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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2502563

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2502563

jeudi 10 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2502563
TypeOrdonnance
Avocat requérantAIT MEHDI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête de M. B contestant le refus du préfet des Yvelines d’autoriser un regroupement familial, motif pris de l’insuffisance de la superficie de son logement (18 m² pour une surface minimale requise de 32 m²). Le juge a estimé que le moyen tiré de l’obtention postérieure d’un logement de 53 m² était inopérant, car la légalité d’une décision s’apprécie à la date de son édiction. La solution retenue s’appuie sur les articles L. 434-7 et R. 431-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en production de pièces, enregistrés les 5 mars et 21 mars 2025, M. A B demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 janvier 2025 par lequel le préfet des Yvelines a rejeté sa demande de regroupement familial ;

2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de réexaminer sa demande de regroupement familial.

Il soutient que le motif de rejet de sa demande est la superficie insuffisante de son logement et que, depuis l'intervention de l'arrêté attaqué, sa situation a évolué et il justifie désormais d'un logement d'une superficie de 53 m², suffisante pour accueillir sa famille dans le cadre du regroupement familial.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Bélot, premier conseiller, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

2. Aux termes de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : / 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille ; / 2° Il dispose ou disposera à la date d'arrivée de sa famille en France d'un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant dans la même région géographique ; / 3° Il se conforme aux principes essentiels qui, conformément aux lois de la République, régissent la vie familiale en France, pays d'accueil ". Aux termes de l'article R. 431-5 du même code : " Pour l'application du 2° de l'article L. 434-7, est considéré comme normal un logement qui : / 1° Présente une superficie habitable totale au moins égale à : / a) en zones A bis et A : 22 m² pour un ménage sans enfant ou deux personnes, augmentée de 10 m² par personne jusqu'à huit personnes et de 5 m² par personne supplémentaire au-delà de huit personnes ; / b) en zones B1 et B2 : 24 m² pour un ménage sans enfant ou deux personnes, augmentée de 10 m² par personne jusqu'à huit personnes et de 5 m² par personne supplémentaire au-delà de huit personnes ; / c) en zone C : 28 m² pour un ménage sans enfant ou deux personnes, augmentée de 10 m² par personne jusqu'à huit personnes et de 5 m² par personne supplémentaire au-delà de huit personnes ; / 2° Satisfait aux conditions de salubrité et d'équipement fixées aux articles 2 et 3 du décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 relatif aux caractéristiques du logement décent pris pour l'application de l'article 187 de la loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbain. / Les zones A bis, A, B1, B2 et C mentionnées au présent article sont celles définies pour l'application de l'article R. 304-1 du code de la construction et de l'habitation ".

3. Il ressort des pièces du dossier que, pour rejeter la demande de regroupement familial présentée par M. A B pour sa conjointe et ses enfants, le préfet des Yvelines s'est fondé sur la circonstance que l'intéressé disposait d'un logement d'une superficie de 18 m², non conforme à la surface minimale de 32 m² requise par les dispositions réglementaires citées au point 2. M. B fait valoir que, depuis l'intervention de la décision attaquée, sa situation a évolué et qu'il justifie désormais d'un logement d'une superficie de 53 m², suffisante pour accueillir sa famille dans le cadre du regroupement familial. Toutefois, le contrat de location produit par l'intéressé a été signé le 11 février 2025, soit postérieurement à l'intervention de la décision attaquée. Cette circonstance est, par conséquent, sans incidence sur la légalité de cette décision. Il en résulte que le moyen soulevé par M. B n'est assorti que de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, en ce compris les conclusions accessoires à fin d'injonction, par application des dispositions de l'article R. 222-1 code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet des Yvelines.

Fait à Versailles, le 10 avril 2025.

Le magistrat désigné,

signé

S. Bélot

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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