Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 21 février 2025, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Versailles la requête de M. E... B... A....
Par cette requête, enregistrée le 2 février 2025 au tribunal administratif de Paris, M. A..., alors détenu au centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis, demande au tribunal :
-d’annuler l’arrêté du 1er février 2025 par lequel le préfet de Police l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé en cas d’exécution d’office et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de 24 mois en l’informant de son signalement aux fins de non admission dans le système d’information Schengen pendant la durée de cette interdiction ;
- d’enjoindre au préfet de procéder à un nouvel examen de sa situation dans le délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ;
- d’enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler dans le délai d’une semaine à compter de la notification du jugement à intervenir prononçant l’annulation de la décision ;
- de condamner l’Etat à verser à son Conseil la somme de 2000 euros sur le fondement des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L.761-1 du code de justice administrative ;
-de lui offrir le bénéfice de l’assistance d’un avocat au titre de l’aide juridictionnelle.
Il soutient que :
-la décision portant obligation de quitter le territoire a été prise par une autorité incompétente, est insuffisamment motivée, entachée d’un défaut d’examen particulier de sa situation et résulte d’une méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, tandis qu’il ne présente aucune mena
ce pour l’ordre public ;
-la décision lui refusant le bénéfice d’un délai de départ volontaire est entachée des mêmes illégalités ainsi que d’une erreur manifeste d’appréciation ;
-la décision portant interdiction de retour est entachée des mêmes illégalités ;
-la décision portant fixation du pays de destination est entachée des mêmes illégalités et méconnaît l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée au préfet de Police qui n’a pas produit de mémoire en défense et n’a versé aucune pièce au dossier.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme D... pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L.921-1 et L.921-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile en application de l’article L.922-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique du 6 mars 2025 :
- le rapport de Mme D...,
- les observations de Me Urich Postic, avocate désignée d’office, représentant M. A..., présent, assisté de Mme C..., interprète en langue arabe, qui conclut aux mêmes fins que la requête et souligne l’absence de toute réponse du préfet de Police en sorte que la compétence de l’auteur de l’acte ne peut être vérifiée.
-le préfet de Police n’étant ni présent ni représenté.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
Il ressort des pièces du dossier que M. B... A..., ressortissant tunisien est entré sur le sol français en 2022 et a fait l’objet, le 25 octobre 2024, d’une décision du préfet des Pyrénées atlantiques l’obligeant à quitter le territoire à laquelle il ne s’est pas conformé. Par un jugement en date du 1er octobre 2024, il a été condamné pour vol en réunion, récidive et réécroué après évasion le 2 février 2025. Par une décision en date du 1er février 2025, le préfet de Police lui a fait interdiction de retour sur le territoire pour une durée de 24 mois.
2. la requête de M. A... doit être regardée, compte tenu de sa formulation qui vise la décision du préfet de Police de Paris et non celle du préfet des Pyrénées atlantiques et des moyens invoqués qui ne se prévalent pas de l’exception d’illégalité de la décision antérieure du préfet des Pyrénées atlantiques, comme exclusivement dirigée contre la seule décision du préfet de Police portant interdiction de retour.
3. En l’espèce, en l’absence de toute production par les services de la préfecture de Police d’éléments permettant de s’assurer de la compétence de l’auteur de l’acte dont la signature n’apparaît pas lisiblement sur la copie produite par le requérant, la décision du 1er février 2025 du préfet de Police ne peut qu’être annulée, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de la requête.
4. le présent jugement implique seulement que le Préfet de Police ou le préfet territorialement compétent compte tenu du lieu de résidence de l’intéressé, procède, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, à un nouvel examen de la situation de M. A... au regard de l’interdiction de séjour qu’il a décidé de prononcer.
D E C I D E :
Article 1 : L’arrêté du 1er février 2025 par lequel le préfet de Police de Paris interdit à M. A... de retourner sur le territoire pendant une durée de 24 mois est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Police ou au préfet territorialement compétent compte tenu du lieu de résidence de l’intéressé, de procéder à un nouvel examen de la situation de l’intéressé au regard de l’interdiction de territoire qu’il a décidé de prononcer.
Article 3 : le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B... E... A... et au préfet de Police.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2025
La magistrate désignée,
signé
M. D...Le greffier,
signé
T. Rion.
La République mande et ordonne au préfet de Police en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.