mardi 25 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2302780 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | PATRUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 avril 2023, et trois mémoires complémentaires, enregistrés les 17, 20, 21 et 22 avril 2023, Mme I C, M. B H, Mme D E, Mme L, Mme F G et Mme A J demandent au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la délibération du conseil municipal de la commune du Chesnay-Rocquencourt, n°LCR 2022-10-22, en date du 14 décembre 2022, adoptant le nouveau périmètre scolaire.
Ils soutiennent, dans le dernier état de leurs écritures, que :
- leur requête est recevable ;
- l'urgence découle de ce que les inscriptions pour la rentrée scolaire seront closes le 7 avril 2023 ;
- le doute sérieux quant à la légalité de la délibération litigieuse découle de ce qu'elle a été prise en dehors de toute procédure légale, notamment en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code de l'éducation et de l'article L. 2121-30 du code général des collectivités territoriales, ce qui crée une incohérence entre le périmètre scolaire et la carte scolaire sur la commune ; le nouveau périmètre scolaire crée une rupture d'égalité entre les enfants de la commune, au regard notamment de la distance à parcourir pour se rendre à l'école et du sureffectif qui en découle ; cette délibération conduit, de facto, à la fermeture de deux écoles qui sont exclues du périmètre scolaire, à savoir les écoles Jean-Louis Forain et le Nôtre ; elle n'a pas été précédée d'une concertation avec les parents d'élève, avec l'inspecteur de l'éducation nationale, avec le conseil d'école en méconnaissance de l'article D. 411-2 du code de l'éducation nationale ; elle n'a pas été précédé d'une étude d'impact.
Par deux mémoires en défense, enregistré les 20 et 21 avril 2023, la commune du Chesnay-Rocquencourt, représentée par Me Patrux, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir des requérants, défaut de production de l'acte attaqué et tardiveté ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation nationale ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Boukheloua, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 21 avril 2023 tenue en présence de Mme Paulin, greffière d'audience :
- Mme K a lu son rapport ;
- entendu Mme I C et Mme F G qui reprennent leurs écritures et soutiennent que la date limite des inscriptions a été reportée au 7 avril 2023 ;
- et entendu Me Benkemoun, substituant Me Patrux, pour la commune du Chesnay-Rocquencourt qui reprend ses écritures.
La clôture de l'instruction a été reportée au 22 avril 2023 à 10 heures.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision ".
2. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. Par une délibération n°LCR 2022-10-22 du 14 décembre 2022, le conseil municipal de la commune du Chesnay-Rocquencourt a adopté le nouveau périmètre scolaire de l'année scolaire 2023-2024. D'une part, et contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ne résulte pas des termes de cette délibération, ni d'aucune autre pièce du dossier, qu'elle aurait pour objet ou pour effet de décider de la fermeture des écoles Forain et Le Nôtre à partir de la rentrée scolaire 2023. D'autre part, il résulte d'un arrêté du maire de la commune, du 4 janvier 2023, que la période des inscriptions scolaires expirait le 31 mars 2023, soit antérieurement à la date d'enregistrement de la présente requête. Au surplus, il est constant que les enfants inscrits dans les écoles Forain et Le Nôtre sont appelés, par principe, à y poursuivre leur scolarité durant l'année scolaire 2023-2024 et que leur fratrie sera également accueillies dans ces écoles. Enfin, si les requérants soutiennent que la date limite du 31 mars 2023 avait été reportée au 7 avril 2023, il résulte de la photographie d'une réunion publique qu'ils produisent au soutien de cette allégation, que le choix des parents d'élèves de poursuivre la scolarité de leurs enfants aux écoles Forain et Le Nôtre pour la rentrée scolaire 2023 n'est soumise à aucune formalité. Ainsi, à défaut pour les requérants de justifier concrètement de l'urgence de leur demande de suspension de la délibération du 14 décembre 2022, une telle urgence ne pouvant résulter de la circonstance que des enfants résidant dans un même quartier, ou un même immeuble, ne seront pas scolarisés dans la même école ou de la différence de distance à parcourir pour se rendre dans les différentes écoles d'affectation, cette demande ne saurait être regardée comme remplissant la condition prévue par l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête à fin de suspension de l'exécution de la délibération n°LCR 2022-10-22 du 14 décembre 2022, doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par la défense, ni les moyens susceptibles de créer un doute sérieux sur la légalité de cette décision.
O R D O N N E:
Article 1er : La requête de Mme G et autres doit être rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme I C, M. B H, Mme D E, Mme L, Mme F G et Mme A J, et à la commune du Chesnay-Rocquencourt.
Fait à Versailles, le 25 avril 2023.
La juge des référés,
signé
N. K
La greffière,
signé
S. PaulinLa République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.