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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2408678

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2408678

mardi 8 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2408678
TypeOrdonnance
Avocat requérantPAPINOT

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête de M. A C, ressortissant colombien, contestant le refus implicite de titre de séjour et de convocation en préfecture. Le tribunal a jugé que le silence de l'administration sur une demande déposée via la plateforme "démarches simplifiées" ne fait pas naître de décision implicite de rejet, faute de délivrance d'un récépissé. Il a également estimé qu'aucun texte n'impose de délai à l'administration pour convoquer un étranger, rendant irrecevable la contestation d'un refus de convocation. La requête a été rejetée comme manifestement irrecevable sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 7 octobre 2024 et le 18 novembre 2024, M. D A C, représenté par Me Papinot, demande au tribunal :

1°) d'annuler, à titre principal, la décision implicite de rejet résultant du silence gardé par la préfète de l'Essonne sur sa demande de titre de séjour en date du 26 mars 2024, et à titre subsidiaire, la décision implicite de refus de convocation résultant du silence gardé par la préfète de l'Essonne sur sa demande de titre de séjour en date du 26 mars 2024 ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne, de lui délivrer, à titre principal, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et à titre subsidiaire, un titre de séjour portant la mention " étudiant ", ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer durant cet examen une autorisation provisoire de séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La requête et le mémoire complémentaire ont été communiqués à la préfète de l'Essonne qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Les dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative permettent aux présidents des tribunaux administratifs de rejeter par ordonnance les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de titre de séjour :

2. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ". Et aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que M. A C a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour le 26 mars 2024 via la plateforme " démarches simplifiées ". Il ressort également de l'attestation de dépôt générée par cette plateforme que son dossier est en attente d'examen par l'administration. Dans ces conditions, et alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A C aurait été mis en possession d'un récépissé, le silence de la préfète de l'Essonne sur sa demande d'admission exceptionnelle au séjour présentée le 26 mars 2024 n'a pu avoir pour effet de faire naître une décision implicite de rejet passé un délai de quatre mois à compter de sa demande en application des dispositions précitées de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A C, qui sont dirigées contre une décision qui n'existe pas, sont entachées d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être régularisée.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de convocation :

4. M. A C, ressortissant colombien, a sollicité une demande rendez-vous afin de déposer une demande de titre de séjour le 26 mars 2024 sur le site " www.demarches-simplifiees.fr ". A ce titre, M. A C soutient que l'absence de convocation à la suite de cette demande doit s'analyser comme une décision implicite de refus de convocation, et en conséquence sollicite l'annulation de cette décision.

5. Aucune disposition législative ou réglementaire, notamment par l'article R.432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni aucun principe ne fixe de délai déterminé dans lequel l'autorité administrative serait tenue de recevoir un étranger ayant demandé à se présenter en préfecture pour y déposer sa demande de titre de séjour.

6. Ainsi qu'il a été dit au point 5, le silence gardé après le dépôt d'une demande de titre de séjour sur le site " www.demarches-simplifiees.fr " ne peut être regardée comme étant susceptible de faire naître une décision implicite de refus de convocation au guichet des services de la préfecture, dès lors que l'administration n'est assujettie à aucun délai dans lequel elle serait tenue de recevoir un étranger ayant présenté une telle demande de titre de séjour. Dans ces conditions, M. A C ne justifie pas de l'existence d'une décision par laquelle la préfète ou son représentant lui aurait opposé un refus de le convoquer en préfecture, dont il pourrait demander l'annulation.

7. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. A C en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et à la préfète de l'Essonne.

Fait à Versailles, le 8 avril 2025.

La présidente,

signé

J. Grand d'Esnon

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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