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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2308079

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2308079

jeudi 26 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2308079
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantCABINET ADAES AVOCATS (SARL)

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de la société Aéroports de Paris SA. Le litige portait sur l'annulation d'un titre de recette relatif à la redevance spéciale pour les déchets commerciaux. Le tribunal s'est déclaré incompétent, estimant que ce contentieux relève de la juridiction judiciaire, car la redevance instituée en application de l'article L. 2333-78 du code général des collectivités territoriales finance un service à caractère industriel et commercial.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 septembre 2023, la société Aéroports de Paris SA demande au tribunal de prononcer l’annulation d’un titre de recette d’un montant total de 24 017,42 euros relatif au paiement de la redevance spéciale pour la collecte, le traitement et la valorisation des déchets commerciaux et artisanaux concernant l’année 2023, émis à son encontre le 24 janvier 2023 par la communauté de communes de Gally-Mauldre.

Par un mémoire en défense du 13 novembre 2025, la communauté de communes de Gally-Mauldre conclut à titre principal à l’incompétence de la juridiction administrative pour en connaître, à titre subsidiaire au rejet de la requête, ainsi qu’à la mise à la charge de la société ADP d’une somme de 1 500 euros au titre de l’article L.761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) ; / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; (…) 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; (…). ».

2. Aux termes de l’article L. 2224-13 du code général des collectivités territoriales : « Les communes, la métropole de Lyon ou les établissements publics de coopération intercommunale assurent, éventuellement en liaison avec les départements et les régions, l’élimination des déchets des ménages. / Les communes peuvent transférer à un établissement public de coopération intercommunale ou à un syndicat mixte soit l'ensemble de la compétence de collecte et de traitement des déchets des ménages, soit la partie de cette compétence comprenant le traitement, ainsi que les opérations de transport qui s'y rapportent. Les opérations de transport, de transit ou de regroupement qui se situent à la jonction de la collecte et du traitement peuvent être intégrées à l'une ou l'autre de ces deux missions (…) ». Aux termes de l’article L. 2224-14 du même code : « Les collectivités visées à l'article L. 2224-13 assurent la collecte et le traitement des autres déchets définis par décret, qu'elles peuvent, eu égard à leurs caractéristiques et aux quantités produites, collecter et traiter sans sujétions techniques particulières. ». Selon l’article L. 2333-76 de ce code : « Les communes, les établissements publics de coopération intercommunale et les syndicats mixtes qui bénéficient de la compétence prévue à l'article L. 2224-13 peuvent instituer une redevance d'enlèvement des ordures ménagères calculée en fonction du service rendu dès lors qu'ils assurent au moins la collecte des déchets des ménages (…) ». Enfin, l’article L. 2333-78 du même code dispose : « Les communes, les établissements publics de coopération intercommunale et les syndicats mixtes peuvent instituer une redevance spéciale afin de financer la collecte et le traitement des déchets mentionnés à l’article L. 2224-14. / (…) Elle est calculée en fonction de l’importance du service rendu, notamment de la quantité des déchets gérés. Elle peut toutefois être fixée de manière forfaitaire pour la gestion de petites quantités de déchets. ».

3. Il résulte de ces dispositions que les communes, leurs groupements ou les établissements publics locaux assurant l'enlèvement des ordures, déchets et résidus qui n'ont pas institué la redevance d'enlèvement des ordures ménagères pour permettre le financement du service d'élimination des ordures ménagères par les usagers sont tenus de créer une redevance spéciale afin d'assurer la collecte et le traitement des déchets autres que les déchets ménagers mais qui peuvent être traités dans les mêmes conditions que ces derniers. Le législateur, en ordonnant la création de cette redevance spéciale, destinée à assurer le financement direct du service par les usagers et calculée en fonction de l’importance du service rendu, a entendu imposer aux collectivités concernées de gérer le service en cause comme une activité industrielle et commerciale. Par suite, ce service, qu'il soit géré en régie ou par voie de délégation, doit être regardé comme ayant un caractère industriel et commercial. Ainsi, il n’appartient qu’à la juridiction judiciaire de connaître des litiges relatifs à l’assiette et au recouvrement des redevances réclamées aux usagers de ce service.

4. Le litige soumis au tribunal par la société Aéroports de Paris est relatif à la redevance spéciale instituée en application de l’article L. 2333-78 du code général des collectivités territoriales par la commune de Chavenay, désormais membre de la communauté de communes de Gally-Mauldre. Or, il résulte de ce qui a été décrit au point précédent qu’un tel litige relève de la compétence de la juridiction judiciaire. Par suite, la requête de la société Aéroports de Paris échappe manifestement à la compétence du tribunal administratif et doit être rejetée sur le fondement des dispositions précitées du 2° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

5. Il n’y a par ailleurs pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la communauté de communes de Gally-Mauldre sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.




O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société Aéroports de Paris SA est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté de communes de Gally-Mauldre au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.


Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Aéroports de Paris SA et à la communauté de communes Gally-Mauldre.


Fait à Versailles, le 26 février 2026.

La présidente de la 5ème chambre,

Signé

I. Danielian


La République mande et ordonne au préfet des Yvelines, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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