Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 29 août 2023, la société Atalis Consulting Limited Liability Partnership (LLP), représentée par Me Levy-Druon, demande au tribunal :
1°) la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos de 2011 à 2016, ainsi que des pénalités y afférentes ;
2°) la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) qui lui ont été réclamés au titre de la période comprise entre le 1er septembre 2011 et le 31 décembre 2016, ainsi que des pénalités y afférentes ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de condamner l’Etat aux dépens.
Elle soutient que :
- elle est une entité fiscalement transparente au Royaume-Uni ; les impositions supplémentaires déterminées par l’administration auraient donc dû être établies, comme l’administration l’a initialement envisagé, selon le régime fiscal applicable aux sociétés de personnes, soit directement pour chacun de ses associés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, et non à l’impôt sur les sociétés de la société Atalis Consulting elle-même ;
- subsidiairement, si elle dispose bien d’un établissement stable en France, elle dispose également d’un établissement stable au Royaume-Uni ; elle a disposé d’un bureau à Londres, détient 30% d’une société londonienne qui lui mettait également à disposition un bureau, d’une ligne téléphonique et sa direction en France n’est pas exclusive d’une activité au Royaume-Uni
; son activité a été quasi exclusivement anglaise car la majorité de ses clients sont établis en Angleterre et elle y réalise des cycles commerciaux complets ; elle pouvait donc ventiler son imposition entre son chiffre d’affaires réalisé au Royaume-Uni et son chiffre d’affaires réalisé en France ;
- elle a effectué ses prestations de services depuis le Royaume-Uni et a donc facturé ses services hors taxe, dès lors que le redevable de la TVA est dans ce cas le preneur, en application de l’article 283 du code général des impôts ; elle a bien acquitté la TVA pour ses prestations de service établies depuis la France ;
- la majoration pour activité occulte de 80% n’est pas justifiée compte tenu de sa bonne foi.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 8 février 2024 et le 1er juillet 2025, l’administrateur de l'Etat chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile de France, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord en vue d’éviter les doubles impositions et de prévenir l’évasion et la fraude fiscale en matière d’impôts sur le revenu et sur les gains en capital, signée à Londres le 19 juin 2008 ;
- le code de commerce ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Lutz, premier conseiller,
- les conclusions de M. Le Vaillant, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
La société de droit britannique Atalis Consulting Limited Liability Partnership (LLP) a pour activité le conseil aux entreprises dans le domaine des ressources humaines. Elle a fait l’objet d’une vérification de comptabilité à l’issue de laquelle le service, estimant que son siège
de direction effective se trouvait en France, l’a assujetti à des cotisations supplémentaires d’impôt sur les sociétés au titre de ses exercices clos de 2011 à 2016, ainsi qu’à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) portant sur la période comprise entre septembre 2011 et décembre 2016, ces
droits étant assortis d’intérêts de retard et d’une majoration de 80% pour activité occulte. Par sa requête, la société Atalis Consulting demande la décharge de ces droits et pénalités.
Sur le bien-fondé des impositions en litige :
En ce qui concerne l’impôt sur les sociétés :
2. En premier lieu, il appartient au juge de l'impôt, saisi d'un litige portant sur le traitement fiscal d'une opération impliquant une société de droit étranger, d'identifier dans un premier temps, au regard de l'ensemble des caractéristiques de cette société et du droit qui en régit la constitution et le fonctionnement, le type de société de droit français auquel la société de droit étranger est assimilable. Compte tenu de ces constatations, il lui revient ensuite de déterminer le régime applicable à l'opération litigieuse au regard de la loi fiscale française.
3. D’une part, aux termes du 1. de l’article 206 du code général des impôts : « 1. (…) sont passibles de l'impôt sur les sociétés, quel que soit leur objet, les sociétés anonymes, les sociétés en commandite par actions, les sociétés à responsabilité limitée n'ayant pas opté pour le régime fiscal des sociétés de personnes dans les conditions prévues au IV de l'article 3 du décret
n° 55-594 du 20 mai 1955 modifié, les sociétés coopératives et leurs unions ainsi que, sous réserve des dispositions du 6° du 1 de l'article 207, les établissements publics, les organismes de l'Etat jouissant de l'autonomie financière, les organismes des départements et des communes et toutes autres personnes morales se livrant à une exploitation ou à des opérations de caractère lucratif. ».
4. D’autre part, aux termes de l’article L. 223-1 du code de commerce : « La société à responsabilité limitée est instituée par une ou plusieurs personnes qui ne supportent les pertes qu'à concurrence de leurs apports. (…) ». Aux termes de son article L. 223-14 : « Les parts sociales ne peuvent être cédées à des tiers étrangers à la société qu'avec le consentement de la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts sociales, à moins que les statuts prévoient une majorité plus forte. (…) ».
5. Il est constant que la société Atalis Consulting a été constituée en 2011 au
Royaume-Uni sous la forme d’un « Limited Liablity Partnership », forme sociale régie par le Limited Liability Partnership Act du 20 juillet 2000, et a pour associés Mme A... et
M. B.... Il résulte des dispositions de cette loi anglaise et notamment de ses points 4 et 5 que cette forme sociale se caractérise par la présence d’au moins deux associés, qui ne supportent les pertes sociales, en l’absence de fraude ou de négligence, qu’à concurrence de leurs apports, et que la cession de parts sociales par un des associés est soumise à l’agrément des autres associés. Ainsi, nonobstant la circonstance que cette société jouit de la transparence fiscale au regard des
règles d’imposition britannique, cette forme sociale est assimilable, en droit français, à une société à responsabilité limitée. À défaut d’option exercée pour l’assimilation au régime fiscal des sociétés de personnes, elle est donc soumise, pour son bénéfice réalisé en France, à l’impôt sur les sociétés en vertu des dispositions précitées de l’article 206 du code général des impôts. La société Atalis Consulting n’est donc pas fondée à soutenir que ses bénéfices ne pouvaient être imposés qu’entre les mains de ses associés en vertu de l’article 8 de ce code et le moyen tiré de l’erreur d’imposition et de redevable doit ainsi être écarté.
6. En deuxième lieu, lorsqu'une imposition à l'impôt sur les sociétés est contestée au regard des stipulations d'une convention bilatérale conclue en vue d'éviter les doubles impositions, le juge de l'impôt examine d'abord la contestation au regard du champ d'application territorial de
cet impôt, tel qu'il est défini, au premier alinéa du I de l'article 209 du code général des impôts,
par référence aux bénéfices réalisés dans les entreprises exploitées en France. Aux termes de cet article : « Sous réserve des dispositions de la présente section, les bénéfices passibles de l'impôt sur les sociétés sont déterminés d'après les règles fixées par les articles 34 à 45,53 A à 57,108 à 117,237 ter A et 302 septies A bis et en tenant compte uniquement des bénéfices réalisés dans les entreprises exploitées en France, de ceux mentionnés aux a, e, e bis et e ter du I de l'article 164 B ainsi que de ceux dont l'imposition est attribuée à la France par une convention internationale relative aux doubles impositions (…) ».
7. Aux termes de l’article 4 de la Convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord en vue d’éviter les doubles impositions et de prévenir l’évasion et la fraude fiscale en matière d’impôts sur le revenu et sur les gains en capital, signée à Londres le 19 juin 2008 : « 1. Au sens de la présente Convention, l’expression « résident d’un Etat contractant » désigne toute personne qui, en vertu de la législation de cet Etat, y est assujettie à l’impôt en raison de son domicile, de sa résidence, de son siège de direction, de son lieu d’enregistrement ou de tout autre critère de nature analogue, et s’applique aussi à cet Etat ainsi qu’à toutes ses subdivisions politiques ou à ses collectivités locales, ainsi qu’à toute personne morale de droit public de cet Etat, de cette subdivision ou de cette collectivité. Cette expression ne comprend pas les personnes qui ne sont assujetties à l’impôt dans cet Etat que pour les revenus et les gains en capital de sources situées dans cet Etat. (…) / 3. Lorsque, selon les dispositions du paragraphe 1, une personne autre qu’une personne physique est un résident des deux Etats contractants, elle est considérée comme un résident seulement de l’Etat où son siège de direction effective est situé (…) ». Aux termes de l’article 5 de cette convention : « 1. Au sens de la présente Convention, l’expression « établissement stable » désigne une installation fixe d’affaires par l’intermédiaire de laquelle une entreprise exerce tout ou partie de son activité. / 2. L’expression « établissement stable » comprend notamment : / a) un siège de direction ; / b) une succursale ; / c) un bureau ; / d) une usine ; / e) un atelier ; et / f) une mine, une carrière ou tout autre lieu d’extraction de ressources naturelles (…) ». Et aux termes de son article 7 : « 1. Les bénéfices d’une entreprise d’un Etat contractant ne sont imposables que dans cet Etat, à moins que l’entreprise n’exerce son activité dans l’autre Etat contractant par l’intermédiaire d’un établissement stable qui y est situé. Si l’entreprise exerce son activité d’une telle façon, les bénéfices de l’entreprise sont imposables dans l’autre Etat mais uniquement dans la mesure où ils sont imputables à cet établissement stable. ».
8. Il n’est pas contesté par la société Atalis Consulting que son siège de direction effective était, pour l’ensemble de la période vérifiée, situé en France au domicile de ses associés et qu’elle y disposait d’un établissement stable Tirant les conséquences de ce constat, le service a, en vertu
de l’article 209 du code général des impôts, assujetti à l’impôt sur les sociétés l’ensemble des bénéfices réalisés par la société requérante qu’il a reconstitué. La société Atalis Consulting soutient cependant qu’une partie de ce bénéfice, qu’elle ne précise néanmoins pas, a été réalisée depuis un établissement stable qu’elle exploitait au Royaume-Uni, ce qui ferait obstacle, en vertu des dispositions de l’article 7 de la convention franco-britannique précitée, à leur imposition en France.
9. Toutefois, il résulte des opérations de visite domiciliaire diligentées par le service au domicile des associés de la société Atalis Consulting en vertu de l’article L. 16 B du livre des procédures fiscales qu’y a été retrouvé l’ensemble du matériel professionnel nécessaire à l’exercice de l’activité de la société et à sa gestion, et notamment les terminaux des lignes téléphoniques mentionnées sur le site internet de la société, les ordinateurs servant à la maintenance de ce site, à la facturation et à la gestion comptable de la société, ainsi que les documents comptables destinés
à l’administration fiscale anglaise. Il résulte en outre des déclarations recueillies à cette occasion de Mme A..., gérante de la société, que la société est bien dirigée par elle-même depuis son domicile français, que l’ensemble de l’activité est réalisé en France et que, lorsque ses associés sont amenés à se déplacer notamment à l’international, la société facture des frais de déplacements depuis ce domicile. Elle a également précisé que l’adresse anglaise de la société n’est qu’une adresse de domiciliation dans un cabinet d’avocat, ce qui constitue une formalité obligatoire du point de vue de la loi anglaise. Si la société Atalis Consulting se prévaut, pour justifier d’un établissement stable en Angleterre, de la présence d’un bureau occupé par M. B..., il résulte de l’attestation produite que ce bureau appartient à la société Setl, qui était détenue jusqu’à sa dissolution à hauteur de 30% par la société Atalis Consulting, et qu’il était mis à la disposition de M. B... en sa qualité de directeur de la stratégie de la société Setl, même s’il lui était loisible de l’utiliser pour d’autres activités. Cette attestation n’est ainsi pas de nature à caractériser l’existence d’un établissement stable de la société Atalis Consulting au Royaume-Uni. Par ailleurs, il résulte des constations de l’administration que la ligne téléphonique anglaise de la société est une ligne mobile pouvant être utilisée depuis la France. Il en va de même de la gestion des comptes anglais de la société qui peut être réalisée à distance depuis les ordinateurs saisis au domicile français des associés. La société Atalis Consulting ne justifie ainsi d’aucune immobilisation située au Royaume-Uni et n’apporte, enfin, aucun justificatif à l’appui de son affirmation selon laquelle elle réalisait des cycles commerciaux complets en Angleterre.
10. Il résulte de ce qui précède que n’est pas établie l’existence d’un établissement stable de la société Atalis Consulting au Royaume-Uni. Elle n’est donc pas fondée à demander la réduction de ses cotisations supplémentaires d’impôt sur les sociétés à concurrence de la fraction de son activité qu’elle aurait réalisée depuis un tel établissement.
11. En troisième lieu, la société Atalis Consulting n’est en tout état de cause pas fondée à se prévaloir du point 3 du protocole additionnel à la convention précitée au point 7, dont les stipulations ont été reprises par les interprétations administratives publiées sous la référence BOI-INT-CVB-GBR-10-10, dès lors que ces stipulations et interprétations ne concernent que les entreprises bénéficiant d’un établissement stable à la fois en France et au Royaume-Uni, ce qui, ainsi qu’il a été dit au point précédent, n’est pas son cas.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la société Atalis Consulting tendant à la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie doivent être rejetées.
En ce qui concerne la taxe sur la valeur ajoutée :
13. Aux termes de l’article 256 du code général des impôts : « I. - Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel.(…) ». Aux termes de son article 259 : « Le lieu des prestations de services est situé en France : / 1° Lorsque le preneur est un assujetti agissant en
tant que tel et qu'il a en France : / a) Le siège de son activité économique, sauf lorsqu'il dispose d'un établissement stable non situé en France auquel les services sont fournis ; / b) Ou un établissement stable auquel les services sont fournis ; / c) Ou, à défaut du a ou du b, son domicile ou sa résidence habituelle ; / 2° Lorsque le preneur est une personne non assujettie, si le prestataire : / a) A établi en France le siège de son activité économique, sauf lorsqu'il dispose d'un établissement stable non situé en France à partir duquel les services sont fournis ; / b) Ou dispose
d'un établissement stable en France à partir duquel les services sont fournis ; / c) Ou, à défaut du a ou du b, a en France son domicile ou sa résidence habituelle. ». Aux termes de son article 283 : « 1. La taxe sur la valeur ajoutée doit être acquittée par les personnes qui réalisent les opérations imposables (…) / Toutefois, lorsqu'une livraison de biens ou une prestation de services mentionnée à l'article 259 A est effectuée par un assujetti établi hors de France, la taxe est acquittée par l'acquéreur, le destinataire ou le preneur qui agit en tant qu'assujetti et qui dispose d'un numéro d'identification à la taxe sur la valeur ajoutée en France. (…) / 2. Lorsque les prestations mentionnées au 1° de l'article 259 sont fournies par un assujetti qui n'est pas établi en France, la taxe doit être acquittée par le preneur. ». Et aux termes de son article 283-0 : « Pour l'application des articles 283 à 285 A, un assujetti qui réalise une livraison de biens ou une prestation de services imposable en France et qui y dispose d'un établissement stable ne participant pas à la réalisation de cette livraison ou de cette prestation est considéré comme un assujetti établi hors de France. ».
14. Il résulte de ces dispositions que lorsque le lieu des prestations de services se trouve en France parce qu’elles sont fournies à des assujettis remplissant les conditions définies à l’article 259 du code général des impôts, le redevable de la taxe sur la valeur ajoutée afférente est le prestataire qui les fournit s’il est lui-même établi en France. Doit être regardé comme tel le prestataire qui a en France un établissement stable depuis lequel les prestations sont fournies et qui présente un degré suffisant de permanence et une structure apte, du point de vue de l’équipement humain et technique, à rendre possible, de manière autonome, les prestations de services considérées.
15. Le service a réclamé à la société Atalis Consulting des rappels de taxe sur la valeur ajoutée correspondant aux prestations destinées aux seuls clients français de la société. Il résulte de ce qui a été dit aux points 9 et 10 du présent jugement que la société Atalis Consulting dispose en France son siège de direction effective, lequel constitue, au sens des dispositions précitées, un établissement stable depuis lequel elle a fourni ses prestations, mais qu’il n’est en revanche pas établi l’existence d’un établissement stable au Royaume-Uni. Si, par ailleurs, la société Atalis Consulting indique avoir facturé la TVA à ses clients français pour son activité déployée depuis la France, elle n’en rapporte pas la preuve, alors qu’il est constant qu’elle n’a déposé aucune des déclarations afférentes à la TVA pendant l’ensemble de la période vérifiée.
16. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la société Atalis Consulting tendant à la décharge des rappels de TVA qui lui ont été réclamés doivent être rejetées.
Sur les pénalités :
17. Aux termes de l’article 1728 du code général des impôts : « 1. Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de : (…) c. 80 % en cas de découverte d'une activité occulte (…) ». Dans le cas où un contribuable n'a ni déposé dans le délai légal les déclarations qu'il était tenu de souscrire, ni fait connaître son activité à un centre de formalités des entreprises ou au greffe du tribunal de commerce, l'administration doit être réputée apporter la preuve, qui lui incombe, de l'exercice occulte de l'activité professionnelle si le contribuable n'est pas lui-même en mesure d'établir qu'il a commis une erreur justifiant qu'il ne se soit acquitté d'aucune de ces obligations déclaratives.
18. Il est constant que la société Atalis Consulting n’a, pour l’ensemble de la période vérifiée, déposé aucune déclaration de résultat ni de TVA en France et n’a pas fait connaître son activité au greffe du tribunal de commerce ni à un centre de formalités des entreprises. Si elle soutient avoir commis une erreur de bonne foi, elle ne pouvait cependant ignorer, au regard de l’ampleur des bénéfices qu’elle réalisait en France y compris envers des clients français et dès lors, ainsi qu’il a été dit aux points 9 et 10 du jugement, qu’elle disposait de son siège de direction effective en France mais d’aucun établissement stable à l’étranger, qu’elle était assujettie à des obligations fiscales envers l’administration française. En outre, il résulte de l’instruction et il n’est pas contesté que cette société de droit anglais a été créée à l’occasion du transfert de la résidence de ses deux associés depuis la Grande-Bretagne vers la France. Il résulte de ce qui précède que la société Atalis Consulting ne peut se prévaloir de sa bonne foi et que l’administration était ainsi fondée à appliquer à l’ensemble des rectifications la majoration de 80% pour activité occulte prévue à l’article 1728 du code général des impôts.
Sur les frais liés au litige :
19. En premier lieu, la présente procédure n’a occasionné aucun dépens. Les conclusions tendant au remboursement de ceux-ci ne peuvent donc qu’être rejetées.
20. En deuxième lieu, les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l’Etat, qui n’est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la société Atalis Consulting demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Atalis Consulting est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Atalis Consulting LLP et à l’administrateur de l'Etat chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile de France.
Délibéré après l'audience du
18 juin 2026, à laquelle siégeaient :
M. Mauny, président,
Mme Benoit, première conseillère,
M. Lutz, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 août 2026.
Le président,
Signé
O. Mauny
Le rapporteur,
Signé
F. Lutz
La greffière,
Signé
J. Dubau
La République mande et ordonne au ministre de l'action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.