jeudi 16 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2402561 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | VOLLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 mars 2024, M. B A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 18 mars 2024 par lequel le préfet de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 avril 2024, la préfète de l'Essonne conclut au rejet de la requête en faisant valoir que l'arrêté est parfaitement légal.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les requêtes relevant aux procédures prévues à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 2 mai 2024, en présence de M. Rion, greffier :
- le rapport de Mme C,
- les observations de Me Volle, avocat désigné d'office, représentant M. A, présent, qui fait valoir qu'il est arrivé en France en 2010, adopté par sa tante par un acte de kafala, qu'il a été scolarisé en France, qu'il n'est allé en Algérie qu'une seule fois et n'a pas de rapport avec sa mère biologique, que l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de 5 ans est une mesure très sévère, que les condamnations dont il a fait l'objet liées à la législation sur les stupéfiants sont intervenues dans un délai très court et constituent un accident de parcours, qu'il a eu un titre de séjour d'un an, mais a été ensuite placé sous récépissés sans autorisation de travailler, qu'il est aujourd'hui accompagné par un intervenant social, qu'il bénéficie d'une promesse d'embauche, et que s'il repart en Algérie, il sera livré à lui-même;
- la préfète de l'Essonne n'étant ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant algérien né le 12 octobre 2001 à Mazouna (Algérie), serait entré en France en 2010 selon ses déclarations. Par un arrêté du 18 mars 2024, la préfète de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. M. A demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
2. Pour prononcer l'arrêté contesté, la préfète de l'Essonne s'est fondée sur les circonstances que l'intéressé s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour, qu'il a été condamné le 12 octobre 2023 par le tribunal correctionnel d'Evry à 10 mois d'emprisonnement pour offre ou cession non autorisée de stupéfiants, récidive et détention non autorisée de stupéfiants, récidive, qu'il avait déjà été condamné à trois reprises par le tribunal judiciaire d'Evry-Courcouronnes, le 13 juin 2022 à 4 mois d'emprisonnement avec sursis pour rébellion, offre ou cession non autorisée de stupéfiants et détention non autorisée de stupéfiants, puis le 23 août 2022 à 250 euros d'amende pour usage illicite de stupéfiants, puis le 9 août 2023 à 8 mois d'emprisonnement pour détention non autorisée de stupéfiants et usage illicite de stupéfiants. La préfète a également relevé que l'intéressé a un comportement qui trouble de façon récurrente l'ordre public, ayant précédemment fait l'objet de 9 signalements, à savoir, le 1er avril 2015 pour mise en danger de la vie d'autrui, puis le 29 juin 2019 pour recel de bien provenant d'un vol aggravé par deux circonstances et violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours, puis le 15 août 2019 pour vol par ruse, effraction ou escalade, dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt aggravé par une autre circonstance, puis le 20 avril 2022, à deux reprises, pour détention non autorisée de stupéfiants, puis le 23 avril 2022 pour détention non autorisée de stupéfiants, puis le 1er mai 2023 pour conduite de véhicule sans permis et fourniture d'identité imaginaire pouvant provoquer des mentions erronées au casier judiciaire, puis le 9 août 2023 pour usage illicite de stupéfiants, puis le 11 octobre 2023 pour détention et acquisition non autorisée de stupéfiants et port sans motif légitime d'arme blanche ou incapacitante de catégorie D.
3. En prononçant les décisions contestées, alors même que l'intéressé, dont la mère demeure d'ailleurs en Algérie, vit depuis plusieurs années en France où il a effectué sa scolarité, compte tenu du grave trouble à l'ordre public que cause de manière récurrente M. A, qui n'a jamais cherché à s'amender en dépit, notamment, d'une mesure de réparation prescrite en 2019, la préfète de l'Essonne n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit à mener une vie privée et familiale normale. Il en résulte que la requête de M. A ne peut qu'être rejetée.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.
La magistrate désignée,
signé
Ch. C Le greffier,
signé
T. Rion
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2402561
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Conseil d'État — N° 515333
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.
03/05/2026
Conseil d'État — N° 509298
Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.
09/04/2026