mercredi 19 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2502593 |
| Type | Décision |
| Formation | 4ème chambre - 4/11u |
| Avocat requérant | LEVESQUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8, 11 et 12 mars 2025, M. B A, alors retenu au centre de rétention administrative de Plaisir, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 mars 2025 par lequel la préfète de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français, sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer dans l'attente, sans délai, une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnait les stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle ne pouvait être légalement prise dès lors qu'il remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour de plein droit en application de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement qui en constitue le fondement ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision refusant un délai de départ volontaire est illégale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement qui en constitue le fondement ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
-la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement qui en constitue le fondement ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mars 2025, la préfète de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Jauffret pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 19 mars 2025 qui s'est tenue en présence de M. Ileboudo, greffier :
- le rapport de M. Jauffret ;
- les observations de Me Levesque, avocate désignée d'office, représentant M. A, présent, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens ;
- la préfète de l'Essonne n'étant ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant béninois né le 3 mars 1973, est entré sur le territoire français le 15 juin 2001, selon ses déclarations. Par un arrêté du 7 mars 2025, la préfète de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français, sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
2. Par ailleurs, par un arrêté du 7 mars 2025, la préfète de l'Essonne a ordonné le placement en centre de rétention administrative de M. A. Ce placement a été prolongé pour une durée de vingt-six jours par une ordonnance du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Versailles du 11 mars 2025.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; () "
4. Pour obliger M. A à quitter le territoire français en application des dispositions citées ci-dessus au point 3, la préfète de l'Essonne s'est fondée sur la circonstance que l'intéressé n'aurait pas demandé le renouvellement de son titre de séjour et se serait maintenu sur le territoire à l'expiration de celui-ci. L'arrêté attaqué précise qu'aucun élément ne ressortirait du fichier national des étrangers pour corroborer les déclarations de M. A selon lesquelles il a effectué des démarches pour régulariser sa situation. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment des échanges par voie électronique entre le requérant et les services de la préfecture de l'Essonne, que le requérant a, au début du mois de juillet 2024, entrepris les démarches en ligne en vue du renouvellement de sa carte de résident valable du 3 septembre 2014 au 2 septembre 2024. Il lui a été délivré le 22 janvier 2025, soit plus de cinq mois après, une confirmation du dépôt de sa demande de renouvellement. L'existence de cette demande de renouvellement en cours de traitement, dont M. A avait fait état au cours de son audition, est au demeurant mentionnée sur l'extrait de consultation du fichier national des étrangers produit en défense. La circonstance que M. A avait bien sollicité le renouvellement de sa carte de résident, sans qu'aucune décision n'ait été prise à ce stade sur cette demande, faisait obstacle à ce qu'une obligation de quitter le territoire soit prise à son encontre. Il en était ainsi quand bien même, en raison des délais de traitement des demandes, l'intéressé n'avait encore été mis en possession que d'une confirmation de dépôt de sa demande, document provisoire remis avant examen du dossier mentionnant qu'il ne constitue pas une preuve de la régularité du séjour. M. A est donc fondé à soutenir que l'arrêté attaqué repose sur des faits matériellement inexacts et, par suite, à en demander l'annulation.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que l'arrêté de la préfète de l'Essonne du 7 mars 2025 doit être annulé en toutes ses dispositions.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. " En vertu de ces dispositions, l'annulation d'une obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre d'un étranger impose au préfet de munir l'intéressé d'une autorisation provisoire de séjour et, qu'il ait été ou non saisi d'une demande en ce sens, de se prononcer sur le droit de l'étranger à un titre de séjour.
7. Le présent jugement implique qu'il soit enjoint à la préfète de l'Essonne de réexaminer la situation de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de le munir, dans un délai de sept jours, d'une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de l'examen de son droit au séjour. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 7 mars 2025 par lequel la préfète de l'Essonne a obligé M. B A à quitter le territoire français, sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Essonne de réexaminer la situation de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de le munir, dans un délai de sept jours, d'une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 mars 2025.
Le magistrat désigné,
signé
E. Jauffret Le greffier,
signé
J. Ileboudo
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2502593
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2505978
Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête de M. E, ressortissant espagnol, qui contestait l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 30 avril 2025 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de circulation de trois ans. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence, de méconnaissance du droit d'être entendu et de défaut de motivation, en se fondant sur le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. La solution retenue confirme la légalité de l'arrêté préfectoral.
08/07/2025
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2506645
Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête de M. B, ressortissant haïtien, qui contestait un arrêté préfectoral du 4 juin 2025 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de dix ans. Le requérant invoquait une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, mais le tribunal a estimé que la mesure ne portait pas une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale, compte tenu de ses antécédents judiciaires (condamnation pour proxénétisme aggravé) et de son absence de contribution à l'entretien de ses enfants. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris celles relatives aux frais d'instance.
08/07/2025
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2506543
Le Tribunal administratif de Versailles rejette la requête de M. B, ressortissant centrafricain, qui contestait les arrêtés du préfet des Hauts-de-Seine ordonnant son transfert aux autorités italiennes (responsables de sa demande d'asile), son assignation à résidence et une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal écarte le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, estimant que l'absence de prénom sur l'arrêté ne faisait pas obstacle à l'identification de son auteur. Il juge également que le moyen fondé sur l'article 21 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne était insuffisamment précis. La solution retenue est le rejet de l'intégralité des conclusions à fin d'annulation.
08/07/2025