mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2403680 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | CABINET ASLOR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 avril 2024, et un mémoire en réplique, enregistré le 17 mai 2024, la SCI Saint-Exupéry 1523, représentée par le cabinet Aslor agissant par Me Julié, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision n°6 du 28 février 2024 par laquelle le maire de la commune de Meudon a exercé le droit de préemption urbain sur un logement de la copropriété du 12 avenue du Maréchal Leclerc situé 26 allée de la Forêt à Meudon-la-Forêt, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Meudon une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne l'urgence :
-elle justifie de l'urgence qui est présumée compte tenu de sa qualité d'acquéreur évincé ; en outre la commune de Meudon ne pourra arguer d'aucune urgence particulière car elle a décidé en connaissance de cause de préempter un logement occupé, donné à bail à l'association Soliha jusqu'au 31 avril 2026 ;
En ce qui concerne l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision est entachée d'insuffisance de motivation en méconnaissance de l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme, d'absence de conformité du projet aux objectifs légaux fixés par cet article et l'article L. 300-1 du même code, d'absence de réalité du projet et d'absence d'intérêt général.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mai 2024, la commune de Meudon, représentée par la SELARL Genesis avocats agissant par Me Cassin, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de la SCI Saint-Exupéry 1523 à lui verser une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite ;
- il n'est fait état d'aucun moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance n°493485 du 22 avril 2024 par laquelle le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a attribué au tribunal administratif de Versailles le jugement de la requête tendant à l'annulation de la décision attaquée ;
- la requête enregistrée le 22 avril 2024 sous le numéro 2403487 par laquelle la SCI Saint6exupéry 1523 demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Delage, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Laforge, greffière d'audience, M. Delage a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Julié, représentant la SCI Saint-Exupéry 1523, qui conclut aux mêmes fins que la requête et le mémoire en réplique par les mêmes moyens ;
- les observations de Me Cassin, représentant la commune de Meudon, qui maintient les conclusions du mémoire en défense.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Une déclaration d'intention d'aliéner, portant sur la vente par M. A B d'un bien indiqué comme situé au 26 allée du Mail à Meudon la Forêt a été reçue par la commune de Meudon le 18 décembre 2023. Par décision du 28 février 2024, le maire de Meudon a exercé le droit de préemption urbain sur ce bien. Par la présente requête, la SCI Saint-Exupéry 1523, en qualité d'acquéreur évincé, demande au juge des référés statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par la SCI Saint-Exupéry 1523 tels que récapitulés dans les visas de la présente ordonnance n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de cette décision doivent être rejetées.
4. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Meudon, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la SCI requérante au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En outre, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SCI Saint-Exupéry 1523 la somme demandée par la commune de Meudon au même titre.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la SCI Saint-Exupéry 1523 est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Meudon tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative son rejetées.
Article 3: La présente ordonnance sera notifiée à la SCI Saint-Exupéry 1523, à la commune de Meudon et à M. A B.
Fait à Versailles, le 21 mai 2024 .
Le juge des référés,
Signé
Ph. Delage
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.