vendredi 7 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2402769 |
| Type | Décision |
| Formation | Magistrat Marmier |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 avril 2024, Mme B A demande au tribunal d'annuler la décision du 9 janvier 2024 par laquelle la commission de médiation du département des Yvelines a rejeté son recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement.
Elle soutient que sa demande ne pouvait pas être regardée comme irrecevable car elle a fourni les justificatifs de ressources sollicités par la commission.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 août 2024, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête en faisant valoir que la décision de la commission est justifiée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Marmier, premier conseiller, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative, selon la procédure prévue par cet article.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Marmier a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A a saisi le 8 novembre 2023 la commission de médiation des Yvelines d'un recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement, en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. Lors de sa séance du 9 janvier 2024, la commission de médiation a rejeté la demande de Mme A qui, par la présente requête, demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. / Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est () logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement suroccupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap. () Dans un délai fixé par décret, la commission de médiation désigne les demandeurs qu'elle reconnaît prioritaires et auxquels un logement doit être attribué en urgence. Elle détermine pour chaque demandeur, en tenant compte de ses besoins et de ses capacités, les caractéristiques de ce logement, ainsi que, le cas échéant, les mesures de diagnostic ou d'accompagnement social nécessaires. () Elle notifie par écrit au demandeur sa décision qui doit être motivée. Elle peut faire toute proposition d'orientation des demandes qu'elle ne juge pas prioritaires. ().
3. Aux termes de l'article R. 441-14 du même code : " La commission est saisie par le demandeur dans les conditions prévues au II ou au III de l'article L. 441-2-3. La demande, réalisée au moyen d'un formulaire répondant aux caractéristiques arrêtées par le ministre chargé du logement et signée par le demandeur, précise l'objet et le motif du recours, ainsi que les conditions actuelles de logement ou d'hébergement du demandeur. () Le demandeur fournit, en outre, toutes pièces justificatives de sa situation. Les pièces justificatives à fournir obligatoirement sont fixées par l'arrêté précité. La réception du dossier, dont la date fait courir les délais définis aux articles R. 441-15 et R. 441-18, donne lieu à la délivrance par le secrétariat de la commission d'un accusé de réception mentionnant la date du jour de la réception de la demande. Lorsque le formulaire n'est pas rempli complètement ou en l'absence de pièces justificatives obligatoires, le demandeur en est informé par un courrier, qui fixe le délai de production des éléments manquants, délai pendant lequel les délais mentionnés aux articles R. 441-15 et R. 441-18 sont suspendus (). ".
4. Par ailleurs, il résulte de la notice explicative visée par l'arrêté du 18 avril 2014 pris pour l'application de l'article R. 441-14 du code de la construction et de l'habitation, et des indications figurant au formulaire de recours amiable n°15036*01, que, d'une part, pour apprécier la condition tenant aux ressources, le dossier doit comporter les pièces justificatives des ressources mensuelles perçues par le demandeur et les personnes du foyer, au cours des trois derniers mois, ainsi que le dernier avis d'impôt ou de non-imposition reçu, si le demandeur en dispose. La notice explicative précise, d'autre part, que la partie du formulaire correspondant à la situation motivant le recours amiable doit être renseignée, que l'un au moins des motifs énoncés aux points 9.1 à 9.8 doit être coché, et que doivent être joints les éléments de preuve démontrant la réalité de la situation justifiant le recours.
5. Pour rejeter, comme irrecevable, le recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de la demande de logement de Mme A, la commission de médiation a estimé, dans sa décision du 9 janvier 2024, qu'en dépit de la demande qui lui a été faite le 9 novembre 2023, celle-ci n'a pas joint les justificatifs des ressources mensuelles sur les trois derniers mois.
6. Toutefois, alors que la décision contestée mentionne un courrier de demande de pièces daté du 9 novembre 2023, le préfet des Yvelines produit un courrier du 11 décembre 2023 sans apporter la preuve que Mme A, qui conteste l'avoir reçu, en a été rendu destinataire. Dans ces conditions, la commission de médiation ne pouvait se fonder sur l'absence de production d'une pièce obligatoire pour rejeter la demande de logement de Mme A. Par suite, la décision du 9 janvier 2024 doit être annulée.
D E C I D E :
Article 1er: La décision du 9 janvier 2024 de la commission de médiation du département des Yvelines est annulée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation et au préfet des Yvelines.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2025.
Le magistrat désigné,
Signé
A. Marmier La greffière,
Signé
S. Traoré
La République mande et ordonne au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2402346
Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la requête de M. B... A... visant à annuler la décision de la commission de médiation de l'Essonne qui avait rejeté son recours amiable pour reconnaissance de priorité et d'urgence. Le tribunal a jugé que la commission avait légalement rejeté le recours pour dossier incomplet, car le requérant n'avait pas fourni les pièces justificatives obligatoires, notamment le revenu fiscal de référence, conformément à l'article R. 441-14 du code de la construction et de l'habitation et à l'arrêté du 22 décembre 2020. La commission n'était donc pas en mesure d'apprécier le mérite de la demande de priorité fondée sur une situation de suroccupation.
17/03/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2402898
Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la requête de Mme B... A... visant à annuler la décision de la commission de médiation de l'Essonne refusant de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social. La juridiction a jugé que la commission pouvait légalement rejeter la demande au motif que le concubin de la requérante, ressortissant étranger, ne justifiait pas d'un titre de séjour régulier, condition exigée par les articles R. 300-1, R. 300-2 et R. 441-1 du code de la construction et de l'habitation. Le moyen tiré de l'inadaptation du logement a été écarté comme inopérant, n'étant pas lié au motif légal du refus.
17/03/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2403195
Sujet principal : Recours contre le rejet d'une demande de reconnaissance du caractère prioritaire et urgent d'une demande de logement social. Juridiction : Tribunal Administratif de Versailles. Solution retenue : Le tribunal annule la décision de la commission de médiation, considérant que la requérante, hébergée depuis plus de six mois dans une structure d'hébergement social, remplissait les conditions légales pour être reconnue prioritaire et urgente. Textes appliqués : Articles L. 441-2-3 et R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation.
17/03/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2303271
Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la requête de Mme B... A... visant à annuler les décisions de la commission de médiation des Yvelines qui avaient refusé de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social. Le tribunal a jugé que la commission, en application des articles L. 441-2-3 et R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation, avait légalement apprécié que la requérante, bien que handicapée et hébergée en hôtel, n'était pas dépourvue de logement au sens de la réglementation et que sa situation ne présentait pas un caractère exceptionnel justifiant une reconnaissance prioritaire. La demande d'injonction et la condamnation aux dépens ont également été rejetées.
17/03/2026