mercredi 5 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2502367 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | HORTANCE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 mars 2025, Mme C D et M. B D, représentés par Me Hortance, demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner au rectorat de Versailles, dans l'attente d'une orientation en UEMA ou en cas d'impossibilité d'orienter leur enfant A vers une UEMA, d'affecter à leur fille une aide humaine individuelle pour une durée de vingt heures hebdomadaires dans les conditions prévues par la décision du 6 février 2025 de la commission des droits de l'autonomie des personnes handicapées dans les meilleurs délais et au maximum dans un délai de trois semaines à compter de la notification de la présente ordonnance ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent qu'il devient désormais très urgent que l'académie de Versailles mette en place les moyens nécessaires pour assurer le recrutement d'une AESH pour leur enfant ; il est porté une atteinte suffisamment grave et manifestement illégale au droit à l'éducation et à l'égal accès à l'instruction ; en effet, l'enfant A a été diagnostiquée d'un trouble de neurodéveloppement complexe associant un trouble du spectre de l'autisme caractérisé notamment par un déficit de communication et des interactions sociales, une difficulté dans le développement du langage, un déficit attentionnel et un manque d'aisance motrice ; l'enfant A doit bénéficier d'un accompagnement et de soins spécifiques parallèles à sa scolarisation ; actuellement, elle ne bénéficie d'aucun accompagnement à l'école et se retrouve dans une classe de 26 élèves éveillant une surcharge sensorielle pour elle ainsi que des troubles du comportement ; plus grave et comme l'attestent l'enseignante et la directrice de son école, A peut se retrouver livrée à elle-même en classe ou pendant la récréation, créant ainsi une insécurité physique, morale et affective ; il ressort en outre des comptes-rendus et des certificats de plusieurs professionnels médicaux entourant A qu'une orientation en UEMA serait le plus adaptée pour elle ; l'absence de désignation d'une AESH n'était censée être temporaire puisque la CDAPH avait finalement accepté que A soit réorientée vers l'UEMA des Mureaux ; le refus opposé le 5 février dernier par l'UEMA des Mureaux change la donne puisqu'il existe désormais un risque important que cette situation perdure jusqu'à la fin de l'année.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Fraisseix, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour exercer les fonctions de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 523-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
3. Il résulte de l'instruction que le 4 octobre 2024, la MDPH des Yvelines a proposé aux époux D la désignation d'une AESH pour une durée de 12 heures par semaines ainsi que 8 heures de périscolaire dans l'attente d'une réponse de la commission d'entrée en UEMA, proposition acceptée le 15 octobre suivant par les intéressés. Par courriel du 12 décembre 2024, les requérants ont accepté que leur fille intègre l'UEMA des Mureaux. Puis le 19 décembre 2024, la CDAPH a réévalué sa décision précédente et a accepté que la fille des requérants soit réorientée vers l'UEMA des Mureaux. Par un courriel du 3 janvier 2025, la direction des services départementaux de l'éducation nationale des Yvelines de l'académie de Versailles a informé les époux D de l'impossibilité de finaliser le recrutement d'une AESH pour l'accompagnement de leur fille et par un courriel du 5 février 2025, le SESSAD les a informés qu'il n'était pas possible d'accueillir leur fille au sein d'une classe UEMA. Enfin, par une décision du 6 février 2025, la MDPH a pris acte de l'impossibilité d'orienter A en UEMA et a accordé un ASEH d'une durée hebdomadaire de 20 heures. Dans ces conditions, les mesures sollicitées dans la présente requête feront nécessairement obstacle à l'exécution de cette décision.
4. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, les conclusions doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions formées par les époux D au titre des frais liés au litige.
O R D O N N E:
Article 1er : La requête de Mme et M. D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C D et à M. B D.
Fait à Versailles, le 5 mars 2025.
Le juge des référés,
signé
P. Fraisseix
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.