lundi 17 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2304577 |
| Type | Décision |
| Formation | Présidente Rollet-Perraud |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 juin 2023, M. B A, représenté par Me Iosca, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision " 48 SI " du 8 mai 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a constaté l'invalidité de son permis de conduire en raison d'un solde de points nul ;
2°) d'annuler les décisions portant retrait de points sur le solde de son permis de conduire qui ont fait suite aux infractions récapitulées dans la décision du 8 mai 2023 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de restituer les points correspondant à ces infractions dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Il soutient que :
- il n'a pas reçu les informations prévues par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- la réalité des infractions n'est pas établie dès lors qu'aucune des conditions prévues par l'article L. 223-1 du code de la route n'est remplie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 20 août 2016, 14 mars 2019 et 28 septembre 2019, ces conclusions étant dépourvues d'objet dès lors que les points retirés ont été restitués au requérant avant la date d'enregistrement de sa requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Rollet-Perraud, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Rollet-Perraud a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a commis une série d'infractions au code de la route ayant entrainé des retraits de points sur le capital de son permis de conduire. Par une décision " 48 SI ", le ministre de l'intérieur et des outre-mer a récapitulé l'ensemble de ces décisions, a invalidé son permis de conduire pour solde de points nul et lui a enjoint de le restituer. M. A demande l'annulation de ces décisions et à ce qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés du capital de points de son permis de conduire.
Sur la recevabilité des conclusions tendant à l'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 20 août 2016, 14 mars 2019 et 28 septembre 2019 :
2. Il résulte de l'instruction, en particulier du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. A, que les points retirés à la suite des infractions commises les 20 août 2016, 14 mars 2019 et 28 septembre 2019 ont été restitués à l'intéressé avant la date d'enregistrement de la présente requête. Les conclusions de M. A tendant à l'annulation des décisions de retrait de points consécutives à ces infractions étaient dépourvues d'objet, sont par suite irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 29 juin 2016, 9 janvier 2021, 11 février 2023 et le 19 mai 2020 :
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut d'information préalable :
3. Il résulte des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'accomplissement de la formalité substantielle prescrite par ces dispositions, qui constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal, conditionne la régularité de la procédure suivie et, partant, la légalité du retrait de points. L'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document lui permettant de constater la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis.
4. Lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction relevée par radar automatique ou relevée au moyen d'un procès-verbal électronique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises en vertu des dispositions précitées, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
5. Il résulte de l'instruction et notamment du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. A établi le 5 juillet 2023, que les infractions commises les 29 juin 2016, 9 janvier 2021 et 11 février 2023 ont été relevées à l'aide d'un radar automatique, et celle commise le 19 mai 2020 au moyen d'un procès-verbal électronique, et que l'intéressé s'est acquitté des amendes forfaitaires correspondant à ces infractions. M. A ne justifie pas avoir été destinataire d'avis inexacts ou incomplets. Dès lors, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré du défaut d'information préalable doit être écarté pour les infractions litigieuses.
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de réalité des infractions commises :
6. En vertu des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route, la réalité d'une infraction est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. Il résulte de ces mêmes dispositions que l'établissement de la réalité de l'infraction entraîne la réduction de plein droit du nombre de points dont est affecté le permis de conduire de l'intéressé.
7. Il résulte des dispositions des articles L. 223-1 et L. 225-1 du code de la route, combinées avec celles des articles 529 et suivants du code de procédure pénale et du premier alinéa de l'article 530 du même code, que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à estimer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 de ce code dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou avoir formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.
8. Il ressort du relevé d'information intégral relatif à la situation du permis de conduire de M. A, édité le 5 juillet 2023, que les infractions relevées les 29 juin 2016, 19 mai 2020, 9 janvier 2021 et 11 février 2023 ont donné lieu au paiement des amendes forfaitaires afférentes. M. A n'établit pas, ni même n'allègue, avoir présenté une requête en exonération ou formé une réclamation. Dès lors, la réalité des infractions reprochées à l'intéressé est établie. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris en ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mars 2025.
La magistrate désignée,
Signé
C. Rollet-PerraudLa greffière,
Signé
A. LloriaLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2601762
Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la requête de M. B..., qui demandait une injonction à la préfète de l'Essonne pour obtenir un logement adapté. Le tribunal a jugé que l'administration avait satisfait à son obligation en proposant un logement T4 en juin 2025, et que l'échec de cette proposition était dû au dossier incomplet fourni par le requérant, malgré sa reconnaissance comme prioritaire et devant être logé d'urgence par la commission de médiation. La décision s'appuie sur les dispositions de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, qui prévoit qu'un comportement du demandeur faisant obstacle à l'exécution de la décision de médiation délie l'administration de son obligation de résultat.
31/03/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2513535
**Sujet principal** : Demande d'injonction à l'État de proposer un logement adapté à une personne reconnue prioritaire et devant être logée d'urgence. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Versailles (formation de jugement unique). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête de Mme A... Il considère que la proposition d'un logement T3 de 60m² était adaptée à ses besoins et capacités, et que ses griefs (absence d'électricité ponctuelle, travaux d'entretien courant, perception visuelle des espaces) ne sont pas des motifs impérieux justifiant un refus. **Textes appliqués** : L'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, qui encadre le recours en injonction de logement, et l'article R. 441-16-3 du même code, relatif à la perte du bénéfice de la décision de la commission de médiation en cas de refus sans motif impérieux d'une offre adaptée.
31/03/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2209808
17/03/2025