lundi 10 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2502594 |
| Type | Ordonnance |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 mars 2025, M. A B demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui délivrer un récépissé de renouvellement de son certificat de résidence algérien de dix ans, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que son titre de séjour est arrivé à expiration le 31 août 2024, que la préfecture refuse de lui renouveler son récépissé arrivé à expiration le 28 février 2025 lui demandant d'attendre son prochain rendez-vous prévu le 1er avril 2025, qu'il ne peut renouveler, faute de titre de séjour, sa carte professionnelle de chauffeur VTC, qu'il ne peut plus exercer sa profession et qu'il est marié et père de famille ;
- il est porté atteinte à sa liberté fondamentale de travailler, de voir sa demande de renouvellement de son titre de séjour examiné dans un délai raisonnable et à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
L'ensemble de la procédure a été communiqué à la préfète de l'Essonne qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Degorce, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 10 mars 2025 à 14 heures 30 en présence de Mme Paulin, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Degorce ;
- les observations de M. B qui persiste dans ses précédentes écritures par les mêmes moyens ;
- la préfète de l'Essonne n'étant ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant algérien né le 19 avril 1977 à Alger, était en dernier lieu autorisé à séjourner en France sous couvert d'un certificat de résidence algérien de dix ans qui a expiré le 31 août 2024. Il est constant qu'il a déposé, le 6 août 2024, une demande de renouvellement de son titre de séjour auprès de la sous-préfecture de Palaiseau qui lui a délivré un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour valable jusqu'au 28 février 2025. Par la présente requête, il demande à ce qu'il soit enjoint à la préfète de l'Essonne de lui délivrer un récépissé de renouvellement de son certificat de résidence algérien de dix ans.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
2. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
3. Il appartient au juge des référés, lorsqu'il est saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 de ce code et qu'il constate une atteinte grave et manifestement illégale portée par une personne morale de droit public à une liberté fondamentale, de prendre les mesures qui sont de nature à faire disparaître les effets de cette atteinte. Ces mesures doivent en principe présenter un caractère provisoire, sauf lorsque aucune mesure de cette nature n'est susceptible de sauvegarder l'exercice effectif de la liberté fondamentale à laquelle il est porté atteinte.
4. D'autre part, aux termes de l'article R. 431-15-1 de ce code : " () Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande ".
5. Il résulte de l'instruction que M. B, qui a engagé les démarches nécessaires en vue d'obtenir le renouvellement de son certificat de résidence algérien expirant le 31 août 2024, s'est vu délivrer à cette occasion un récépissé, valable jusqu'au 28 février 2025, attestant du dépôt et du caractère complet de sa demande de titre de séjour. A l'expiration de la validité de ce récépissé, il est constant que la préfète de l'Essonne, qui n'a produit aucun mémoire en défense et n'était ni présente ni représentée à l'audience, n'a délivré à M. B ni attestation de prolongation d'instruction, ni récépissé, se bornant à le convoquer le 1er avril 2025 afin de renouveler son récépissé. Le requérant qui ne peut donc plus désormais justifier de la régularité de son séjour en France, alors qu'il y résidait sous couvert d'un certificat de résidence algérien de dix ans aux côtés de son épouse et de leur enfant, ni exercer son activité professionnelle de chauffeur VTC, se trouve ainsi, jusqu'à son rendez-vous du 1er avril 2025, dans une situation financière, professionnelle et personnelle précaire. La condition d'urgence prévue par l'article L. 521-2 du code de justice administrative est en conséquent satisfaite. Par ailleurs, cette situation porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au travail et à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
6. Il résulte de ce qui précède que les deux conditions prévues par l'article L. 521-2 du code de justice administrative sont satisfaites. Il y a donc lieu d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de délivrer à M. B une attestation de prolongation d'instruction portant autorisation de travail dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu, en l'état de l'instruction, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les dépens :
7. En l'absence de dépens exposés dans la présente instance, les conclusions présentées à ce titre par M. B sont rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à la préfète de l'Essonne de délivrer à M. B une attestation de prolongation d'instruction portant autorisation de travail dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à la préfète de l'Essonne et au ministre de l'intérieur.
Fait à Versailles, le 10 mars 2025.
La juge des référés,
signé
Ch. DegorceLa greffière,
signé
S. Paulin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.