LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2402753

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2402753

mardi 1 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2402753
TypeDécision
FormationMagistrat Silvani

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles annule la décision du 13 février 2024 par laquelle la commission de médiation des Yvelines a refusé de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de la demande de logement de M. A. Le tribunal juge que M. A, hébergé en logement-foyer depuis plus de dix-huit mois, remplissait les conditions prévues aux articles L. 441-2-3 et R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation pour être reconnu prioritaire. La commission ne pouvait légalement lui opposer des contradictions sur sa situation matrimoniale ou l'insuffisance de justificatifs relatifs à son handicap pour écarter l'urgence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 avril 2024, M. B A demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 13 février 2024 par laquelle la commission de médiation du département des Yvelines a rejeté son recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement ;

2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de saisir la commission de médiation de ce département afin qu'elle déclare sa demande prioritaire et urgente.

Il soutient que sa femme ne vit pas en France et que son logement est inadapté à son handicap.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 septembre 2024, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Silvani, première conseillère, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative, selon la procédure prévue par cet article.

La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Silvani a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 13 février 2024, dont M. A demande l'annulation, la commission de médiation des Yvelines a rejeté le recours amiable, qu'il a formé le 20 décembre 2023, tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " II.- La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. / Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est () hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale () ". Aux termes de l'article R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département ou en Ile-de-France dans la région. Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social qui se trouvent dans l'une des situations prévues au même article et qui répondent aux caractéristiques suivantes : () - être hébergées dans une structure d'hébergement ou une résidence hôtelière à vocation sociale de façon continue depuis plus de six mois ou logées temporairement dans un logement de transition ou un logement-foyer depuis plus de dix-huit mois, sans préjudice, le cas échéant, des dispositions du IV de l'article L. 441-2-3 ; () ".

3. Il résulte des dispositions combinées des articles L. 441-2-3 et R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation que, pour être désigné comme prioritaire et devant se voir attribuer d'urgence un logement social, le demandeur doit être de bonne foi, satisfaire aux conditions réglementaires d'accès au logement social et justifier qu'il se trouve dans une des situations prévues au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation et qu'il satisfait à un des critères définis à l'article R. 441-14-1 de ce code. Dès lors que l'intéressé remplit ces conditions, la commission de médiation doit, en principe, reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande.

4. En l'espèce, il ressort des termes de la décision attaquée que M. A était à cette date hébergé dans un logement foyer depuis plus de dix-huit mois et justifiait donc qu'il se trouvait dans une des situations prévues au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation et qu'il satisfaisait à un des critères définis à l'article R. 441-14-1 de ce code. Par suite, la commission de médiation des Yvelines devait, par principe, reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande.

5. Pour rejeter sa demande, la commission de médiation a estimé que l'urgence de sa situation n'est pas caractérisée au motif que le requérant a produit des éléments contradictoires quant à sa situation matrimoniale, qu'il a produit des éléments insuffisants concernant son conjoint et que les éléments qu'il a fournis ne permettent pas d'établir le caractère inadapté de son logement au handicap allégué.

6. Il ressort des pièces du dossier que, s'agissant de sa situation matrimoniale, M. A s'est, comme l'a relevé la commission de médiation des Yvelines, déclaré célibataire dans le cadre de son recours amiable, tandis qu'il s'est déclaré marié dans le cadre de son dossier déposé auprès de la Caisse d'Allocations Familiales. Toutefois, M. A a déclaré, dans le formulaire de recours amiable, solliciter un logement pour lui seul et n'a d'ailleurs pas mentionné l'existence de personnes à sa charge ni renseigné d'éléments relatifs à la présence d'un conjoint en France. Il ressort en outre des pièces du dossier que l'intéressé a déclaré résidé dans une chambre du logement foyer sans faire état de la présence d'un conjoint, que l'avis d'imposition qu'il a produit aux débats fait état d'un seul déclarant et qu'il produit une attestation de la CAF en date du 22 mars 2024 dont il ressort que sa femme est déclarée comme résidant à l'étranger. Dans ces conditions, l'incohérence relevée par la commission de médiation n'était pas de nature à faire obstacle à l'analyse de l'urgence attachée à la situation du requérant. Par suite, la commission de médiation des Yvelines a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

7. Il résulte de ce qui précède que, dès lors que M. A justifie qu'il se trouve dans une des situations prévues au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation et qu'il satisfait à un des critères définis à l'article R. 441-14-1 de ce code, il doit pour ce seul motif être reconnu comme prioritaire et devant être relogé d'urgence.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la décision du 13 février 2024 de la commission de médiation du département des Yvelines doit être annulée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

9. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. ".

10. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique nécessairement, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait, que la demande de logement présentée par M. A soit reconnue prioritaire et urgente. Il y a donc lieu d'enjoindre au préfet des Yvelines de saisir la commission de médiation de ce département dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement afin qu'elle déclare la demande du requérant prioritaire et urgente.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 13 février 2024 de la commission de médiation du département des Yvelines est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au préfet des Yvelines de saisir la commission de médiation de ce département dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement afin qu'elle déclare la demande du requérant prioritaire et urgente.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation et au préfet des Yvelines.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er avril 2025.

La magistrate désignée,

Signé

C. Silvani

La greffière,

Signé

A. Lloria

La République mande et ordonne au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2405664

Le Tribunal Administratif de Versailles a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir visant à annuler le rejet implicite d'un recours amiable concernant la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent d'une demande de logement social. La juridiction constate que la commission de médiation a finalement reconnu ce caractère prioritaire et que le requérant a été relogé dans un logement social adapté à ses besoins. En conséquence, elle prononce un non-lieu à statuer, les conclusions de la requête ayant perdu tout objet depuis la décision favorable et le relogement intervenus.

17/03/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2400601

Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la requête de M. et Mme B... visant à annuler la décision de la commission de médiation de l'Essonne ayant refusé de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de leur demande de logement social. Le tribunal a jugé que la commission, en application des articles L. 441-2-3 et R. 441-14 du code de la construction et de l'habitation, avait légalement suspendu l'examen de leur dossier en raison de l'absence de pièces justificatives obligatoires, et que les requérants n'avaient pas démontré que cette suspension était entachée d'une erreur de droit ou de fait. La demande d'injonction et la demande de condamnation aux dépens ont également été rejetées.

17/03/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2404604

Le Tribunal Administratif de Versailles a annulé la décision de la commission de médiation de l'Essonne qui avait déclaré sans objet le recours amiable de M. A... concernant sa demande de logement prioritaire. La juridiction a jugé que la commission avait méconnu les dispositions des articles L. 441-2-3 et R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation, en ne procédant pas à l'examen de la situation actuelle du requérant, qui se trouve sans logement, au motif qu'une précédente décision favorable avait été rendue par une commission d'un autre département. Le tribunal a ainsi fait droit à la demande d'annulation pour excès de pouvoir.

17/03/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2404696

Le Tribunal Administratif de Versailles a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir visant à annuler le rejet, par la commission de médiation de l'Essonne, d'une demande de reconnaissance du caractère prioritaire et urgent d'une demande de logement social. Le tribunal a annulé la décision de la commission, considérant que le requérant, père d'un enfant handicapé et vivant dans un logement manifestement sur-occupé, relevait bien des cas de saisine sans condition de délai prévus par l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. La décision s'appuie sur ce texte ainsi que sur les dispositions réglementaires relatives à la procédure de recours amiable.

17/03/2026

← Retour aux décisions