lundi 17 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2404840 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | SELARL UGGC AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 juin 2024, la société civile immobilière (SCI) Montigny Premium 2019, représentée par Me Beal, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception émis le 12 décembre 2023 mettant à sa charge une somme de 509 400 euros, ainsi que la décision du 8 avril 2024 par laquelle le directeur départemental des finances publiques des Yvelines a rejeté sa réclamation préalable ;
2°) à titre principal, de la décharger de l'obligation de payer la somme de 509 400 euros et, à titre subsidiaire, de la décharger de l'obligation de payer la somme de 325 860 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 septembre 2024, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines, représenté par Me Bainvel, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de la SCI Montigny Premium 2019 une somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir, à titre principal, que les conclusions de la requête ne relèvent pas de la compétence des juridictions administratives et, à titre subsidiaire, que les moyens ne sont pas fondés
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Les dispositions du 2° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative permettent aux présidents de tribunal administratif de rejeter par ordonnance les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative.
2. Dans les contentieux dont l'objet est la contestation de l'existence ou du montant d'une ou plusieurs créances mises à la charge d'un débiteur, notamment par l'émission d'un titre exécutoire, la nature de ces créances détermine la compétence juridictionnelle.
3. La requête de la SCI Montigny Premium 2019 tend à l'annulation du titre de perception émis le 12 décembre 2023 mettant à sa charge une somme de 509 400 euros ainsi que la décision par laquelle le directeur départemental des finances publiques du 8 avril 2024 a rejeté sa réclamation préalable. Il résulte de l'instruction que la créance pour le recouvrement de laquelle le titre de perception en litige a été émis est relative au paiement d'un complément de prix au profit de l'Etat en application d'une clause du contrat de vente de l'immeuble " le Stephenson ", situé au 7 rue le Stephenson à Montigny-le-Bretonneux, conclu le 13 décembre 2019 entre la SCI Montigny Premium 2019 et Saint-Quentin-en-Yvelines, établissement public de coopération intercommunale. Le présent litige, qui porte sur les conséquences financières de la vente d'un bien issu du domaine privé, est relatif à un contrat qui ne comporte pas de clause exorbitante et n'a pas pour objet l'exécution même du service public. Il s'ensuit que la requête de la SCI Montigny Premium 2019 porte sur un litige de droit privé dont il n'appartient qu'au juge judiciaire de connaître. Par suite, il y a lieu de rejeter cette requête, en application des dispositions précitées du 2° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, comme portée devant un ordre juridiction incompétent pour en connaître.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la SCI Montigny Premium 2019 est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société civile immobilière Montigny Premium 2019 et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.
Fait à Versailles, le 17 mars 2025.
La présidente,
Signé
J. Grand d'Esnon
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.