LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2307091

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2307091

jeudi 26 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2307091
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationMagistrat Geismar
Avocat requérantSELARL ALTERA AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la demande d'indemnisation des propriétaires suite au refus de la préfète de l'Essonne d'accorder le concours de la force publique pour expulser leurs locataires. La juridiction a estimé que la responsabilité de l'État ne pouvait être engagée qu'à compter du 11 juillet 2020, en raison de la trêve hivernale et de la crise sanitaire du Covid-19, et non à partir du 1er décembre 2019 comme le soutenaient les requérants. La décision s'appuie sur les articles L. 153-1 et R. 153-1 du code des procédures civiles d'exécution, ainsi que sur la loi du 11 mai 2020 relative à l'état d'urgence sanitaire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête et un mémoire enregistrés le 30 août 2023 et le 21 mai 2025, Mme B... D... et M. C... A..., représentés par Me Vuez-Jaunbert, demandent au tribunal :

de condamner l’Etat à leur verser une indemnité de 50 000 euros en réparation des préjudices résultant du refus de la préfète de l’Essonne d’accorder le concours de la force publique, indemnité incluant une somme de 19 000 euros au titre des indemnités d’occupation pour la période du 1er décembre 2019 au 15 septembre 2020, une somme de 1 000 euros au titre de charges non réglées par l’occupant ainsi qu’une somme de 30 000 euros en réparation de leur préjudice moral ;

à défaut de condamner l’Etat à leur verser une somme de 4 137,10 euros ;

de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Ils soutiennent que :
- la responsabilité de l’État doit être engagée dès lors que la préfète de l’Essonne a refusé de leur accorder le concours de la force publique pour l’exécution du jugement du tribunal d’instance d’Evry du 23 septembre 2019 valant expulsion des occupants du logement situé 149 chemin du CGB à Corbeil-Essonnes (91) ;
- la responsabilité de l’Etat court à compter du 1er décembre 2019 et jusqu’au 15 septembre 2020, date à laquelle le logement a été libéré ;
- ils ont subi un préjudice correspondant aux pertes de loyers et charges résultant du maintien dans les lieux des occupants pour un montant de 19 000 euros ;
- ils ont également subi un préjudice résultant de charges non réglées par les occupants, notamment la taxe d’enlèvement des ordures ménagères pour un montant de 1 000 euros ;
- ils ont subi un préjudice moral devant être évalué à 30 000 euros, résultant notamment des dégradations commises par les occupants au sein de leur logement et de la circonstance qu’ils ont dû s’acquitter des échéances du prêt immobilier souscrit sur ledit logement, sans percevoir de loyers.


Par deux mémoires en défense enregistrés le 30 avril et le 28 mai 2025, la préfète de l’Essonne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :
- aucune faute ne peut lui être reprochée ;
- sa responsabilité, au titre du refus de concours de la force publique, aurait théoriquement pu être engagée à compter du 19 février 2020, soit deux mois à l’issue de la demande présentée en ce sens, le 18 décembre 2019, par les requérants ; toutefois, d’une part, la trêve hivernale reporte le début de la période de responsabilité au 1er avril 2020, d’autre part, la crise sanitaire dite du Covid-19, a également reporté cette période d’engagement de sa responsabilité au 11 juillet 2020 ;
- une proposition d’indemnisation amiable, pour un montant de 4 137,10 euros a été adressée aux requérants qui l’ont refusée.



La clôture de l’instruction a été fixée au 10 juin 2025 par une ordonnance du 21 mai 2025.



Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- loi n° 2020-546 du 11 mai 2020 ;
- le code des procédures civiles d’exécution ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Geismar, première conseillère, en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.

La magistrate statuant seule a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience en application de l’article R. 732-1-1 du code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme Geismar a été entendu au cours de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

1. Mme D... et M. A... ont donné à bail à M. E... et à Mme F..., un local à usage d’habitation, un pavillon, situé 149 chemin du CGB, à Corbeil-Essonnes (91). Par un jugement du 23 septembre 2019, le tribunal d’instance d’Evry a ordonné l’expulsion de ces locataires dans le délai de deux mois après le commandement prévu par les articles L. 411-1 et L. 412-1 du code des procédures civiles d’exécution. Un commandement de quitter les lieux, au plus tard le 16 décembre 2019, leur a été notifié par huissier de justice le 14 octobre 2019. Les requérants ont alors sollicité le concours de la force publique auprès de la préfète de l’Essonne le 18 décembre 2019, demande réitérée le 28 mai 2020, et notifiée le même jour. La libération du logement a été constatée le 15 septembre 2020. Par un premier courrier du 4 janvier 2021, Mme D... et M. A... ont demandé à l’Etat une indemnisation en réparation des préjudices nés du refus d’accorder le concours de la force publique afin d’expulser les locataires du logement précité. Par deux courriels des 16 avril et 14 septembre 2021, la préfète de l’Essonne a proposé de leur verser la somme de 4 137,10 euros en réparation des préjudices subis, proposition qu’ils ont refusée par un courriel du 9 novembre 2021. Par une seconde réclamation du 13 avril 2023, notifiée le 17 avril 2023, Mme D... et M. A... ont demandé à la préfète de l’Essonne de leur verser la somme totale de 50 000 euros en réparation des préjudices subis résultant du maintien des locataires dans leur logement.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité de l’État :

Aux termes de l’article L. 153-1 du code des procédures civiles d’exécution : « L'Etat est tenu de prêter son concours à l'exécution des jugements et des autres titres exécutoires. Le refus de l'Etat de prêter son concours ouvre droit à réparation. Les modalités d'évaluation de la réparation due au propriétaire en cas de refus du concours de la force publique afin d'exécuter une mesure d'expulsion sont précisées par décret en Conseil d'Etat. » L’article R. 153-1 du même code, alors applicable, dispose que : « Si l'huissier de justice est dans l'obligation de requérir le concours de la force publique, il s'adresse au préfet. La réquisition contient une copie du dispositif du titre exécutoire. Elle est accompagnée d'un exposé des diligences auxquelles l'huissier de justice a procédé et des difficultés d'exécution. Toute décision de refus de l'autorité compétente est motivée. Le défaut de réponse dans un délai de deux mois équivaut à un refus. Ce refus est porté à la connaissance du créancier par l'huissier de justice. ».

Il résulte de ces dispositions que l’autorité administrative est normalement tenue d’accorder le concours de la force publique en vue de l’exécution d’une décision de justice revêtue de la formule exécutoire et rendue opposable à la partie adverse. S’il en va autrement dans le cas où l’exécution forcée comporterait un risque excessif de trouble à l’ordre public, un refus justifié par l’existence d’un tel risque, quoique légal, engage la responsabilité de l’Etat à l’égard du bénéficiaire de la décision de justice.

Il résulte également de ces dispositions que, lorsque le préfet, régulièrement requis à cet effet, refuse le concours de la force publique pour l’exécution d’une décision juridictionnelle exécutoire ordonnant l’expulsion de l’occupant d’un local, la responsabilité de l’Etat se trouve engagée à compter de ce refus ou, s’il intervient à une date où l’occupant bénéficie du sursis prévu à l’article L. 412-6 du code des procédures civiles d’exécution, à compter du terme de la période de sursis. Par ailleurs, la période de responsabilité de l’Etat au titre d’un refus d’accorder le concours de la force publique pour l’exécution d’un jugement s’achève en principe le jour où l’administration décide d’octroyer ce concours. Elle ne prend fin qu’à la date de mise en œuvre effective du concours lorsque celle-ci intervient plus de quinze jours après la décision, sauf si ce délai est imputable au propriétaire ou à l’huissier ou justifié par des circonstances particulières.

En l’espèce, il résulte de l’instruction que la préfète de l’Essonne, saisie d’une réquisition de concours de la force publique le 18 décembre 2019, et d’une demande itérative le 18 mai 2021, ne l’a pas accordé. Par suite, compte tenu du délai normal de deux mois dont dispose l’administration pour exercer son action et de la trêve hivernale prolongée en 2020 jusqu’au 10 juillet 2020 inclus, en application de l’article 10 de la loi du 11 mai 2020 précitée, la responsabilité de l’État est engagée à compter du 11 juillet 2020 et jusqu’au 15 septembre 2020, date de libération du logement.

En ce qui concerne les préjudices :

Le montant dont l’État est redevable au titre de l’indemnité pour perte de loyers équivaut à la dette locative qui, pendant la période de responsabilité, a été contractée par l’occupant vis-à-vis du bailleur. Pour calculer cette dette, il convient de prendre en considération le cas échéant, les versements effectués par le locataire durant la période en cause, lesquels s’imputent toutefois en priorité sur le solde de sa dette à la date du début de la période de responsabilité. Le juge saisi d’un recours indemnitaire tendant à la réparation des préjudices résultant d’un refus de concours de la force publique doit évaluer ces préjudices jusqu’à la date à laquelle le requérant en a arrêté le décompte dans son dernier mémoire.

En l’espèce, il résulte du contrat de bail souscrit entre les requérants et les locataires précités que le montant du loyer s’élevait à 1 800 euros auquel s’ajoutait une avance pour les charges de 100 euros par mois. En outre, le tribunal d’instance d’Evry, dans son jugement précité du 23 septembre 2019 a retenu un loyer et une avance sur charge d’un montant de 1 900 euros par mois. Ainsi, Mme D... et M. A... sont fondés à demander le paiement de la somme de 3 800 euros au titre des loyers et des charges non versés pour la période allant du 11 juillet 2020 au 15 septembre 2020.

En outre, si les requérants, qui ont fait l’objet d’une procédure aux fins de saisie de rémunération intentée par une société de prêt à la consommation, démontrent avoir fait face à des difficultés financières, il résulte de l’instruction que la dette qu’ils avaient ainsi contractée atteignait plus de 50 000 euros dès la fin de l’année 2020, soit une somme bien supérieure aux loyers qu’ils auraient dû percevoir pour l’occupation du logement en cause. Ainsi, le préjudice moral qu’ils invoquent, et dont l’existence n’est pas établie par les pièces du dossier, ne peut être regardé comme en lien direct et certain avec le refus d’octroi du concours de la force publique.

Enfin, si les requérants réclament une somme de 1 000 euros au titre du montant des charges non réglées par les occupants, notamment s’agissant des taxes récupérables telle que la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, ils ne justifient pas de l’existence de ce préjudice.

Il résulte de tout ce qui précède que l’État doit être condamné à verser à Mme D... et à M. A... la somme globale de 3 800 euros.

Sur la subrogation :

Il y a lieu de subordonner le versement de l’indemnité fixée par le présent jugement à la subrogation de l’État dans les droits que détiendraient Mme D... ou M. A... pendant la période de responsabilité de l’État, allant du 11 juillet 2020 au 15 septembre 2020.

Sur les frais liés au litige :

Il y a lieu, en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros à verser aux requérants.


D É C I D E :


Article 1er : L’État est condamné à verser à Mme D... et à M. A... la somme de 3 800 euros.

Le paiement de la somme allouée par le présent jugement est subordonné à la subrogation de l’État dans les droits que détiendraient Mme D... et à M. A... pendant la période comprise entre le 11 juillet 2020 au 15 septembre 2020.

L’Etat versera une somme globale de 1 200 (mille deux cent) euros à Mme D... et à M. A... en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Le présent jugement sera notifié à Mme B... D..., à M. C... A... et à la préfète de l’Essonne.



Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mars 2026.


La magistrate désignée,

signé

M. Geismar



La greffière,

signé

A. Esteves




La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions