, mais également en l'absence de toute finalité d'économie de ressources naturelles ". En tout état de cause, la circonstance que les terres de chantiers feraient l'objet d'une revalorisation au sens des dispositions des articles L. 541-31 et suivants du code de l'environnement est sans incidence sur leur qualification de déchets et ne fait pas obstacle à ce qu'elles relèvent de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que les matériaux déposés sur les parcelles nos AR 12 et ZC 53 ne peuvent être qualifiés de déchets et les déclarations préalables déposées par la SARL EPTP au titre du code de l'urbanisme auprès des communes de Saint-Rémy-l'Honoré et de Tremblay-sur-Maulde ne sauraient être de nature à assurer la mise en conformité de cette société au regard des prescriptions de la police des installations classées. En effet, les non oppositions des maires de Tremblay-sur-Mauldre, en date du 25 juillet 2018, et de Saint-Rémy-l'Honoré, en date du 25 juin 2021, aux déclarations préalables de M. C pour obtenir l'autorisation d'aménager par des travaux d'affouillement et d'exhaussement la parcelle no ZC 53 mise à sa disposition, en vue de sa mise en culture, et la réalisation de plateformes sur la parcelle no AR 12, ne dispensaient pas à cet égard la SARL EPTP de déposer un dossier d'enregistrement au titre de la législation des installations classées pour stocker et traiter les déchets inertes constitués de terres en provenance de chantiers. Il s'ensuit que le préfet des Yvelines a pu à bon droit considérer, au regard des dispositions précitées, que les terres issues de chantiers déposées par la SARL EPTP sur les parcelles nos AR 12 et ZC 53 des communes de Saint-Rémy-l'Honoré et de Tremblay-sur-Mauldre constituaient des déchets et que la société requérante exerçait une activité de stockage de déchets inertes relevant de la rubrique 2760-3 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement, sans avoir au préalable respecté l'obligation d'enregistrement sur le fondement des dispositions de l'article R. 512-46-21 du code de l'environnement.

16. D'autre part, si la société EPTP fait état d'un rapport d'analyse des sols en date du 3 novembre 2021, réalisé par la société HETRE, dont les résultats ne mettent en évidence vis-à-vis des critères de l'arrêté du 12 décembre 2014 fixant la liste et les caractéristiques des déchets admissibles en installation de stockage de déchets inertes aucun dépassement associé en sulfates sur les échantillons analysés, toutefois, ce rapport ne porte que sur les trois prélèvements réalisés au droit du site sans étude de traçabilité et ne remet pas en cause l'illégalité de l'exploitation d'une installation de stockage de déchets inertes par la société requérante, l'absence éventuelle de pollution ne justifiant en tout état de cause pas l'absence de recours à la procédure d'enregistrement précédemment évoquée. Ainsi, la SARL EPTP n'établit pas, par la seule production de cette étude de sols, que les terres déposées ne seraient pas dangereuses pour l'environnement ou la santé humaine et auraient notamment été conformes aux normes applicables en matière de pollution des sols pour être utilisées, sans transformation préalable, sur des parcelles destinées à être mises en culture. En l'absence d'éléments de traçabilité des déchets et matériaux quant à leur nature, leur origine, leur quantité et l'identité du producteur, apportés sur les parcelles cadastrales nos AR 12 et ZC 53, et en l'absence de justification par la société requérante de la qualité des déchets apportés en mélange avec des déchets de terre, c'est à bon droit que le préfet des Yvelines a exigé en urgence des études complémentaires de nature à caractériser les déchets et matériaux inertes stockés relevant de la rubrique 2760 de la nomenclature des installations classées sur le fondement de l'article L. 171-7 du code de l'environnement.

17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par la SARL EPTP doivent être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires :

18. Comme il vient d'être dit, le préfet des Yvelines n'a commis aucune faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat en prononçant des prescriptions de mise en sécurité et des mesures d'urgence prises à titre conservatoire puis en prononçant à l'encontre de la société requérante une mise en demeure de régulariser sa situation administrative au regard de la législation des installations classées. Il s'ensuit que les conclusions indemnitaires présentées par la société EPTP doivent être rejetées, y compris celles à fin d'octroi des intérêts au taux légal.

Sur les frais liés au litige :

19. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y pas lieu à cette condamnation ". En vertu des dispositions précitées, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la SARL EPTP doivent, dès lors, être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de la SARL EPTP sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL EPTP et au préfet des Yvelines.

Délibéré après l'audience du 27 juin 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Descours-Gatin, présidente,

M. Fraisseix, premier conseiller,

Mme Kanté, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2022.

Le rapporteur,

signé

P. Fraisseix

La présidente,

signé

Ch. Descours-Gatin

La greffière,

signé

B. Bartyzel

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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