lundi 17 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2411116 |
| Type | Décision |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | LEVY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 décembre 2024, des pièces complémentaires enregistrées le 14 janvier 2025 et un mémoire complémentaire enregistré le 20 février 2025, Mme B A, représentée par Me Levy, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 décembre 2024 par lequel la préfète de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle sera renvoyée en cas d'exécution d'office ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui délivrer une carte de résident dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 423-1 du code de l'entrée du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'une communauté de vie existe bel et bien entre son époux et elle-même.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 février 2024, la préfète de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes ni représentées.
Le rapport de Mme Marc a été lu en audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante malgache née le 10 juillet 1998, est entrée sur le territoire français le 5 mai 2021, sous couvert d'un visa long séjour " conjoint de français " valable du 6 avril 2021 au 6 avril 2022, délivré en raison de son mariage, le 17 décembre 2020, avec un ressortissant français. Le 28 avril 2022, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de conjoint de français. Par un arrêté du 9 décembre 2024 dont Mme A demande l'annulation, la préfète de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle sera renvoyée en cas d'exécution d'office.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies :/1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; () ". En vertu de l'article L. 423-3 du même code : " () /Le renouvellement de la carte est subordonné au maintien du lien conjugal et de la communauté de vie avec le conjoint qui doit avoir conservé la nationalité française ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, pour refuser à Mme A le renouvellement de son titre de séjour, la préfète de l'Essonne s'est fondée sur la circonstance qu'une enquête réalisée par les services de la préfecture le 31 mars 2023 et que le procès-verbal des services de police du 15 mai 2024 n'avaient pas permis de conclure à la réalité de la communauté de vie des époux. Néanmoins, la requérante verse au dossier un contrat de location conclu le 5 novembre 2021 à son nom et à celui de son époux, des factures téléphoniques certes à son nom mais mentionnant la même adresse que son époux, des relevés de compte de son époux et d'elle-même, ainsi que de nombreux documents administratifs tels que des avis d'impôt sur le revenu, des quittances de loyer et des bulletins de paie depuis 2021, attestant là encore de sa domiciliation à la même adresse que celle de son époux. Au regard de l'ensemble de ces éléments, et en dépit de la différence d'âge entre les époux, la préfète de l'Essonne a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en estimant que la communauté de vie n'était pas avérée et en refusant de délivrer à la requérante un titre de séjour.
4. Il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 9 décembre 2024 par lequel la préfète de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour ainsi que, par voie de conséquence, des décisions l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination de cet éloignement.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. En raison du motif qui la fonde, l'annulation de la décision attaquée implique nécessairement, compte tenu de l'absence de changements de circonstances de droit ou de fait y faisant obstacle, qu'un titre de séjour temporaire d'une durée d'un an, portant la mention " vie privée et familiale ", soit délivré à Mme A. Il y a lieu d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de délivrer ce titre à la requérante dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée par Mme A.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Mme A de la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : L'arrêté de la préfète de l'Essonne du 9 décembre 2024 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Essonne de délivrer un titre de séjour à Mme A dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera à Mme A une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la préfète de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 3 mars 2025, à laquelle siégeaient :
M. Ouardes, président,
Mme Marc, première conseillère,
M. Fraisseix, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mars 2025.
La rapporteure,
Signé
E. Marc
Le président,
Signé
P. Ouardes
Le greffier,
Signé
J. Ileboudo
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2411116
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2503074
Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la requête de M. A B, ressortissant malien, qui contestait l'arrêté du préfet des Yvelines du 4 octobre 2024 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour d'un an. Le tribunal a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et que le préfet avait procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l'intéressé. Il a également jugé que la décision ne méconnaissait pas les stipulations des articles 3 et 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de la requête, y compris les demandes d'injonction et de frais de justice.
30/06/2025
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2503029
Le Tribunal Administratif de VERSAILLES a rejeté la requête de M. D, ressortissant afghan, qui contestait un arrêté préfectoral du 31 janvier 2025 refusant son titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal a écarté les moyens soulevés, notamment l'incompétence de la signataire, le défaut de motivation et le défaut d'examen de sa situation personnelle. Il a également jugé que la procédure contradictoire prévue à l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration n'était pas applicable aux décisions d'obligation de quitter le territoire français, régies par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Enfin, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme a été rejeté, le requérant n'apportant pas d'éléments suffisants démontrant un risque réel de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour en Afghanistan.
30/06/2025
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2502884
Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la requête de M. C, ressortissant malien, qui contestait l'arrêté du préfet des Yvelines refusant son titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence, d'insuffisance de motivation et de défaut d'examen, estimant que l'arrêté était régulier et fondé sur les textes applicables, notamment le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de M. C, confirmant la légalité des décisions préfectorales.
30/06/2025