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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2405784

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2405784

jeudi 11 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2405784
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL MAYET-PERRAULT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 juillet 2024, l'Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (UNAFAM) et l'Association des jeunes D (A), représentées par Me Mayet, demandent au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de faire interdiction au préfet des Yvelines et à l'Agence Régionale de Santé de donner, à l'occasion du passage de la flamme olympique puis à l'occasion des jeux olympiques et paralympiques, toute instruction générale concernant les personnes atteintes de troubles psychiatriques et notamment :

- Le report des sorties non accompagnées ;

- Le report des sorties accompagnées à l'exception des sorties accompagnées pour raisons médicales (rendez-vous médical, dans ce cas prévoir deux soignants pour un patient) ;

- Le report des levées des mesures SDRE ;

- Le report des programmes de soins ;

- En cas de fugue prévenir sans délai les forces de l'ordre et l'ARS qui informera de suite la Préfecture dès la constatation de la fugue et en parallèle de recherches en interne ;

2°) de condamner l'Etat et l'Agence Régionale de Santé d'Ile de France à payer à l'UNAFAM la somme de 3.600,00 en application de l'article L.761-1 du Code de Justice Administrative ;

3°) de condamner l'Etat et l'Agence Régionale de Santé Ile de France à payer à A la somme de 3.600,00 en application de l'article L.761-1 du Code de Justice Administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Ouardes, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1- Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " Selon l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. " Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

2- L'article L 521-2 du code de justice administrative vise de manière générale une atteinte à une liberté fondamentale. S'il est vrai que l'inaction de l'administration peut, dans certaines circonstances, constituer une telle atteinte, pour autant il ne saurait être enjoint à une personne morale de droit public ou un organisme privé chargé de la gestion d'un service public, de ne pas porter atteinte à une liberté fondamentale quand bien même elle en aurait exprimé le souhait ou l'intention. L'atteinte à une liberté fondamentale ne se présume pas, elle se constate.

3- En l'espèce, ni le préfet des Yvelines ni l'Agence régionale de santé n'ont pris de disposition à l'occasion du passage de la flamme olympique puis à l'occasion des jeux olympiques et paralympiques, concernant les personnes atteintes de troubles psychiatriques. Il n'est pas établi, ni d'ailleurs même soutenu, que ces autorités en auraient exprimé le souhait ou l'intention, les associations requérantes se bornant à produire un article de journal qui ne concerne d'ailleurs pas la situation dans le département des Yvelines. Il suit de là qu'en l'état, la requête des association requérantes, étant manifestement mal fondée, ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de l'Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (UNAFAM) et l'Association des jeunes D (A) est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l'Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (UNAFAM) et l'Association des jeunes D (B en sera adressée au préfet des Yvelines et à l'agence régionale de santé.

Fait à Versailles, le 11 juillet 2024,

Le juge des référés,

signé

P. Ouardes

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2405784

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