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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2502555

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2502555

mardi 8 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2502555
TypeOrdonnance
Avocat requérantFELTESSE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision de la préfète de l'Essonne classant sans suite la demande de renouvellement de titre de séjour de Mme A. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car la requérante bénéficiait d'une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 22 avril 2025, lui permettant de séjourner régulièrement et de conserver ses droits. En conséquence, la requête a été rejetée sans qu'il soit nécessaire d'examiner l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision. Cette ordonnance est fondée sur l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrée les 7 et 11 mars 2025, Mme B A, représentée par Me Feltesse, doit être regardée comme demandant au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision de la préfète de l'Essonne classant sans suite sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir, et de lui délivrer dans l'attente un document justifiant de la régularité de son séjour ;

3°) de condamner l'Etat au versement de la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors que la décision en litige la place dans une situation d'irrégularité administrative et met en péril la poursuite de ses études ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige ; elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elle considère à tort que son dossier est incomplet.

Par un mémoire en défense enregistré le 31 mars 2025, la préfète de l'Essonne conclut au rejet de la requête.

Par un mémoire en réplique enregistré le 1er avril 2025, Mme B A, représentée par Me Feltesse, maintient ses conclusions

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête au fond par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision en litige.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Ouardes, vice-président, pour statuer en qualité de juge des référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1ier avril 2025 à 14h, en présence de Mme Laforge, greffière d'audience :

- le rapport de M. Ouardes,

- les observations de Me Des Boscs, substituant Me Feltesse, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens qu'elle précise ; elle indique que c'est bien la suspension de la décision en litige qui est sollicitée et non son annulation comme indiqué à tort dans la requête initiale et le mémoire en réplique ;

- la préfète de l'Essonne n'étant ni présente, ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

2. L'urgence justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. En l'espèce, il résulte de l'instruction et n'est d'ailleurs pas contesté que la requérante détient une attestation de prolongation d'instruction de sa demande valable jusqu'au 22 avril 2025. Ce document autorise la présence en France et maintient l'ensemble des droits ouverts en raison du titre de séjour précédemment détenu. Par suite, en l'état, la requérante ne justifie pas d'une situation d'urgence au sens de l'article L 521-1 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner s'il existe, au regard des moyens invoqués, un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, qu'il y a lieu de rejeter la requête de Mme A en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Essonne.

Fait à Versailles, le 8 avril 2025,

Le juge des référés, La greffière,

signé signé

P. Ouardes C. Laforge

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2502555

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