jeudi 20 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2502660 |
| Type | Décision |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | SELARL GARCIA & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 mars 2025, complétée par des pièces enregistrées le 19 mars 2025, M. B E représenté par Me Garcia, demande au tribunal :
1°) de se faire communiquer l'ensemble des documents ayant présidé à l'adoption des décisions attaquées ;
2°) d'annuler l'arrêté du 9 mars 2025 par lesquels le préfet des Hauts de Seine a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays d'éloignement et lui a interdit de retourner sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
3°) d'enjoindre au préfet des Hauts de Seine de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à venir sous astreinte de 50 euros par jour de retard et de procéder au réexamen de sa situation.
4°) d'enjoindre au préfet des Hauts de Seine de prendre toute mesure ce nature à effacer son nom dans le système d'information Schengen dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.200 euros au titre des frais d'instance.
Il soutient que :
Le préfet n'a pas respecté les dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne et a appliqué avec déloyauté le principe du contradictoire et du respect des droits de la défense ;
En outre, s'agissant de l'obligation de quitter le territoire français, celle-ci :
- est insuffisamment motivée ;
- n'a pas fait l'objet d'un examen individuel de sa situation ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 6-1 de l'accord franco-algérien dès lors qu'il est en France depuis 2015 et a deux enfants ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 3-1 de la cid ;
- méconnaît les stipulations de l'article 20 du TFUE car il a une fille de nationalité française ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public
S'agissant de la décision refusant un délai de départ volontaire, celle-ci méconnaît les dispositions de l'article 2008/115/CE du 16 décembre 2008 en l'absence du caractère objectif de risque de fuite ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination, celle-ci est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, celle ci :
- est insuffisamment motivée ;
- est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- constitue une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale
- méconnaît les dispositions de l'article 12 de la directive n° 2008/15CE du 17 décembre 2008 dès lors que le préfet n'a pas énuméré les quatre critères qui doivent être retenus.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 mars 2025, le préfet des Hauts de Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier et notamment la demande du requérant d'être assisté par l'avocat de permanence et de bénéficier d'un interprète.
Vu :
- la charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le traité sur le fonctionnement de l'union européenne ;
- la directive n° 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ;
- l'accord franco-algérien du 31 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme Gosselin pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 20 mars 2025 tenue en présence de M. Rion, greffier :
- le rapport de Mme Gosselin
- les observations de Me El Haik, substituant Me Garcia, qui reprend ses conclusions écrites et précise en outre qu'il renonce aux conclusions tendant à la production de l'entier dossier du requérant ; répondant au moyen d'ordre public soulevé de façon liminaire, il rappelle que M. E est entré régulièrement en France et que le fondement de l'article L.611-1 2° est entaché d'erreur manifeste d'appréciation et d'erreur de droit ;
- les observations de M. E, assisté de Mme G, interprète en langue arabe, qui indique qu'il n'a jamais reçu d'attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement.
- le préfet des Hauts de Seine n'est ni présent, ni représenté.
Les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de de la substitution, en tant que fondement légal de l'arrêté du 9 mars 2025, des dispositions de l'article L. 611-1 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à celles de l'article L. 611-1 2° du même code, visées par le préfet des Hauts de Seine.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D H E est un ressortissant de nationalité algérienne né le 9 juillet 1989 à Mostaganem (Algérie). Il est entré en France en 2015 et a été titulaire de titre de séjour valable respectivement jusqu'au 8 juillet 2020, 25 octobre 2020 et 26 décembre 2023. Par un arrêté du 13 mars 2025 dont le requérant demande l'annulation, le préfet des Hauts de Seine a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans.
Sur le principe des droits de la défense et son application :
2. Comme il est précisé au point précédent et contrairement à ce que soutient M. E, celui-ci a bien été entendu par les forces de l'ordre et a pu s'exprimer lors de sa garde à vue du 8 mars 2025. Dès lors, non seulement les droits de la défense ont bien été respectés, mais encore il ne ressort d'aucun élément que le préfet ni les forces de l'ordre aient fait preuve de déloyauté lors de ces échanges. Le moyen manquant en fait, il doit donc être écarté.
Sur les conclusions en annulation :
Sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :
3. La décision attaquée indique, après avoir cité les textes applicables, la situation tant administrative que familiale de M. E. Elle rappelle en outre les diverses interpellations de l'intéressé. Ces éléments permettent au requérant de contester utilement la décision. Par suite, elle est suffisamment motivée.
4. Les précisions portées dans la décision attaquée révèlent l'examen individuel de la situation de M. E auquel 'est livré le préfet des Hauts de Seine. Dès lors, celle-ci n'est entachée d'aucun défaut d'examen.
5. L'accord franco-algérien, dans son article 6-1, prévoit que : " Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : 1) au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant ".
6. Il est constant que la décision attaquée ne constitue en rien un refus de délivrance d'un titre de séjour. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées est donc inopérant et pour ce motif doit être écarté.
7. Par ailleurs, M. E se prévaut des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales qui prévoient que " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2- Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Il précise qu'il est en France depuis dix ans et qu'il a trois enfants, dont une est de nationalité française.
8. Toutefois, il ressort des pièces du dossier et notamment de son procès-verbal d'audition qu'il n'a ni la charge ni l'entretien de sa fille de nationalité française. En outre, il ne produit aucune pièce, à l'exception d'un rattachement administratif de sa fille A née en 2024, établissant qu'il participe à l'éducation ou à l'entretien de ses enfants, qui ne résident pas avec lui. L'extrait d'acte de naissance de son fils F C, né en 2022, indique que l'enfant ne porte pas son nom mais celui de sa mère. S'il indique résider à Villetaneuse, il s'est domicilié à Nanterre dans sa demande de prolongation de titre de séjour. Les relevés de compte chèque postal qu'il produit pour établir sa participation à l'éducation de ses enfants, dont un certain nombre est tronqué, ne montrent que des virements entre comptes détenus par l'intéressé, et non des versements aux pères de ses enfants. Il est enfin connu des forces de l'ordre pour vol, vol en réunion, usage et détention de stupéfiants. S'agissant de son arrestation du 8 mars, il est convoqué au tribunal judiciaire de Nanterre le 27 juin prochain. Dès lors, non seulement la décision attaquée ne porte pas une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale du requérant, mais le comportement de ce dernier constitue une menace de trouble à l'ordre public.
9. Pour les motifs mentionnés au point précédent, la décision attaquée n'a pas davantage méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ni les dispositions de l'article 20 du traité sur le fonctionnement de l'union européenne, à supposer opérant le moyen.
10. De même, pour les mêmes motifs, la décision attaquée n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation.
11. Enfin, M. E soulève une erreur de droit ainsi qu'une erreur manifeste d'appréciation, tirées du fait que contrairement à ce qu'il est indiqué au 1er considérant de la décision attaquée, il a bien demandé le renouvellement de son titre de séjour.
12. L'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants () 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ". D'autre part, l'article R..432-1 dispose que : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". ; quant à l'article R.432-2 il indique que : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.* 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. ".
13. L'intéressé a été titulaire d'un titre de séjour valable jusqu'au 26 décembre 2023. Il produit une demande de renouvellement datée du 11 octobre 2023 ainsi que des demandes d'information auprès du service national des titres sécurisés de février et mai 2024 qui l'informe que sa demande est toujours en traitement et qu'il dispose d'une attestation de prolongement d'instruction sur son compte ANEF. Il produit à l'audience une troisième demande d'information, qu'il dit datée du 7 septembre 2024 sans l'établir. Cependant, il s'avère qu'il ne peut produire ni une attestation de prolongation d'instruction ni un nouveau titre de séjour. Dès lors, en application des dispositions de l'article R.432-1 et suivant du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicables aux renouvellements, il convient d'estimer qu'implicitement, cette demande a été rejetée alors qu'aucun recours n'a été formulé à l'encontre de ce refus implicite.
14. Lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée ; une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point. En l'espèce, la décision attaquée, motivée par l'irrégularité du séjour de M. E, trouve son fondement légal dans les dispositions du 3° du I du même article L.611-1 précité qui peuvent être substituées à celles du 2° dès lors, en premier lieu, que, n'étant toujours pas titulaire d'un nouveau titre de séjour en dépit de sa demande, M. E se trouvait dans la situation où, en application du 3° du I de l'article L.611-1, le préfet pouvait prendre cette obligation de quitter le territoire français, en deuxième lieu, que cette substitution de base légale n'a pour effet de priver l'intéressé d'aucune garantie et, en troisième lieu, que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'une ou l'autre de ces deux dispositions.
15. M. E s'étant bien maintenu en situation irrégulière à la date de la décision attaquée, celle-ci n'est pas entachée d'erreur de droit.
Sur la légalité de la décision refusant un délai de départ volontaire :
16. L'objet de la directive du 16 décembre 2008 susvisée est défini dans les termes suivants par son article 1er : " La présente directive fixe les normes et procédures communes à appliquer dans les Etats membres au retour des ressortissants des pays tiers en séjour irrégulier, conformément aux droits fondamentaux en tant que principes généraux du droit communautaire ainsi qu'au droit international, y compris aux obligations en matière de protection des réfugiés et de droits de l'homme ". Son champ d'application est précisé par son article 2 selon lequel : " 1. La présente directive s'applique aux ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier sur le territoire d'un Etat membre. () ".
17. Par ailleurs, l'article 3 paragraphe 2 définit le séjour irrégulier comme : " la présence sur le territoire d'un Etat membre d'un ressortissant d'un pays tiers qui ne remplit pas, ou ne remplit plus, les conditions d'entrée énoncées à l'article 5 du code frontières Schengen, ou d'autres conditions d'entrée, de séjour ou de résidence dans cet Etat membre " et l'article 3 paragraphe 4 définit la décision de retour comme : " une décision ou un acte de nature administrative ou judiciaire déclarant illégal le séjour d'un ressortissant d'un pays tiers et imposant ou énonçant une obligation de retour ".
18. Enfin, selon l'article 6 de cette directive : " 1. Les Etats membres prennent une décision de retour à l'encontre de tout ressortissant d'un pays tiers en séjour irrégulier sur leur territoire () " et son article 7, relatif au " départ volontaire ", dispose que : " 1. La décision de retour prévoit un délai approprié allant de sept à trente jours pour le départ volontaire, sans préjudice des exceptions visées aux paragraphes 2 et 4. (). / 4. S'il existe un risque de fuite, ou si une demande de séjour régulier a été rejetée comme manifestement non fondée ou frauduleuse, ou si la personne concernée constitue un danger pour l'ordre public, la sécurité publique ou la sécurité nationale, les Etats membres peuvent s'abstenir d'accorder un délai de départ volontaire ou peuvent accorder un délai inférieur à sept jours".
19. Il résulte clairement de ces dispositions que la directive n'est applicable qu'aux décisions de retour qui sont prises par les Etats membres au motif que les étrangers sont en situation de séjour irrégulier. En revanche, la directive n'a pas vocation à régir les procédures d'éloignement qui reposent sur des motifs distincts, notamment la menace à l'ordre public, ce qui est le cas de la présente décision attaquée.
20. Dès lors, si M. E soutient que la décision attaquée serait dépourvue de base légale en l'absence de risque objectif de fuite au regard de la directive précitée, il ne peut utilement se prévaloir des dispositions de cette directive dès lors que le fondement retenu par le préfet des Hauts de Seine est la menace à l'ordre public.
Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination
21. M. E soutient que cette décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation. Toutefois, pour les motifs rappelés ci-dessus, le moyen doit être écarté.
Sur la légalité de l'interdiction de retour sur le territoire français :
22. M. E n'établissant pas que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait illégale, l'exception d'illégalité de cette décision, soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination, n'est pas fondée et doit, en conséquence, être écartée.
23. Aux termes du paragraphe III de l'article L. 511-1 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative, par une décision motivée, assortit l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français, d'une durée maximale de trois ans à compter de sa notification, lorsque aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger ou lorsque l'étranger n'a pas satisfait à cette obligation dans le délai imparti. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative ne prononce pas d'interdiction de retour. () La durée de l'interdiction de retour mentionnée au premier alinéa du présent III ainsi que le prononcé et la durée de l'interdiction de retour mentionnée au quatrième alinéa sont décidés par l'autorité administrative en tenant compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ". D'autre part, Les dispositions de l'article L.612-6 du même code prévoient que " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour ".
24. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent au huitième alinéa du III de l'article cité ci-dessus, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
25. Or, il ressort des motifs rappelés au point 2 ci-dessus, et dès lors que le préfet a pu prendre à l'encontre du requérant un refus de délai au départ volontaire, que M. E était dans la situation prévue par les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
26. Il ressort de tout ce qui précède que le préfet des Hauts de Seine a pu légalement prendre l'arrêté du 9 mars 2025 et que la requête de M. E doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D H E et au préfet des Hauts de Seine.
Lu en audience publique le 20 mars 2025
Le magistrat désigné,
signé
C. Gosselin Le greffier,
signé
T. Rion
La République mande et ordonne au préfet des Hauts de Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2503074
Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la requête de M. A B, ressortissant malien, qui contestait l'arrêté du préfet des Yvelines du 4 octobre 2024 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour d'un an. Le tribunal a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et que le préfet avait procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l'intéressé. Il a également jugé que la décision ne méconnaissait pas les stipulations des articles 3 et 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de la requête, y compris les demandes d'injonction et de frais de justice.
30/06/2025
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2503029
Le Tribunal Administratif de VERSAILLES a rejeté la requête de M. D, ressortissant afghan, qui contestait un arrêté préfectoral du 31 janvier 2025 refusant son titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal a écarté les moyens soulevés, notamment l'incompétence de la signataire, le défaut de motivation et le défaut d'examen de sa situation personnelle. Il a également jugé que la procédure contradictoire prévue à l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration n'était pas applicable aux décisions d'obligation de quitter le territoire français, régies par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Enfin, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme a été rejeté, le requérant n'apportant pas d'éléments suffisants démontrant un risque réel de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour en Afghanistan.
30/06/2025
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2502884
Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la requête de M. C, ressortissant malien, qui contestait l'arrêté du préfet des Yvelines refusant son titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence, d'insuffisance de motivation et de défaut d'examen, estimant que l'arrêté était régulier et fondé sur les textes applicables, notamment le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de M. C, confirmant la légalité des décisions préfectorales.
30/06/2025