mardi 18 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2201099 |
| Type | Décision |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | DESPRES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 11 février et 25 novembre 2022, 14 septembre et 19 octobre 2023, M. C B, représenté par Me Sophie Julienne, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 août 2021 par laquelle le maire de Houilles a délivré à la SCI des Vieux chênes un permis de construire visant à la réalisation d'une maison individuelle sur un terrain cadastré AK861, ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Houilles une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a intérêt à agir ; sa requête n'est pas tardive ;
- le permis de construire est entaché d'une double fraude ; la parcelle AK861 résulte d'un projet de division de la parcelle AK856 non réalisé ; la SCI des Vieux chênes ne justifie d'aucun titre sur la parcelle AK856 lui permettant de déposer la demande de permis de construire ;
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article UH 4.2 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) ;
- le permis de construire méconnaît les dispositions des articles UH 4.3, UH 9 et UH 13 du règlement du PLU.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 juillet, 26 septembre et 1er novembre 2023, la commune de Houilles, représentée par Me Jean-Louis Després, conclut au rejet de la requête ainsi qu'à la mise à la charge du requérant de la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- M. B n'a pas intérêt à agir ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 20 septembre 2022, la SCI des Vieux chênes conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fejérdy, première conseillère,
- les conclusions de Mme Mathé, rapporteure publique,
- et les observations de Me Després, représentant la commune de Houilles.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 11 août 2021, le maire de Houilles a délivré à la SCI des Vieux chênes un permis de construire autorisant la réalisation d'une maison individuelle sur le terrain cadastré AK859 et 861. M. B, voisin immédiat du projet, demande l'annulation de cet arrêté ainsi que de la décision implicite ayant rejeté son recours gracieux.
2. En premier lieu, une autorisation d'urbanisme n'ayant d'autre objet que d'autoriser un projet conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, l'administration n'a à vérifier ni l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joints à la demande, ni l'intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande d'autorisation. La fraude est caractérisée lorsqu'il ressort des pièces du dossier que le pétitionnaire a eu l'intention de tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme.
3. D'une part, il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 26 octobre 2020, le maire de Houilles ne s'est pas opposé à la déclaration préalable visant à la division du terrain situé au 12bis rue des Vieux chênes, correspondant notamment à la division de la parcelle AK856 et à la création des parcelles AK859 et AK861. Cette division était donc, contrairement à que soutient le requérant, et nonobstant l'absence de publicité foncière, effective à la date de dépôt de la demande de permis de construire, le 6 mai 2021.
4. D'autre part, il résulte du a) de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme que les demandes de permis de construire sont adressées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés, notamment, " par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ". Aux termes de l'article R. 431-35 du même code : " La demande de permis de construire précise : a) L'identité du ou des demandeurs () La demande comporte également l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une demande de permis. "
5. Il résulte de ces dispositions que les demandes de permis de construire doivent seulement comporter l'attestation du pétitionnaire qu'il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1 précité. Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une demande de permis, la validité de l'attestation établie par le demandeur. Toutefois, lorsque l'autorité saisie d'une demande de permis de construire vient à disposer au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir son caractère frauduleux ou faisant apparaître, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le pétitionnaire ne dispose, contrairement à ce qu'implique l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, d'aucun droit à la déposer, il lui revient de refuser la demande de permis pour ce motif.
6. En l'espèce, la demande de permis de construire a été présentée sur un formulaire Cerfa comportant un cadre n°8 dans lequel la SCI des Vieux chênes a attesté avoir qualité pour présenter cette demande. Il ne ressort pas par ailleurs des pièces du dossier que le service instructeur aurait disposé, au moment où il statuait, d'informations de nature à établir le caractère frauduleux de la demande, ou faisant apparaître que la SCI des Vieux chênes, représentée par M. A, lui-même propriétaire de la parcelle 856 de la division de laquelle sont issues les parcelles 859 et 861, ne disposait d'aucun droit à la déposer. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la société pétitionnaire n'aurait pas eu qualité pour signer celle-ci. Il résulte de tout ce qui précède que le moyen tiré de la fraude doit être écarté.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article UH 4.2 du règlement du PLU : " () Eaux pluviales / D'une manière générale, toute construction ou installation doit intégrer un système d'infiltration des eaux pluviales sur le terrain. / En cas d'impossibilité technique d'infiltration sur le terrain, le projet doit prévoir un dispositif limitant le rejet des eaux pluviales dans le réseau public (). "
8. Si la notice indique que " la configuration de la parcelle ne [permet] pas la mise en place d'un puisard d'infiltration des eaux de pluie conformes ", l'article 2 de l'arrêté attaqué impose le respect, entre autres, des prescriptions définies par le service assainissement et voirie du département des Yvelines dans son avis du 2 juin 2021, portant notamment sur l'obligation d'évacuer les eaux pluviales par infiltration à la parcelle. Dès lors, le projet, autorisé sous condition du respect de ces prescriptions, ne méconnaît pas les dispositions de l'article UH 4.2 du règlement du PLU, quand bien même la construction d'un puisard respectant la distance minimale de 5 mètres par rapport aux murs serait difficile, ce qui est au demeurant contesté par la commune.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article UH4.3 du règlement du PLU : " Pour toute construction ou installation, les réseaux de distribution d'énergie doivent être réalisés en souterrain jusqu'au point de raccordement avec le réseau public, en limite de propriété ".
10. Il ressort du plan de masse et de la notice descriptive que le projet prévoit un raccordement souterrain de la construction aux réseaux vers la rue des Vieux chênes. Si le requérant soutient qu'un raccordement aérien est en réalité prévu, il ne l'établit pas par la seule production d'un courrier d'Enedis daté du 27 avril 2020, qui ne correspond pas à l'avis du 4 juin 2021 visé dans l'arrêté attaqué, et qui concerne, aux dires de la société pétitionnaire, un projet différent de celui d'espèce. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UH 4.3 doit donc être écarté.
11. En quatrième lieu, aux termes de l'article UH 9.1 du règlement du PLU : " () Dans le secteur UHb, le coefficient d'emprise au sol des constructions est limité à 0,60 soit 60% de la superficie du terrain. () " L'article R. 420-1 du code de l'urbanisme dispose que l'emprise au sol est la projection verticale du volume de la construction, tous débords et surplombs inclus.
12. Il ressort de la notice descriptive que l'emprise au sol de la construction prévue est de 59,98 m², soit moins de 60% de la surface du terrain, de 100 m². Si le requérant fait valoir que les plans produits au dossier ne sont pas à l'échelle, cette circonstance est sans incidence sur la légalité du projet au regard de l'article UH 9.1, qui s'analyse au vu de l'emprise au sol telle qu'elle est déclarée dans le dossier de demande. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient le requérant, la cour anglaise, le soubassement de la clôture et les pas japonais prévus dans le jardin, lesquels ne dépassent pas le niveau du sol, ne créent pas d'emprise au sol. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UH 9.1 doit être écarté.
13. En cinquième lieu, aux termes de l'article UH 13 du règlement du PLU : " Doivent être traités en espaces végétalisés de pleine terre, pouvant comprendre des noues, bassins végétalisés, etc : () / Dans le secteur UHb, au moins 20% de la superficie du terrain. () "
14. Il ressort de la notice descriptive et du plan de masse du dossier de demande de permis de construire déposé par la société pétitionnaire que les espaces végétalisés de pleine terre représentent une surface de 21,1 m², sans que soient pris en compte à ce titre la cour anglaise, les pas japonais et la surface couverte en evergreen. Si le requérant conteste ce chiffre, il n'établit pas en quoi il serait erroné. Dès lors, alors que les espaces végétalisés de pleine terre représentent ainsi plus de 20% de la surface du terrain, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UH 13 du règlement du PLU doit être écarté.
15. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées à la requête, que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 11 août 2021.
Sur les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
16. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Houilles, qui n'est pas la partie perdante, la somme que le requérant demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du requérant la somme de 1 000 euros à verser à la commune au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la commune de Houilles la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à la commune de Houilleset à la SCI des Vieux Chênes.
Délibéré après l'audience du 4 mars 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Doré, président,
- Mme Fejérdy, première conseillère,
- M. Kaczinski, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 mars 2025.
La rapporteure,
Signé
B. Fejérdy
Le président,
Signé
F. Doré
La greffière,
Signé
Y. Boulbaroud
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2512307
Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la requête d'un ressortissant algérien contestant le refus de titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire (OQTF) et le délai de départ volontaire. Le tribunal a jugé que le préfet des Yvelines était compétent pour signer les décisions contestées et que le refus de titre de séjour, fondé sur l'absence de contrat de travail visé par l'administration, était légal. La décision s'appuie sur les dispositions de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA).
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