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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2404223

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2404223

vendredi 27 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2404223
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantLUCE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement n°2209372 du 17 mars 2023, le tribunal administratif de Versailles a annulé la décision du préfet de l'Essonne du 14 novembre 2022 rejetant la demande de titre de séjour formulée par M. B A et lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a enjoint au préfet de l'Essonne de réexaminer sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.

Par deux lettres, enregistrées les 2 février 2024 et 30 avril 2024, M. A, représenté par Me Luce, demande au tribunal :

1°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne d'exécuter ce jugement en réexaminant sa situation et en prenant une nouvelle décision sur sa demande dans un délai de 15 jours sous astreinte de 300 euros par jour de retard et de le munir d'une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail le temps de l'instruction de sa demande ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Par une ordonnance du 15 mai 2024, la présidente du tribunal administratif a décidé sur le fondement des dispositions de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.

La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne qui n'a pas produit de mémoire en défense.

M. A a communiqué au tribunal, le 10 septembre 2024, le récépissé de demande de titre de séjour que lui a délivré la préfète de l'Essonne le 28 juin 2024 ainsi que la preuve d'un rendez-vous en préfecture le 19 septembre 2024 pour le renouvellement de ce récépissé.

Vu

- le jugement du tribunal administratif de Versailles n°2209372 du 17 mars 2023 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Maitre, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ". Selon l'article R. 921-6 du même code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, ou lorsque le demandeur le sollicite dans le mois qui suit la notification du classement décidé en vertu du dernier alinéa de l'article précédent et, en tout état de cause, à l'expiration d'un délai de six mois à compter de sa saisine, le président de la cour ou du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle () / Cette ordonnance n'est pas susceptible de recours. L'affaire est instruite et jugée d'urgence. Lorsqu'elle prononce une astreinte, la formation de jugement en fixe la date d'effet. ".

2. Il appartient au juge saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative d'apprécier l'opportunité de compléter les mesures déjà prescrites ou qu'il prescrit lui-même par la fixation d'un délai d'exécution et le prononcé d'une astreinte suivi, le cas échéant, de la liquidation de celle-ci, en tenant compte tant des circonstances de droit et de fait existant à la date de sa décision que des diligences déjà accomplies par les parties tenues de procéder à l'exécution de la chose jugée ainsi que de celles qui sont encore susceptibles de l'être.

3. M. A a déposé, le 30 août 2021, une demande d'admission exceptionnelle au séjour au titre de son activité professionnelle. Par un arrêté du 14 novembre 2022, le préfet de l'Essonne a rejeté cette demande et lui a fait obligation de quitter le territoire français. Par le jugement susvisé du 17 mars 2023, le tribunal de céans a d'une part annulé cette décision et d'autre part, enjoint au préfet de l'Essonne de réexaminer la demande de M. A dans un délai de deux mois.

4. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la préfète de l'Essonne a délivré à M. A un récépissé de demande de titre de séjour le 28 juin 2024, dont le renouvellement est prévu prochainement. Par suite, les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint sous astreinte à la préfète de l'Essonne de délivrer au requérant une autorisation provisoire de séjour ont perdu leur objet en cours d'instance et il n'y a plus lieu d'y statuer.

5. En deuxième lieu, il ne résulte en revanche pas de l'instruction qu'à la date de la présente décision, la préfète de l'Essonne, qui n'a produit aucune observation, aurait intégralement exécuté ce jugement en réexaminant la demande de l'intéressé et en prenant en conséquence une nouvelle décision sur son droit au séjour. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de prendre cette décision et de la communiquer au tribunal dans un délai de quatre mois suivant la notification du présent jugement, sous astreinte de 10 euros par jour de retard à compter de l'expiration de ce délai.

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros à verser à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète de l'Essonne de délivrer à M. A une autorisation provisoire de séjour.

Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Essonne de prendre une nouvelle décision sur la demande de titre de séjour de M. A et de la communiquer au tribunal dans un délai de quatre mois à compter de la notification du jugement.

Article 3 : Une astreinte de 10 euros par jour de retard est prononcée à l'encontre de l'Etat s'il n'est pas justifié de l'exécution de l'injonction prévue à l'article 2 dans les délais indiqués à ce même article.

Article 4 : L'Etat versera à M. A la somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de l'Essonne.

Délibéré après l'audience du 13 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Ribeiro-Mengoli, présidente,

M. Maitre, premier conseiller,

Mme Geismar, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.

Le rapporteur,

signé

B. Maitre

La présidente,

signé

N. Ribeiro-Mengoli

La greffière,

signé

I. de Dutto

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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