vendredi 2 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2300870 |
| Type | Décision |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SFEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er février 2023 et un mémoire enregistré le 5 janvier 2024, M. B A, représenté par Me Sfez, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er décembre 2022 par laquelle le préfet des Yvelines a refusé de renouveler son titre de séjour en classant " sans suite " sa demande ;
2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la décision à intervenir et de lui délivrer un récépissé ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le classement sans suite de sa demande de renouvellement de titre de séjour est qualifiable de refus de renouvellement de ce titre et lui fait grief ;
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il a transmis les pièces réclamées par le préfet ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que son état de santé implique son maintien sur le territoire français ;
- elle porte atteinte à son droit à mener une vie privée et familiale normale, en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 juillet 2023, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Un mémoire en production de pièces a été produit par l'office français de l'immigration et de l'intégration le 8 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme Geismar, première conseillère,
- et les observations de Me Balle, substituant Me Sfez.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant gabonais né le 8 décembre 1954, a déclaré être entré en France le 28 décembre 2010. Il a obtenu un titre de séjour en raison de son état de santé, valable jusqu'au 18 juillet 2022, et en a sollicité le renouvellement. Par un courriel du 1er décembre 2022, les services préfectoraux des Yvelines l'ont informé que sa demande était classée sans suite en raison de l'incomplétude de son dossier. M. A demande l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article R.431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : 1° Les documents justifiants de son état civil ; 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; 3° Les documents justifiants de l'état civil et de la nationalité de son conjoint, de ses enfants et de ses parents lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour pour motif familial. La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents. () ". Aux termes de l'article R. 431-11 du même code : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code ".
3. En outre, selon l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office peut solliciter, le cas échéant, le médecin qui suit habituellement le demandeur ou le médecin praticien hospitalier. Il en informe le demandeur. Il peut également convoquer le demandeur pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. Le demandeur présente au service médical de l'office les documents justifiant de son identité. A défaut de réponse dans le délai de quinze jours, ou si le demandeur ne se présente pas à la convocation qui lui a été fixée, ou s'il n'a pas présenté les documents justifiant de son identité le médecin de l'office établit son rapport au vu des éléments dont il dispose et y indique que le demandeur n'a pas répondu à sa convocation ou n'a pas justifié de son identité. Il transmet son rapport médical au collège de médecins. () Le demandeur dispose d'un délai d'un mois à compter de l'enregistrement de sa demande en préfecture pour transmettre à l'office et de l'immigration et de l'intégration le certificat médical mentionné au premier alinéa. "
4. En dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer, que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet. Le refus d'enregistrer une telle demande au soutien de laquelle est présenté un dossier incomplet ne constitue une décision susceptible de faire grief et d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir sauf à ce que le requérant apporte la preuve du caractère complet du dossier déposé auprès des services préfectoraux.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A a enregistré, en préfecture, sa demande de renouvellement de titre de séjour le 8 juillet 2022. Dès lors, il disposait, ainsi que le prévoient les dispositions de l'article R. 425-12 précité, d'un délai d'un mois pour transmettre à l'office et de l'immigration et de l'intégration (OFII) le certificat médical de son médecin. Par un courrier du 11 août 2022, le préfet des Yvelines déclare avoir informé l'intéressé qu'aucun dossier médical le concernant n'avait été réceptionné par l'OFII et qu'un délai supplémentaire de quinze jours lui était octroyé. Or, le requérant démontre, d'une part, que son médecin a complété et signé le formulaire adéquat le 1er août 2022. D'autre part, il justifie avoir procédé à deux envois par lettre recommandée avec accusé de réception à l'OFII les 8 et 30 août 2022. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le médecin instructeur chargé d'émettre un rapport concernant le demandeur l'a rédigé le 5 septembre 2022, ce qui est de nature à corroborer les affirmations du requérant selon lesquelles il avait transmis les pièces demandées. Enfin, le collège des médecins de l'OFII a estimé, dans un avis du 29 septembre 2022 que la pathologie dont souffre le requérant était susceptible d'entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il ne pouvait bénéficier d'un traitement adéquat dans son pays d'origine. Dès lors, compte tenu de ces éléments, le préfet des Yvelines n'est pas fondé à soutenir ni que le dossier de demande de titre de séjour présenté par M. A était incomplet, ni que celui-ci n'avait pas transmis son dossier médical à l'instance compétente. La décision attaquée est donc entachée d'une erreur de fait.
6. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 1er décembre 2022 par laquelle le préfet des Yvelines a refusé de renouveler son titre de séjour en classant " sans suite " sa demande, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens.
7. En application de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, il y a lieu d'enjoindre au préfet des Yvelines de réexaminer la situation de M. A et d'instruire sa demande de titre de séjour dans un délai de trois mois, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.
8. Enfin, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 1er décembre 2022 du préfet des Yvelines est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Yvelines, ou au préfet territorialement compétent, de réexaminer la situation de M. A dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 19 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Gosselin, président,
- M. Maître, premier conseiller,
- Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2024.
La rapporteure,
signé
M. Geismar
Le président,
signé
C. GosselinLa greffière,
signé
I. de Dutto
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2502339
Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté les requêtes de la SA Montpellier Rugby Club visant à obtenir la décharge de la cotisation foncière des entreprises (CFE) pour les années 2022 à 2024. Le tribunal a jugé que le club disposait bien, pour les besoins de son activité professionnelle, du contrôle et de l'utilisation matérielle du stade Yves du Manoir, mis à sa disposition par la métropole via des conventions d'occupation. Cette décision s'appuie sur les dispositions des articles 1467 et 1467 A du code général des impôts définissant l'assiette de la CFE.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2506327
Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté la requête d'un ressortissant marocain demandant l'annulation d'un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF). Le tribunal a jugé que l'absence d'information sur le recours suspensif lors de la notification était sans effet sur la légalité de l'acte, et que l'exclusion du pays de renvoi à un État de l'espace Schengen ne constituait pas une atteinte disproportionnée aux droits du requérant, qui séjournait irrégulièrement. La décision s'appuie sur les articles L. 721-3 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2301139
Le Tribunal Administratif de Caen a rejeté la requête d'un agent du département de la Manche contestant son placement en disponibilité d'office pour raisons de santé. Le tribunal a jugé que la procédure était régulière, notamment en écartant l'exception de non-lieu à statuer soulevée par l'administration malgré l'admission ultérieure de l'agent à la retraite pour invalidité. La décision s'appuie sur les dispositions du code général de la fonction publique relatives aux congés de maladie et à la disponibilité d'office (articles L. 822-1, L. 514-4 et L. 826-1).
08/04/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2400190
Le Tribunal Administratif de Caen, statuant sur deux requêtes en excès de pouvoir, a rejeté la demande d'annulation de deux titres de perception émis contre une enseignante contractuelle pour recouvrer des indus de rémunération. Le tribunal a jugé que les titres étaient réguliers en la forme et que la créance n'était pas prescrite, notamment au regard des dispositions de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000. Il a également estimé que le versement d'un demi-traitement pendant l'instruction d'une demande de retraite pour invalidité ne constituait pas un droit acquis.
08/04/2026