mardi 1 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2402269 |
| Type | Décision |
| Formation | Magistrat Silvani |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 mars 2024, M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née le 22 février 2024 du silence gardé par la commission de médiation de l'Essonne sur son recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de saisir la commission de médiation de ce département afin qu'elle déclare sa demande prioritaire et urgente.
Il soutient que :
- sa demande initiale de logement social date de 2012 et qu'il l'a renouvelée depuis ;
- ses conditions de logement sont très précaires puisqu'il vit depuis plus de douze ans dans un petit logement d'une superficie de 7 m², qui est concerné par un arrêté de démolition compte tenu de son état d'insalubrité.
La préfète de l'Essonne, à qui la requête a été communiquée, n'a pas présenté d'observations.
Par un courrier du 10 mars 2025, les parties ont été informées en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité de la requête au motif que, par une décision du 2 novembre 2016, la commission de médiation de l'Essonne a reconnu M. B prioritaire et devant être relogé d'urgence, de sorte que l'intéressé, qui doit exercer le recours spécial prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation destiné aux demandeurs reconnus comme prioritaires par la commission de médiation, seul recours ouvert pour obtenir l'exécution de la décision de cette commission, ne pouvait saisir la commission de médiation d'une nouvelle demande tendant à ce qu'il soit reconnu prioritaire pour se voir attribuer un logement et n'était par suite pas recevable à demander l'annulation par la voie du recours pour excès de pouvoir de la décision en litige.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Silvani, première conseillère, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative, selon la procédure prévue par cet article.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Silvani a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 22 février 2024, dont M. B demande l'annulation, la commission de médiation de l'Essonne a implicitement rejeté le recours amiable qu'il a formé tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement.
2. Aux termes du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " II- La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. / (). Dans un délai fixé par décret, la commission de médiation désigne les demandeurs qu'elle reconnaît prioritaires et auxquels un logement doit être attribué en urgence. () Elle notifie par écrit au demandeur sa décision qui doit être motivée. () ". Aux termes du II de l'article L. 441-2-3-1 de ce code : " I.- Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que par une décision du 2 novembre 2016, la commission de médiation de l'Essonne a reconnu M. B prioritaire et devant être relogé d'urgence. Il résulte des dispositions énoncées au point 2, que M. B, auquel il était loisible d'exercer le recours spécial prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation destiné aux demandeurs reconnus comme prioritaires par la commission de médiation, seul recours ouvert pour obtenir l'exécution de la décision de cette commission, ne pouvait utilement saisir cette commission d'une nouvelle demande tendant à ce qu'il soit reconnu prioritaire pour se voir attribuer un logement. Par suite, M. B n'est pas recevable à demander l'annulation par la voie du recours pour excès de pouvoir de la décision en litige, qui est confirmative de la décision de la commission de médiation du 2 novembre 2016.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée comme irrecevable.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er avril 2025.
La magistrate désignée,
Signé
C. Silvani
La greffière,
Signé
A. Lloria
La République mande et ordonne au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2405664
Le Tribunal Administratif de Versailles a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir visant à annuler le rejet implicite d'un recours amiable concernant la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent d'une demande de logement social. La juridiction constate que la commission de médiation a finalement reconnu ce caractère prioritaire et que le requérant a été relogé dans un logement social adapté à ses besoins. En conséquence, elle prononce un non-lieu à statuer, les conclusions de la requête ayant perdu tout objet depuis la décision favorable et le relogement intervenus.
17/03/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2400601
Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la requête de M. et Mme B... visant à annuler la décision de la commission de médiation de l'Essonne ayant refusé de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de leur demande de logement social. Le tribunal a jugé que la commission, en application des articles L. 441-2-3 et R. 441-14 du code de la construction et de l'habitation, avait légalement suspendu l'examen de leur dossier en raison de l'absence de pièces justificatives obligatoires, et que les requérants n'avaient pas démontré que cette suspension était entachée d'une erreur de droit ou de fait. La demande d'injonction et la demande de condamnation aux dépens ont également été rejetées.
17/03/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2404604
Le Tribunal Administratif de Versailles a annulé la décision de la commission de médiation de l'Essonne qui avait déclaré sans objet le recours amiable de M. A... concernant sa demande de logement prioritaire. La juridiction a jugé que la commission avait méconnu les dispositions des articles L. 441-2-3 et R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation, en ne procédant pas à l'examen de la situation actuelle du requérant, qui se trouve sans logement, au motif qu'une précédente décision favorable avait été rendue par une commission d'un autre département. Le tribunal a ainsi fait droit à la demande d'annulation pour excès de pouvoir.
17/03/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2404696
Le Tribunal Administratif de Versailles a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir visant à annuler le rejet, par la commission de médiation de l'Essonne, d'une demande de reconnaissance du caractère prioritaire et urgent d'une demande de logement social. Le tribunal a annulé la décision de la commission, considérant que le requérant, père d'un enfant handicapé et vivant dans un logement manifestement sur-occupé, relevait bien des cas de saisine sans condition de délai prévus par l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. La décision s'appuie sur ce texte ainsi que sur les dispositions réglementaires relatives à la procédure de recours amiable.
17/03/2026