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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2502033

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2502033

vendredi 14 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2502033
TypeDécision

Résumé IA

Demande de référé mesures utiles (art. L. 521-3 CJA) rejetée par le TA de Versailles. Mme B sollicitait la délivrance d’une attestation de prolongation d’instruction et la clôture de l’instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour. Le tribunal constate qu’une décision implicite de rejet est née du silence gardé pendant quatre mois (art. R. 432-1 et R. 432-2 CESEDA). La mesure demandée ferait obstacle à l’exécution de cette décision implicite, ce que prohibe l’article L. 521-3 CJA. La requête est donc rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 février 2025, Mme A B, représentée par Me Mantsanga, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne, d'une part, de lui délivrer une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de renouvellement du titre de séjour et, d'autre part, de clore l'instruction de sa demande ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la mesure est utile et urgente dès lors qu'elle se trouve dans une situation précaire en raison du non-respect des délais de traitement de sa demande de renouvellement de titre de séjour par la préfecture et du non-renouvellement de son attestation de prolongation d'instruction ; cette situation l'empêche d'exercer une activité professionnelle ;

- cette situation porte atteinte à son droit à une vie privée et familiale normale

La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Rollet-Perraud, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante congolaise, née en 1974, a déposé une demande renouvellement de titre de séjour le 16 octobre 2023. Elle a été mise en possession d'attestations de prolongation d'instruction successives, dont la dernière a expiré le 18 décembre 2024. Par la présente requête, la requérante demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète de l'Essonne, d'une part, de lui délivrer une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de renouvellement du titre de séjour et, d'autre part, de clore l'instruction de sa demande.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celles refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

3. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ". Et aux termes de l'article R. 432-2 dudit code : " La décision implicite mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a déposé sa demande de renouvellement de titre de séjour le 16 octobre 2023. Par suite, en vertu des dispositions combinées et précitées des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à défaut de décision explicite prise dans ce délai, la demande de titre de séjour présentée par Mme B doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée par la préfète de l'Essonne à l'issue d'un délai de quatre mois à compter du dépôt de cette demande. Par suite, la mesure sollicitée est de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite de rejet, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Il demeure loisible à l'intéressée, si elle s'y croit fondée et recevable, de contester cette décision par la voie de l'excès de pouvoir et du référé à fin de suspension d'exécution sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Essonne.

Fait à Versailles, le 14 mars 2025.

La juge des référés,

signé

C. Rollet-Perraud

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2502033

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